La start-up Remilk révolutionne l’industrie laitière?

Une start-up issue de l’Université de Tel-Aviv révolutionne l’industrie laitière avec son « lait de vache sans vache »

La start-up Remilk, issue de l’accélérateur de startups JumpTAU de l’Université de Tel-Aviv développe un véritable lait sans vache grâce à une technologie à base de protéines de lait. Selon Aviv Wolff et le Dr. Ori Cohavi, fondateurs de la startup, la nouvelle technologie innovante est susceptible de transformer l’industrie laitière et de renforcer la sécurité alimentaire mondiale. Remilk qui a déjà levé plus de 150 millions de dollars auprès d’investisseurs du monde entier.

Peut-on concevoir une industrie laitière qui se passe de vaches ? C’est l’objectif ultime de Remilk, la société israélienne qui produit un véritable « lait de vache »… non pas dans une étable, mais en laboratoire. Il s’agit d’une véritable innovation technologique : le produit de Remilk est basé sur de véritables protéines de lait. A l’échelle moléculaire, il s’agit donc bien d’un lait véritable, mais produit à un coût environnemental et industriel bien moindre. Il présente de plus une valeur nutritionnelle supérieure à celle du lait traditionnel, avec une teneur en sucre réduite, et sans lactose. Sur le plan de la cacheroute il est parfaitement « parvé » (c’est-à-dire neutre, ne contenant ni viande ni produit laitier).

Réinventer l’industrie laitière de manière plus responsable, plus humaine et plus respectueuse de l’environnement

« Nous ne cherchions pas à fabriquer un simple lait alternatif de plus », explique Aviv Wolff, fondateur de la startup. « Nous voulons réinventer l’industrie laitière de manière plus responsable, plus humaine et plus respectueuse de l’environnement ».

Après avoir servi huit ans comme officier dans une unité des forces spéciales de Tsahal, Aviv Wolff a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat, tout d’abord dans le secteur de la cybersécurité. « Au bout de deux ans, j’ai réalisé que je voulais faire quelque chose de véritablement impactant, qui ait une réelle influence sur la société et sur la planète », explique-t-il. « J’ai cherché où je pouvais vraiment faire la différence, et je suis arrivé à l’industrie laitière ». Cette industrie est un domaine que Wolff connaît bien, car son grand-père était éleveur laitier et une grande partie de sa famille a grandi dans le nord agricole d’Israël. Cette connaissance approfondie du secteur lui a permis de comprendre où et pourquoi l’innovation était nécessaire.

Remilk super

Remilk super

Pour concrétiser son projet, Wolff s’est associé au Dr. Ori Cohavi, biochimiste diplômé de la Faculté des sciences de la vie de l’Université de Tel-Aviv. « Mon diplôme en biologie de l’Université de Tel-Aviv m’a procuré de solides bases scientifiques, mais m’a surtout appris à penser de manière critique, à aborder les problèmes complexes avec méthode et à relier la théorie à la pratique dans le monde réel », commente celui-ci. « Ce sont des compétences essentielles qui m’ont servi en tant que cofondateur et directeur technique de Remilk ».

Disponible sur le marché israélien

Tous deux savaient que pour transformer leur idée en produit commercialisable, ils avaient besoin d’un accompagnement professionnel ; c’est alors qu’ils ont découvert le programme d’accélérateur de startups JumpTAU du Centre d’entrepreneuriat de l’Université de Tel-Aviv. JumpTAU est l’un des nombreux accélérateurs de startups du Centre, qui met l’accent sur la coopération entre étudiants juifs et arabes au sein de chaque équipe. L’environnement de travail favorise non seulement la réflexion commerciale, mais aussi les partenariats.

Wolff et Cohavi ont participé à la toute première promotion du programme en 2019. Sept ans plus tard, ils sont toujours en contact avec leurs mentors du Centre, et les relations qu’ils y ont nouées se poursuivent jusqu’à aujourd’hui. « La chose la plus importante que j’y ai appris, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de poser des questions », explique Wolff. « Les différents feed-back que nous avons reçu des professionnels du Centre ont fait toute la différence. D’ailleurs nous sommes toujours en contact avec eux ».

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Depuis sa création en 2019, Remilk a levé plus de 150 millions de dollars auprès d’investisseurs internationaux, notamment en provenance des États-Unis, des Émirats arabes unis, du Japon, d’Europe et d’Australie, et exploite des usines de production dans plusieurs pays. Il est désormais disponible sur le marché israélien, grâce à un partenariat avec les usines laitières Gad. Mais la startup ne compte pas s’arrêter là : le produit a déjà obtenu l’approbation de la FDA, et le lancement aux États-Unis est imminent. Grâce aux investissements et partenariats internationaux, l’entreprise démontre que, même en période d’incertitude, l’innovation israélienne continue d’apporter une immense valeur ajoutée au monde.

Améliorer la sécurité alimentaire dans le monde

L’engagement social de Remilk se fait sentir aussi bien en Israël qu’à l’étranger. « Après le 7 octobre, j’ai été mobilisé, comme plus d’un tiers de nos employés », raconte Wolff. « Ceux qui n’ont pas été appelés ont repris le travail très rapidement, et nous nous sommes tous soutenus mutuellement. Nous avons également cherché des moyens d’aider les soldats et les familles évacuées en raison de la guerre après l’attentat, notamment en leur envoyant des colis alimentaires et de première nécessité ».

De plus, Remilk a le potentiel d’améliorer de manière significative la sécurité alimentaire dans nombreux pays à travers le monde, notamment le pays en voie de développement et ceux dont le climat ne permet la production de produits laitiers locaux. « Se nourrir n’est pas un privilège, c’est un droit et un besoin », dit Wolff. « Les pays qui cherchent à améliorer leurs systèmes alimentaires et à atteindre une certaine autosuffisance manifestent déjà un intérêt pour la solution que nous proposons », explique Wolff.

« Nous œuvrons pour que dans l’avenir, Remilk devienne le choix quasi-naturel : plus nutritif, plus savoureux, plus abordable et produit de manière bien plus responsable », poursuit-il. « Je sais que ce jour viendra, car contrairement au lait de vache, notre lait s’améliore de jour en jour. Le moment venu, la question ne sera plus de savoir si l’on peut produire du lait sans vaches, mais s’il est encore judicieux de dépendre d’elles ».

Photos:

1. Aviv Wolff dans le laboratoire ef la société

2. Les bouteilles de Remilk vendues en supermarché en Israël

3. Aviv Wolff et Ori Cohavi

JForum.fr avec ami-universite-telaviv.com/

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