«S’en prendre à un magistrat est inacceptable »… Le ministère de la Justice a « condamné avec fermeté » ce vendredi les attaques sur les réseaux sociaux visant un magistrat du tribunal de Bobigny après la condamnation d’Erik Tegnér, fondateur du média identitaire « Frontières » et éditorialiste chez Cnews. « Comme à chaque fois qu’un magistrat est mis en cause personnellement, voire menacé, le ministère condamne avec fermeté », a indiqué le porte-parole de la Chancellerie, Sacha Straub-Kahn.
La présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair-Rabinovitch, a de son côté exprimé son « indignation », dénonçant le fait que « de telles attaques, outrageantes, violentes et haineuses visent à intimider les membres de l’autorité judiciaire et à déstabiliser gravement l’Etat de droit ».
Divulgation de données personnelles
Erik Tegnér a été condamné ce jeudi à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour avoir divulgué les données personnelles (nom, prénom, ville où ils exercent) d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par « Frontières ». Présentés comme des « militants idéologiques » ou des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d’un « business juteux », ces avocats avaient ensuite été visés par des commentaires haineux sur les réseaux sociaux et des menaces.
A l’énoncé du jugement, le président de la chambre Youssef Badr avait souligné qu’Erik Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l’égard des avocats », visés par une « rhétorique virulente » et « une liste accusatoire et stigmatisante ».
« Appel à se mobiliser » sur les réseaux sociaux
Eric Tegnér a aussitôt dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie », appelant ses proches et ses 98.000 abonnés sur X à « se mobiliser », dans une vidéo qui a été vue plus de deux millions de fois. « On est en train de criminaliser la critique de l’immigration », avait-il soutenu.
Eric Tegnér et ses soutiens, dont des figures de la mouvance d’extrême droite, ont vivement contesté sur les réseaux sociaux l’impartialité du juge, attaqué notamment comme « un militant ouvertement anti-RN ». Le magistrat a par ailleurs fait l’objet de nombreux commentaires racistes et islamophobes.
Ancien porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr a récemment été médiatisé en particulier comme président de l’association « La courte échelle » et comme auteur de l’essai Pour une justice aux 1.000 visages (éditions de l’Aube).
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