Seulement 75 % des F-35 exploités par les forces américaines ne sont pas pleinement opérationnels, selon un nouvel audit.
Ces dernières années, différents organismes de contrôle américains ont souligné, à plusieurs reprises, que les taux de disponibilité des chasseurs-bombardiers F-35 mis en œuvre par l’US Air Force [F-35A], l’US Marine Corps [F-35B/C] et l’US Navy [F-35C] étaient insuffisants au regard non seulement des objectifs fixés mais aussi du coût – toujours croissant – de leur maintien en condition opérationnelle [MCO]. Et cela en raison, essentiellement, de problèmes logistiques et industriels.
«Les escadrons de F-35 ont indiqué avoir utilisé des pièces provenant d’autres appareils en raison de pénuries de pièces ou de problèmes d’approvisionnement avec Lockheed Martin», a ainsi récemment relevé le Bureau de l’inspecteur général du Pentagone. Et d’en faire porter en partie la responsabilité sur le Bureau du programme conjoint du F-35 [Joint Programme Office – JPO F-35], jugé trop laxiste à l’égard de l’industriel «malgré ses piètres performances en matière de MCO du F-35».
Cela étant, le 11 juin, le Government Accountability Office [GAO, qui relève du Congrès] a publié un nouveau rapport sur le programme F-35. Rapport qui rejoint les précédents, alors que 800 appareils sont désormais en service au sein des forces américaines.
Ainsi, selon cet organisme, mesurant le pourcentage de temps pendant lequel un aéronef est en mesure d’effectuer l’ensemble des missions pour lesquelles il a été conçu, le taux de pleine capacité opérationnelle du F-35 [toutes versions confondues] est tombé de 38 à 25 % entre 2021 et 2025. Les données varient selon les versions de l’appareil. Ce taux est de 28,5 % pour les F-35A de l’US Air Force, de 16,2 % pour les F-35B de l’US Marine Corps et de 15,3 % pour les F-35C de l’US Navy.
Autre indicateur dans le rouge : le taux de disponibilité opérationnelle, c’est-à-dire le pourcentage de temps pendant lequel un aéronef peut assurer au moins un de ses missions prévues. Entre 2021 et 2025, celui-ci est passé, en moyenne, de 61 % à 44 %. Cette baisse est en partie due aux retards de la version TR3 du F-35, liés à l’instabilité du nouveau logiciel et la livraison tardive de certains composants [processeur, suite de capteurs appelée Next Generation Distributed Aperture, etc.], ainsi qu’à des problèmes de corrosion.
Quoi qu’il en soit, a résumé le GAO, «système le plus coûteux» du département de la Guerre, le F-35 «n’a pas atteint les objectifs de performance et ses coûts de maintenance continuent d’augmenter».
En effet, en juin 2025, pour inverser cette tendance, le JPO F-35 a lancé l’initiative Global Support Solution Reset [GSS, Réinitialisation de la solution de soutien global], avec l’objectif d’atteindre une disponibilité opérationnelle de 80 % et une disponibilité opérationnelle complète de 65 % d’ici 2030. Pour cela, un effort supplémentaire d’au moins 13,7 milliards de dollars sera nécessaire. Cette somme devra être en grande partie financée par les trois branches des forces américaines qui exploitent le F-35… ce qui risque de leur poser quelques problèmes budgétaires.
En outre, avance le GAO, rien ne dit que cette initiative portera ses fruits. «Le JPO compte sur le secteur privé pour fournir des pièces et autres matériaux supplémentaires pour plus de 7 milliards de dollars. Toutefois, ces contraintes persistent pour certains composants essentiels», note-t-il. En outre, l’évaluation de ce besoin a été faite avant l’opération «Fureur épique», lancée contre le régime iranien le 28 février. Aussi, il est à craindre que la facture soit encore plus lourde.
L’initiative GSS vise également à investir 3,1 milliards de dollars pour accroître les capacités des dépôts militaires tandis que 3,3 milliards seront fléchés vers la maintenance et le carburant.
Cela étant, cette démarche fait l’impasse sur un point essentiel : l’accès aux données nécessaires pour permettre aux forces armées américaines de réparer elles-mêmes leurs F-35. Or, celles-ci demeurent la propriété des industriels.
Par ailleurs, le GAO a souligné que les primes de performance versées à Lockheed Martin pour améliorer la disponibilité des F-35 n’avaient pas été efficaces. Elles «n’ont jamais incité à atteindre les objectifs du JPO et les exigences des forces armées américaines», a-t-il avancé, rejoignant ainsi le constat précédemment établi par le Bureau de l’inspecteur général du Pentagone.
«Tant que le JPO ne s’assurera pas que l’utilisation future des primes d’intéressement permette d’atteindre plus efficacement les résultats escomptés, il risque de continuer à récompenser des performances qui ne contribuent pas à la réalisation des objectifs du programme», a estimé le GAO, en suggérant que des sanctions pourraient être envisagées quand les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Ce problème ne s’est pas posé pour les F-35 israéliens, qui ont la maîtrise totale de l’informatique, de leurs appareils et de leur entretien. Les F-35 israéliens sont opérationnels à plus de 80 %. C’est la différence entre Israël et les États-Unis : Israël maîtrise mieux le F-35 en 2026 que les Américains, comme il maîtrisait mieux que les Français les Mirages de Dassault en 1967. Ceci explique en grande partie qu’Israël a fait plus de 50% des bombardements en Iran malgré l’armada américaine, et ce qui serait plus grave, cela expliquerait en partie la reddition de Trump face à l’Iran, qui lui a infligé des coups sévères au point qu’il a mis à l’abri ses avions en Israël.
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