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A.-L.B.
Ce lundi, une série de frappes russes sur plusieurs villes d’Ukraine a tué onze personnes. Dans le même temps, un incendie a ravagé la cathédrale de la Dormition, l’une des églises du XIe siècle que compte le célèbre complexe orthodoxe de la Laure des Grottes de Kiev, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Un site culturel visé parmi tant d’autres au cours de conflits au XXe et XXI siècles.
Ces attaques peuvent être motivées par l’idéologie, pour effacer ce que le monument représente religieusement ou culturellement, comme les bouddhas de Bamiyan en 2001 en Afghanistan. Ou pour anéantir l’identité d’un peuple ennemi, en détruisant notamment ses symboles, comme ce fut le cas du bombardement de la bibliothèque de Sarajevo durant la guerre de l’ex-Yougoslavie.
Voici en images quelques-uns des monuments ou sites culturels de premier plan visés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La cathédrale de la Dormition, joyau orthodoxe fondé au XIe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, a été touchée par une attaque russe dans la nuit du 14 au 15 juin. Un drone a percuté l’édifice, provoquant un incendie qui a ravagé la structure du toit et endommagé l’un de ses dômes. Le président Volodymyr Zelensky a qualifié cet acte de « l’un des crimes les plus graves de la Russie contre la culture chrétienne à ce jour ».
Des dizaines de temples hindous du royaume de Champa (IVe – XIIIe siècle) du sanctuaire My Son, au Vietnam, ont été rasés par des bombardements américains pendant la guerre du Vietnam, entre 1966 et 1975. Le site était utilisé comme une base par les Viet Cong. Il ne reste que 17 structures sur les 70 d’origine. Si les alentours du sanctuaire sont toujours minés, les touristes sont revenus.
Le temple de Bayon et l’ancienne cité d’Angkor au Cambodge ont été le cœur spirituel et historique de la civilisation khmère, entre le IXe et le XVe siècle. Voulant effacer le passé féodal, religieux et intellectuel du pays, les Khmers rouges ont décapité des centaines de statues bouddhistes, détruit des bas-reliefs dans les temples d’Angkor Wat et de Bayon, et brûlé les archives de la bibliothèque de conservation du site entre 1975 et 1979.
L’attaque de la vieille ville de Dubrovnik en Croatie, par les forces serbo-monténégrines, reste l’un des événements les plus marquants de la guerre d’indépendance croate. Le 6 décembre 1991, la cité, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, est bombardée.
La bibliothèque de Sarajevo a été détruite par les bombardements serbes la nuit du 25 au 26 août 1992, durant le siège de la capitale de la Bosnie-Herzégovine. Entre 1,5 et 2 millions de documents, parmi 150.000 livres rares et manuscrits précieux, ont été perdus dans l’incendie du bâtiment. Une bibliothécaire qui voulait sauver les livres du feu a été tuée.
Le Vieux Pont de Mostar, en Bosnie-Herzégovine, est détruit le 9 novembre 1993 par les forces croates durant la guerre de Bosnie. Le chef-d’œuvre de l’architecture ottomane du XVIe siècle unissait symboliquement les communautés chrétienne (croate) et musulmane (bosniaque) de la ville. Le pont a été reconstruit et a réouvert le 24 juillet 2004.
En 2012 à Tombouctou, au Mali, 14 des 16 mausolées de saints soufis datant du XVe siècle et classés au patrimoine mondia sont détruits par le groupe islamiste Ansar Dine. Premier cas dans l’histoire de la Cour pénale internationale : le chef Ahmad Al Faqi Al Mahdi est condamné à neuf ans de prison pour crime de guerre.
Plusieurs sanctuaires soufis de Libye, à Tripoli et Zliten, sont détruits en août 2012 durant la crise libyenne post-Kadhafi et la montée des groupes salafistes extrémistes. Des milices armées ont utilisé des pelleteuses et des explosifs pour raser les complexes historiques et les bibliothèques de théologie centenaires.
Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986, l’ancienne ville d’Alep, en Syrie, est ravagée par des bombardements du régime du dictateur Bachar el-Assad, des combats de rue et des explosions ciblées entre 2012 et 2016. La citadelle médiévale, datant du XIIe siècle, est partiellement effondrée en 2015.
Daesh prend le contrôle de la cité antique de Palmyre, en Syrie, en mai 2015, et va détruire les temples de Baalshamin et de Bel puis les célèbres tombes-tours de la vallée des tombeaux en août et en septembre de la même année. Le groupe abat ces grands monuments pour sa communication et revend au marché noir les petites pièces archéologiques comme les statues, afin de financer ses opérations.
En 2015 et 2022, la vieille ville de Sanaa, la capitale du Yémen, est bombardée par la coalition saoudienne luttant contre les rebelles Houthis qui contrôlent la ville. Sanaa, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est célèbre pour ses immeubles médiévaux en terre crue et en briques cuites, ornés de motifs géométriques en plâtre blanc.
L’attaque et le siège de Marioupol par les forces russes, qui se sont déroulés du 24 février au 20 mai 2022, constituent l’un des épisodes les plus destructeurs et meurtriers de l’invasion de l’Ukraine. Le 16 mars, un raid aérien russe frappe le théâtre dramatique de la ville, qui sert d’abri anti-aérien pour des centaines de civils. Cette frappe aurait fait plusieurs centaines de morts civils.
Le 19 octobre 2023, un bombardement israélien touche le complexe de l’église orthodoxe Saint-Porphyre, située dans la vieille ville de Gaza. Au moins 18 civils palestiniens sont tués. Saint-Porphyre est considérée comme la plus ancienne église active de la bande de Gaza, avec des fondations remontant au Ve siècle.
Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, Tyr, cité côtière phénicienne et romaine située dans le sud du Liban, a subi de nombreuses frappes israéliennes dans sa guerre contre le Hezbollah en 2026. L’hippodrome romain et le quartier maritime historique ont été directement touchés.
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