Destination Brésil. Mardi à 21h10, France 2 diffusera un nouveau numéro de « Rendez-vous en terre inconnue ». Après avoir partagé l’expérience avec Cyril Lignac au Chili, Laury Thilleman s’est envolée aux côtés de Stéphane De Groodt pour un voyage initiatique au cœur du Brésil. L’animatrice et l’humoriste sont revenus sur leur aventure en conférence de presse, à laquelle 20 Minutes a été conviée.
« Chaque jour, une nouvelle surprise »
« Je suis ravie de vous présenter ce deuxième film et d’avoir tissé une belle complicité avec Stéphane [De Groodt] », déclare d’emblée Laury Thilleman, qui a succédé à Raphaël de Casabianca à la tête de l’un des programmes phares de France Télévisions. Avec l’humoriste de 60 ans, la Miss France 2011 a pris la direction du sud de l’Amazonie, à la rencontre des Indiens Wauja. « J’ai pris cette proposition de voyage comme un cadeau inestimable, témoigne Stéphane De Groodt. On essaie de combler chaque instant par quelque chose dans notre vie de tous les jours. Avec cette émission, il y a eu un lâcher-prise de ma part. »
L’ex-chroniqueur du « Supplément » sur Canal+ n’a pas caché sa satisfaction à l’idée de couper quelques jours de son quotidien : « Je n’avais pas de craintes avant de partir, je pouvais aller sur la Lune, en Alaska ou même au fond d’une grotte… J’étais content pour une fois de ne rien prévoir et j’étais très excité, comme pour un Noël. » En guise de cadeau, le comédien (Le Siffleur, Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté, Barbecue) a pu découvrir « chaque jour, une surprise » en Amazonie. C’était un échange de tous les instants ». Des moments surprenants et très émouvants ont pu être partagés par le duo avec les Indiens Wauja, une communauté emblématique du Xingu – l’un des rares territoires indigènes encore préservé – devenue un exemple pour de nombreux peuples autochtones à travers le monde.
« On a été confrontés à des croyances rares »
Parmi les séquences les plus marquantes de ce numéro de « Rendez-vous en terre inconnue », celui d’une femme qui est entrée en transe. Une séquence « qui a duré plus d’une heure, filmée avec beaucoup de pudeur », précise Laury Thilleman, et qui l’a marquée, autant que Stéphane De Groodt. « Cette femme convoquait les esprits de la forêt afin d’accompagner sa sœur qui était malade, se souvient-il. On est assis l’un à côté de l’autre, elle fumait des trucs que je pense que même les gens les plus adeptes ne sont pas capables de fumer. La personne en question n’a pas réussi à être sauvée. C’était intime, bouleversant et on s’est sentis complètement impuissants. On a été confronté à des traditions et des croyances rares. »
Un deuil qui aurait pu remettre en cause la tenue du programme. « C’est très compliqué d’aller en Amazonie, il y a des autorisations interminables à obtenir, indique l’animatrice de 34 ans. Mais lorsque village a vite été plongé dans le deuil, toutes les traditions ont été mises en veille. Mais le but de »Rendez-vous en terre inconnue » n’est pas de travestir une réalité, mais de s’adapter à un quotidien. Il y a eu beaucoup de discussions, afin de comprendre ce que ressentent les uns et les autres. Et, du fait de cette situation, beaucoup de choses se sont décomplexées. »
« Agacé de ne pas trouver de bière »
Sur un ton beaucoup plus léger, Stéphane De Groodt, adepte de bons mots, est revenu sur sa manière de communiquer avec les Wauja. « Ils sont très forts en jeux de mots aussi, souligne le natif de Bruxelles. Ma manière de rentrer en contact avec les autres est de charrier, d’être dans l’ironie. Les Wauja ont commencé à se moquer de moi, car j’avais un genou qui faisait 6 mètres de large ! J’étais blessé. A la fin du séjour, l’un d’eux m’a dit qu’ils avaient aimé que je me moque d’eux, comme eux se sont moqués de moi. » Une blessure au genou qui n’a pas fait perdre l’humour légendaire de l’acteur. « Je n’ai pas été dans la posture, j’ai été moi-même, avec mes agacements, mes émotions, assure-t-il. Par exemple, je me suis agacé de ne pas trouver de bière (rires). »
L’humoriste belge a également été amené à confronter sa vision des choses avec celle des Wauja. « Je suis venu avec ma culture occidentale, mes notions de confort, en leur demandant : »Pourquoi ne faites-vous pas un four à pizza ? », pour changer votre menu. »Pourquoi ne mettez-vous pas de béton ciré par terre ? », car on vivait dans une maison ouverte avec deux familles. Mais ils s’en fichaient. Ils sont très heureux ainsi. Ils font énormément avec pas grand-chose : ils pêchent, construisent leurs maisons et leur environnement est en accord avec la nature. Ils ont également une vie spirituelle très riche. ». Et celui qui a abandonné son lit pour un hamac de conclure : « La magie du voyage est d’apprendre des choses sur les Wanja, mais aussi sur nous. C’est un miroir. Je ne dis pas qu’il a bouleversé ma vie, mais ça l’a modifié. C’est l’intérêt même des rencontres. »
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