Liban : C’est quoi cette emblématique forteresse de Beaufort prise par Israël ?

Des images montrent les couleurs israéliennes flotter de nouveau sur le site médiéval et de la fumée s’élever des alentours. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence ce lundi après la prise dimanche par Israël de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban.

Cette prise marque, selon Benjamin Netanyahu, un « tournant décisif » dans son offensive face au Hezbollah pro-iranien, car elle ouvre la voie à une progression de l’armée vers la région de Nabatiyé.

Position stratégique

Construite par les Croisés au XIIe siècle, la forteresse, également connue sous le nom de Qalaat al-Shakifsite, se dresse sur un promontoire rocheux à une altitude de 710 mètres et offre une vue imprenable sur la Galilée du nord d’Israël, ainsi que sur la région de Nabatieh au sud du Liban, ce qui en fait une position stratégique.

« Le château est de forme semi-rectangulaire et se compose de trois étages entourés d’un mur » décrit l’Unesco. « Il a subi plusieurs modifications : le côté sud a été renforcé par deux énormes tours circulaires, et une tour carrée et une tour hexagonale ont été ajoutées pour renforcer les fortifications. Un hall a également été conçu dans le style gothique, ainsi que des structures résidentielles datant des époques arabe et ottomane. Dans la partie inférieure du château, on trouve des écuries, des salles de tir et de stockage, des forteresses et un arsenal. »

En raison de sa position géostratégique, il a toujours été âprement disputé depuis l’époque des Croisades, rappelle L’Orient-Le Jour. Les affrontements pour la prise du site se sont poursuivis au XXe siècle. Les troupes israéliennes s’emparèrent du château lors d’une des premières batailles de la Première Guerre du Liban en 1982. Beaufort a par la suite servi de base aux forces israéliennes durant les deux décennies d’occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000.

L’offensive israélienne l’expose à un « sérieux danger », estime le gouvernement libanais

« Quarante-quatre ans après l’héroïque bataille du Beaufort, et à l’occasion de la commémoration de la paix pour la guerre de Galilée, notamment en hommage aux soldats Golani tombés lors de la bataille du Beaufort, les soldats de Tsahal, menés par la brigade Golani, sont retournés au sommet du Beaufort et y ont de nouveau hissé le drapeau israélien et le drapeau Golani », a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, dans un communiqué, relate Times of Israël.

Le site est classé sur la liste des biens culturels sous protection renforcée par l’Unesco depuis le 18 novembre 2024, après le déclenchement des hostilités sur le territoire du Liban. Une déclaration de non-utilisation à des fins militaires a par ailleurs été signée à cette même date par le ministre de la Défense libanais, attestant que « la partie ayant le contrôle du bien culturel déclare que celui-ci ne sera pas utilisé à des fins militaires ou pour protéger des sites militaires », écrit encore l’Unesco.

Notre dossier sur le Liban

Un important projet de conservation et de mise en valeur a été entrepris ces dernières années par la Direction générale des Antiquités, poursuit L’Orient-Le Jour. L’offensive israélienne l’expose à un « sérieux danger », estime alors le gouvernement libanais. Beaufort n’est pas « un site militaire de la résistance » mais un site archéologique, a déclaré de son côté le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, qui appelle à « l’indignation de tout patriote » libanais.

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