De notre envoyé spécial à bord de l’ « Atlantique 2 »,
Son imposante structure d’acier s’affiche sur les écrans. Ce mardi, l’Atlantique 2, l’avion de patrouille maritime de la Marine nationale dans lequel nous avons pris place, vole en exercice au-dessus de la Manche lorsque sa boule électro-optique équipées de puissantes caméras thermiques enregistre les mouvements d’une frégate russe au large des côtes anglaises. « On a eu connaissance de la présence de ce bâtiment militaire dans les eaux internationales, mais nous n’avons pas eu de directive particulière pour cette mission, assure le lieutenant de vaisseau Baptiste. Mais comme on tombe dessus, on en profite pour prendre des infos. »
Cet imposant navire de 125 mètres de long est la frégate Amiral Grigorovitch de l’armée russe. Un navire dont on apprendra en fin de journée qu’il a été impliqué dans un incident quelques heures plus tôt au sud de l’île de Wight, juste en dehors des eaux territoriales britanniques. A bord de l’Atlantique 2, nulle mention de ces coups de semonce tirés par la frégate sur un voilier britannique qui s’approchait « dangereusement » de lui, selon le ministère russe de la Défense. Les militaires français en avaient-ils connaissance ou l’ignoraient-ils ? Nous ne le saurons pas.
Une frégate qui escorte la flotte fantôme russe
Toujours est-il que la présence de navires militaires russes dans la Manche interroge, même si ce n’est une surprise pour personne. En mai, le journal britannique The Telegraph rapportait que l’Amiral Grigorovicth patrouillait au large des côtes britanniques depuis près de deux mois, escortant dans la Manche des pétroliers appartenant à la flotte fantôme russe. Quelques semaines plus tôt, la marine britannique avait déployé plusieurs patrouilleurs pour surveiller le navire russe, affirmant qu’il n’y avait « pas un seul jour » où la frégate n’était pas « étroitement surveillée. »
Dans la Manche, véritable autoroute de la mer, l’Amiral Grigorovitch est donc connu pour escorter des navires battant pavillon russe « vers et depuis l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique. » Dimanche, les forces britanniques, en collaboration avec la France, ont d’ailleurs intercepté dans la Manche le pétrolier Smyrtos, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe.
Des tensions croissantes entre Londres et Moscou
Il s’agissait de « la première opération de ce type » après que Londres a autorisé fin mars l’arraisonnement de ces navires par ses forces armées. Si le ministère britannique de la Défense n’évoque pas de lien entre cette interception et l’incident « isolé » de ce mardi – le Premier ministre britannique parlant même un incident « pas plus inquiétant que ça » –, il témoigne de tensions croissantes entre Londres et Moscou sur fond de guerre en Ukraine.
« La Russie se montre clairement agressive à travers l’Europe », a déclaré Keir Starmer à la chaîne britannique GB News, assurant avoir évoqué le sujet avec les dirigeants du G7 réunis ce mardi à Évian.
La source de cet article se trouve sur ce site

