Les « Maisons laïques » font concurrence aux Bathé ‘Habad

La « Maison laïque » s’inspire du modèle des maisons Habad, mais avec un programme adapté aux valeurs laïques. Les visiteurs pourront participer à des ateliers sur la philosophie juive laïque, des repas du vendredi soir axés sur l’identité laïque, des séances de yoga, ainsi que des lectures d’œuvres de Spinoza et de Shulamit Aloni, figure emblématique de la pensée laïque israélienne. Le lieu offrira aussi des ateliers culinaires mettant en avant la cuisine locale thaïlandaise et les fruits de mer, des soirées communautaires, des événements de networking, des rencontres et un espace de coworking pour les nomades digitaux. Cette initiative vise à renforcer le sentiment d’appartenance laïque à la communauté juive à l’étranger.

Le projet a suscité des réactions contrastées. Si de nombreux soutiens saluent cette démarche comme une innovation bienvenue pour les Israéliens non religieux en voyage, d’autres ont exprimé leur mécontentement. Certains critiques, notamment issus des milieux religieux, voient dans cette initiative une concurrence directe aux maisons Habad, qui jouent un rôle de relais communautaire et spirituel pour les Israéliens à l’étranger. Cette opposition souligne les tensions persistantes entre les différentes visions de l’identité juive et israélienne dans la diaspora.

Les « Laïcs Libres » annoncent par ailleurs leur intention d’étendre ce concept à d’autres grandes destinations fréquentées par les Israéliens, avec un projet de maison laïque à Londres en préparation. L’objectif est de créer un réseau mondial d’espaces laïcs, notamment dans les lieux où résident ou voyagent des Israéliens, afin de promouvoir une identité juive et israélienne ouverte, non religieuse, et adaptée aux besoins contemporains. Le président de l’organisation a souligné la nécessité d’offrir aux laïcs un soutien équivalent à celui que les religieux reçoivent via leurs structures, notamment en matière de droits et d’accès aux ressources.

Cette initiative marque un tournant dans la manière dont les Israéliens à l’étranger peuvent vivre leur identité. En proposant un espace communautaire laïc, elle répond à une demande croissante de pluralisme et de reconnaissance des diverses formes d’appartenance juive. Toutefois, le succès et l’acceptation de ce modèle dépendront de sa capacité à concilier respect des traditions et innovation sociale, dans un contexte où les enjeux identitaires restent sensibles et parfois conflictuels.

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