Flottille de Gaza: l’indignation mondiale qui s’est arrêtée à la frontière libyenne
David Lange
Lorsque Israël a intercepté légalement la flottille, la presse s’est emparée de l’affaire, couvrant l’événement de manière exhaustive ; lorsque la Libye a violemment écrasé le convoi terrestre, les médias internationaux sont restés complètement silencieux.
Les capitales occidentales ont immédiatement convoqué les ambassadeurs israéliens pour exiger des explications, mais aucun pays n’a formellement dénoncé les agressions commises par la Libye contre les participants et la disparition des négociateurs.
Les organisateurs de la flottille ont révélé leurs véritables intentions en minimisant les détentions en Libye par rapport à celles d’Israël.
Le monde anti-israélien est en proie à une hystérie collective depuis des mois face au traitement réservé aux participants des différentes flottilles tentant de rejoindre Gaza.
Lorsqu’Israël a intercepté des participants qui tentaient de forcer son blocus naval, on nous a dit qu’il s’agissait d’un crime contre l’humanité.
Les gouvernements ont exigé des explications. Les médias ont consacré une couverture médiatique interminable à des allégations fantaisistes de mauvais traitements. Les réseaux sociaux ont été inondés de messages affirmant que ces « humanitaires pacifiques porteurs d’aide » avaient été victimes de la fameuse « brutalité israélienne ».
Puis, un événement intéressant, quoique prévisible, s’est produit.
Les activistes se sont retrouvés en Libye, et soudain, tout le monde a semblé beaucoup moins intéressé.
L’interception et la détention par Israël
Les 18 et 19 mai, les forces navales israéliennes ont intercepté une flottille de 54 navires dans les eaux internationales au large de Chypre, renforçant ainsi le blocus naval imposé par Israël à Gaza. Du point de vue israélien, ce blocus remplit une fonction sécuritaire : empêcher l’acheminement d’armes et de marchandises de contrebande vers le Hamas et garantir que l’aide humanitaire transite par des points de passage terrestres désignés, où les marchandises peuvent être inspectées afin d’éviter tout détournement.
Les navires ont été arraisonnés et tous les participants ont été rapidement conduits vers des ports israéliens. De là, ils ont été pris en charge par les services d’immigration militaires et étatiques, placés dans des centres de détention, puis expulsés du pays dans un délai de deux à trois jours.
La détention en Libye
Pendant que l’arrestation israélienne se déroulait, une mission complémentaire était menée par voie terrestre. Le convoi terrestre Global Sumud avait été lancé le 15 mai, traversant la Tunisie dans le but d’atteindre Gaza via l’Égypte. Après l’interception de la flottille maritime par les forces navales israéliennes, le convoi terrestre est devenu la voie de repli.
Les 24 et 25 mai, le convoi atteignit Syrte, en Libye, où il passa sous le contrôle du Gouvernement de stabilité nationale (GSN). Les quelque 200 participants au convoi établirent un campement à quelques kilomètres du poste frontière entre l’Égypte et la Libye. Selon les témoignages recueillis par la flottille, ils furent ensuite encerclés par des véhicules banalisés, agressés physiquement et évacués de force.
Dix militants envoyés comme négociateurs ont été arrêtés. Le ministère des Affaires étrangères du GNS a justifié leur détention par des raisons bureaucratiques : les détenus n’avaient pas accompli les formalités d’entrée légales et ne possédaient pas les permis nécessaires. Si la déclaration publique du gouvernement libyen assurait que les détenus étaient traités conformément aux principes humanitaires, la flottille, quant à elle, estimait que les dix personnes retenues en Libye étaient détenues arbitrairement, privées de toute communication et soumises à des pressions psychologiques constantes.
Un récent communiqué de presse des organisateurs indique que 11 de leurs volontaires sont actuellement détenus par les autorités libyennes.

Réponses diplomatiques internationales
La réaction diplomatique à ces deux événements met en lumière le double standard international. Après l’arrestation par Israël des participants à l’opération maritime – et la diffusion d’une vidéo montrant le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, se moquant de ces agitateurs politiques – une vague de pays occidentaux, dont la France, le Canada, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et l’Italie, a immédiatement convoqué les ambassadeurs israéliens les 21 et 22 mai pour exiger des explications et la libération immédiate des participants. Quelques jours plus tard, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Grèce ont emboîté le pas. Les ministres des Affaires étrangères d’au moins dix autres pays ont publié des déclarations communes, tandis que les canaux diplomatiques de l’Union européenne s’efforçaient de coordonner des réprimandes officielles.
Naturellement, la Libye s’est jointe avec enthousiasme à la condamnation rituelle d’Israël.
En revanche, suite à la détention brutale en Libye, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, n’a évoqué la crise qu’en passant, se contentant de mentionner, d’un ton sec, que deux ressortissants italiens comparaîtraient ultérieurement devant un juge à Benghazi. Aucun pays n’a officiellement convoqué l’ambassadeur de Libye. Tandis que la Flottille mondiale Sumud exhortait ses sympathisants à contacter ses représentants, les gouvernements étrangers ont, pour la plupart, refusé de publier de réponse publique coordonnée. Des appels discrets à l’information ont été lancés, mais aucune prise de position diplomatique officielle n’a été entreprise.
Les réactions des médias
Dans les médias internationaux, chaque allégation extravagante faisait la une des journaux, chaque radical était traité comme une source objective et chaque affirmation non vérifiée était présentée comme une preuve irréfutable des méfaits israéliens, ignorant complètement les incohérences logiques flagrantes dans les témoignages des participants.
Pourtant, lorsque la Libye a violemment bloqué le convoi et fait disparaître ses dirigeants, la réaction des médias a été extrêmement discrète. Les chaînes d’information en continu n’ont pas diffusé d’informations en continu pendant des jours. Les reportages se sont principalement limités à des médias régionaux comme Al Jazeera, Middle East Eye et quelques publications israéliennes.
Lesorganisateurs de la flottille se dénoncent
Finalement, les organisateurs de la flottille ont eux-mêmes révélé le caractère fallacieux de leur mouvement. S’ils ont certes dénoncé la Libye, accusant les autorités locales de violer le droit international des droits de l’homme, ils ont soigneusement nuancé leurs propos, qualifiant la détention illégale de leurs pairs de simple « détention arbitraire ».
En revanche, ils ont instrumentalisé des termes péjoratifs comme « enlèvement illégal » pour qualifier les opérations maritimes légitimes d’Israël. Ces contorsions linguistiques prouvent que, pour ces « activistes », la diabolisation de l’État juif prime sur tout.
L’épisode libyen a fait tomber les faux-semblants et a exposé au grand jour le double standard.
Lorsque Israël a détenu des participants à la flottille pendant quelques jours avant de les expulser, les gouvernements ont condamné ces agissements, les ambassadeurs ont été convoqués, les médias ont inondé les ondes et la flottille a crié à l’enlèvement. Lorsque la Libye a détenu des participants et continue d’en détenir d’autres depuis plus d’une semaine, la réaction a été nettement plus discrète.
David Lange est un commentateur du Moyen-Orient très respecté et un fervent défenseur d’Israël, fort de plus de vingt ans d’expérience dans le domaine. Ancien juriste, professionnel de l’industrie pétrolière et cadre dans le secteur des hautes technologies, David s’est consacré pleinement à la défense d’Israël en fondant Israellycool Israel Advocacy (RA) en 2020. Il privilégie une approche proactive pour lutter contre la haine et la désinformation en ligne.
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