Débat houleux à la Haute Cour : l’État est-il obligé de financer un journal qui appelle au boycott contre lui ?

Au cœur d’un débat explosif devant la Cour suprême s’est posée la question de l’obligation morale et juridique du gouvernement de poursuivre l’achat d’abonnements et de publications dans le journal Haaretz. Le gouvernement a clarifié : « Un État désireux de vivre ne financera pas activement ceux qui s’en prennent à ses soldats ».

JDN

Tempête à la Cour suprême : ce matin s’est tenu le débat sur les requêtes déposées contre la décision du gouvernement de cesser complètement l’achat d’abonnements et de publicités gouvernementales dans le journal Haaretz. Cette décision a été prise sur fond de déclarations scandaleuses de l’éditeur du journal, Amos Schocken, qui a appelé à l’imposition de sanctions et au boycott de l’État d’Israël, et a qualifié les abominables terroristes de la Nukhba de « combattants de la liberté ».

« Des pamphlets contre nous à La Haye »

En raison du refus de la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, de défendre la décision du gouvernement devant le tribunal, le gouvernement a été contraint de recruter une représentation privée en la personne de Me Ilan Bombach.

À l’ouverture de l’audience, Me Bombach a lancé une vive critique : « Le tribunal examine la question de savoir s’il existe une obligation d’accorder un financement actif à un journal qui, à maintes reprises, s’en prend aux soldats de Tsahal et à l’État. Ces mêmes articles se retrouvent sous forme de pamphlets contre nous à l’ONU et à la Cour de La Haye ». Bombach a également attaqué la conduite de la conseillère juridique : « Il est embarrassant que la conseillère juridique ne soit pas prête à représenter le gouvernement et l’oblige à louer des services privés, alors qu’elle ignore de graves soupçons d’incitation et d’appels à l’insoumission en période de guerre ».

Familles endeuillées : « Ne pas financer l’incitation »

Des dizaines de parents endeuillés et de citoyens, représentés par l’organisation Btsalmo et menés par Me Yehuda Fua, se sont joints à l’audience. Les familles ont tenu à exprimer leur opposition catégorique à l’utilisation de l’argent de leurs impôts pour financer un journal qui appelle au boycott de l’État.

Me Fua a déclaré à l’issue de l’audience : « Je suis venu au nom de 36 parents qui ont perdu ce qu’ils avaient de plus cher au monde. Nous avons été surpris de découvrir au cours du débat que la conseillère juridique n’avait absolument pas vérifié les faits sur le plan factuel ou juridique, et a préféré simplement disqualifier d’emblée la décision du gouvernement. Il est important que le public sache : M. Schocken ne s’est jamais rétracté officiellement de son appel au boycott d’Israël ».

Au cours de l’audience, une dispute juridique a éclaté concernant des documents sur lesquels les juges ont demandé à s’appuyer sans qu’ils n’aient été versés au dossier, Me Fua insistant sur le fait qu’il ne fallait pas tenir compte de preuves qui n’avaient pas été légalement soumises au tribunal.

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