Lundi, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a exigé de pays à majorité musulmane, comme l’Arabie saoudite, le Qatar et le Pakistan, qu’ils normalisent leurs relations avec Israël, en signant les accords d’Abraham dans le cadre d’un potentiel accord de paix avec l’Iran.
« J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les Etats-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham », a-t-il écrit. Mais, c’est quoi au juste ces accords d’Abraham ? Explications.
Des accords signés en 2020
Signés en 2020 et parrainés par Donald Trump lors de son premier mandat, ces accords d’Abraham – du nom du prophète des trois religions monothéistes, juive, chrétienne et musulmane – ont mené à la normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan.
Ces accords permettent ainsi une avancée significative dans les relations entre Israël et des pays arabes, relève France Info. Jusqu’alors, seules l’Egypte et la Jordanie avaient suspendu les hostilités avec l’Etat hébreu.
L’administration de Joe Biden, arrivé au pouvoir en 2021, voulait « poursuivre le processus de construction de relations de qualité entre Israël et ses voisins […] par le soutien et l’extension des accords d’Abraham », avait indiqué le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, en juin 2022. Mais avec les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et la réponse génocidaire menée par Benyamin Netanyahou, toute perspective de rapprochement entre Israël et les pays voisins semblent s’éloigner.
Un stop dans les accords avec la guerre
Malgré la situation, le Kazakhstan a annoncé en novembre 2025 vouloir signer. « C’est le premier de mon second mandat, le premier d’une longue série », avait réagi sur Truth Social, Donald Trump, à l’époque. Mais nombre d’Etats ont jusqu’ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l’Arabie saoudite, la Syrie et le Liban. Avec la guerre, l’Arabie saoudite a écarté toute normalisation avec Israël sans la création d’un Etat palestinien souverain et viable.
« Nous souhaitons faire partie des accords d’Abraham. Mais nous voulons également nous assurer que la voie vers une solution à deux États est clairement tracée », avait déclaré Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, lors de sa visite à la Maison-Blanche, en novembre dernier. Un projet auquel s’oppose le gouvernement du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
Un élargissement des accords « improbables »
« Il me semble hautement improbable de voir à court terme un quelconque élargissement de ces accords », a estimé Aaron David Miller, ancien diplomate américain et chercheur au cercle de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.
Comme l’a repéré France Info, le Pakistan a déjà rejeté cette proposition. « Comment voulez-vous vous asseoir avec ces gens à qui vous ne pouvez même pas faire confiance une seule journée ? » a déclaré le ministre de la Défense, Khawaja Asif, à la télévision pakistanaise Samaa TV, en désignant Israël. Il a précisé : « Cela s’oppose à nos idéologies fondamentales. »
Aaron David Miller dit ainsi « avoir du mal à prendre au sérieux cette requête » de Donald Trump, soulignant que le président américain l’avait déjà formulée dans le sillage de l’accord sur Gaza en octobre 2025. Le président des Etats-Unis a écrit lundi que ce processus de reconnaissance de l’Etat israélien « devrait commencer par la signature immédiate de l’Arabie saoudite et du Qatar, et tous les autres devraient suivre. » « S’ils ne le font pas, ils ne devraient pas faire partie de cet accord [avec l’Iran], car cela révèle de mauvaises intentions », a-t-il publié.
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Les accords d’Abraham, assure Donald Trump, « se sont révélés être, pour les pays impliqués, » à l’origine d’un « boom financier, économique et social, même en ces temps de guerre et de conflit ». Les Emirats arabes unis, signataires des accords en 2020, ont toutefois été une cible privilégiée de l’Iran depuis le début de la guerre le 28 février.
Pour Aaron David Miller, le « modèle supposé de Dubaï, qui repose sur une certaine sécurité et stabilité, est désormais susceptible d’être remis en question ». Ce qui rendrait d’autant plus improbable que d’autres Etats du Golfe suivent l’exemple émirati et signent les accords d’Abraham. « Les Saoudiens ne vont pas rejoindre les accords d’Abraham. La rivalité entre l’Arabie saoudite et les Emirats empêche cela », affirme en outre le chercheur, qui souligne que l’Arabie saoudite cherche à obtenir un accord séparé avec les Etats-Unis.
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