On l’a cru imminent… c’était sans compter un revirement « made in Trump ». Le président américain a tempéré ce dimanche les espoirs d’un accord rapide avec l’Iran, pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. « J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. Et d’affirmer que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ».
Si certains points de la négociation semblent avancer, d’autres, en revanche, sont au point mort. 20 Minutes fait le point.
Vers une réouverture du détroit d’Ormuz ?
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les Etats-Unis, mais l’économie mondiale continue d’être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d’Ormuz. Trump avait notamment évoqué un compromis « largement négocié » prévoyant la réouverture d’Ormuz.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit. Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l’agence de presse Fars, affirment que l’accord prévoit bien un déblocage du détroit mais que ce dernier resterait contrôlé par l’Iran.
Les avoirs iraniens au coeur des débats
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires. Selon une « source informée » citée par l’agence de presse Tasnim, l’Iran a souligné qu’il n’y aurait aucun accord à moins qu’une partie de ses avoirs gelés ne soit libérée dès la première étape et qu’un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués.
« Malgré des discussions entamées aujourd’hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l’accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus », a précisé Tasnim en fin de journée. Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
La délicate question du nucléaire
L’accord discuté ne semble pas régler, en revanche, la question nucléaire. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre samedi que ce sujet ne faisait pas partie « à ce stade » de l’accord en discussions et qu’il serait abordé lors de « discussions séparées ». A l’inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir convenu avec Trump que tout accord final avec l’Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire ».
Des médias américains ont relevé des stratégies divergentes entre Trump et Netanyahu, le premier poussant pour une solution diplomatique tandis que le second souhaiterait reprendre les combats. L’armée iranienne a conservé un ton belliqueux. « Nous sommes en état de guerre et toutes nos forces armées sont pleinement préparées […] à affronter tout ennemi », a déclaré le chef du commandement des forces armées, Ali Abdollahi.
La source de cet article se trouve sur ce site

