Nucléaire iranien: vers une nouvelle stratégie d’Israël?

Israël craint que l’Iran n’utilise l’accord américain pour accélérer son programme nucléaire.

Les services de sécurité israéliens estiment que le front libanais ne doit pas être lié à l’Iran et s’opposer à un retrait de Tsahal. Parallèlement, des responsables avertissent que, malgré les progrès des négociations entre Washington et Téhéran, Israël doit élaborer une nouvelle stratégie à l’égard de l’Iran et se préparer à l’éventualité que ce pays exploite les mois à venir pour faire progresser son programme nucléaire.

par Lilach Shoval

Les services de sécurité israéliens ignorent les détails précis de l’accord en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran, mais des responsables de la sécurité estiment qu’il est urgent de minimiser les dégâts et d’influencer au maximum l’accord final durant les 60 jours de négociations.
Concernant le Liban, la priorité d’Israël est désormais de tenter de dissocier autant que possible l’Iran du Liban, malgré les efforts manifestes de l’Iran pour rétablir les liens entre les deux pays.

Selon les responsables de la sécurité, la meilleure façon d’y parvenir est de s’opposer fermement à un retrait de Tsahal jusqu’à la frontière internationale. Il existe un quasi-unanimité parmi les dirigeants politiques et sécuritaires israéliens quant à la nécessité de maintenir le déploiement de Tsahal le long de la ligne jaune, au moins pour protéger les habitants du nord.
Parallèlement, l’avis général au sein de l’appareil sécuritaire est qu’Israël doit répondre avec force, y compris par une nouvelle frappe sur Dahiyeh, à tout tir dirigé vers l’État d’Israël, même au risque d’une nouvelle confrontation avec l’Iran et du mécontentement des États-Unis.

À l’heure actuelle, les soldats déployés au-delà de la ligne de démarcation n’ont reçu aucune nouvelle instruction et poursuivent leurs opérations de destruction des infrastructures terroristes et de défense contre les menaces, le cas échéant. Parallèlement, Tsahal se prépare également à l’éventualité que les autorités politiques israéliennes émettent des instructions différentes.

De même, comme cela a été évident ces trois derniers jours (au moment de la rédaction), le Hezbollah ne tire pas sur l’État d’Israël, ses forces ne progressent pas et se concentrent sur leur défense. En fin de compte, le test décisif sera l’action : le Hezbollah tirera-t-il sur l’État d’Israël et quelle sera la riposte d’Israël ?

Les services de sécurité ne cachent pas leur opinion selon laquelle le meilleur moyen de rompre le lien entre l’Iran et le Hezbollah est d’accélérer les négociations entre Israël et le Liban, sous l’égide américaine, qui se déroulent, comme chacun sait, indépendamment de l’Iran.

Lors de conversations à huis clos, des responsables de la sécurité ont critiqué le fait que le dossier n’ait pas progressé plus rapidement ces dernières semaines, et il semble que le gouvernement ne s’y soit pas pleinement investi lorsqu’il a nommé l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, pour mener les négociations.

Avec tout le respect que je dois à Leiter, et je le respecte, le gouvernement israélien aurait pu nommer un représentant plus haut placé et faire progresser les négociations plus efficacement.
À présent, comme indiqué, Israël doit s’efforcer de minimiser les dégâts et de faire avancer les négociations, qui préoccupent fortement le Hezbollah et son allié iranien, car elles pourraient affaiblir le pouvoir du Hezbollah au Liban et renforcer le gouvernement et l’armée libanaise.

Dans le même temps, personne en Israël ne se fait d’illusions sur la capacité du gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah, même s’il le souhaite ardemment, et l’on ignore dans quelle mesure.

Concernant l’Iran, compte tenu de ce changement de cap et du fait que les Américains s’orientent vers un accord sans impliquer Israël, les services de sécurité évoquent la nécessité de formuler une nouvelle stratégie tout en maintenant une surveillance étroite des services de renseignement, étant donné la possibilité que l’Iran exploite la période à venir pour développer des armes nucléaires, ce qui, selon lui, lui garantirait l’immunité contre de futures attaques.

Les services de sécurité évoquent la nécessité d’ajuster leur évaluation de la situation tout en essayant de défendre les intérêts israéliens vis-à-vis des Américains, sans nuire aux relations.

Les responsables de la sécurité affirment également que, même si la population israélienne pourrait ressentir un certain calme dans un avenir proche, Israël ne doit pas relâcher sa vigilance. Tsahal doit maintenir une défense solide le long des frontières et se préparer à une future confrontation avec l’Iran, que les services de sécurité estiment inévitable, étant donné que le régime iranien ne renoncera ni à ses ambitions nucléaires ni à sa volonté de détruire l’État d’Israël.

Les responsables soulignent par ailleurs qu’il est prématuré de tirer des conclusions hâtives, car il est indéniable que, militairement, les ennemis d’Israël ont subi de lourdes pertes ces deux dernières années et demie. Sur le plan stratégique, ils reconnaissent toutefois que la tendance, jusque-là positive, s’inverse désormais, mais il est trop tôt pour prédire l’avenir. Ils estiment qu’Israël devrait attendre l’accord final entre les États-Unis et l’Iran et tenter d’exercer une influence maximale sur ce dernier par l’intermédiaire des États-Unis.

JForum.fr avec ILH
Stock d’uranium enrichi (archive) et image satellite de l’installation nucléaire d’Ispahan. Photo : AP, Reuters

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img