Au cœur de l’offre iranienne qui a conduit Trump à reporter une frappe
Les Gardiens de la révolution ont fait savoir qu’ils pourraient se montrer plus flexibles sur la question nucléaire. Trump a décidé de consulter les dirigeants des pays de la région, certains estimant que les négociations étaient vaines et que l’Iran cherchait à gagner du temps. Ils lui ont présenté le calendrier que l’Iran avait sans cesse repoussé, ainsi que le fait qu’il continuait d’attaquer les Émirats arabes unis.
de Danny Zaken et Lilach Shoval
L’Iran a soumis en début de semaine une nouvelle proposition servant de base aux négociations avec les États-Unis, qui inclut ostensiblement une certaine flexibilité sur la question nucléaire, ainsi que des demandes d’accélération du rythme de la levée des sanctions dès les premières étapes, selon trois sources diplomatiques de la région et des États-Unis.
L’un d’eux a déclaré à Israel Hayom que le président Donald Trump avait qualifié les demandes de sanctions d’effrontées et « arrogantes », et que l’Iran avait déjà reçu une réponse indiquant qu’elles étaient loin d’être acceptables pour les Américains sur cette question.
Toutefois, lors d’une discussion tenue lundi à la Maison Blanche, un message a été présenté par l’un des médiateurs, apparemment le Pakistan, indiquant un début de certaine flexibilité sur la question nucléaire, même parmi les commandants des Gardiens de la révolution.
Le message visait à retarder une éventuelle attaque américaine et, de fait, Trump décida alors de consulter les chefs d’État de la région, notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les dirigeants de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis. Il prit la décision de reporter la frappe afin de donner une nouvelle chance à la médiation.
D’après des sources ayant parlé à Israel Hayom, tous les dirigeants n’étaient pas convaincus qu’un report était la bonne solution. Certains estimaient que les négociations étaient vaines et que l’Iran cherchait à gagner du temps.
Ils ont présenté à Trump le calendrier que l’Iran avait sans cesse repoussé, ainsi que le fait qu’il continuait d’attaquer les Émirats arabes unis, y compris des sites particulièrement sensibles, malgré le cessez-le-feu.
L’escalade est inévitable
Ce week-end, la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, a été attaquée . Cette installation fournit notamment de l’électricité à des usines de dessalement qui alimentent en eau l’Arabie saoudite et le Qatar.
L’attaque a soulevé une double inquiétude : premièrement, une fuite nucléaire en cas d’endommagement du réacteur, et deuxièmement, des dommages à l’approvisionnement en eau de la péninsule arabique aride, dont la population dépend d’installations de ce type.
Les États-Unis, Israël et les Émirats arabes unis sont confrontés à un dilemme, car une contre-attaque contre des infrastructures similaires, notamment des centrales électriques, pourrait entraîner des attaques iraniennes plus intenses contre les usines de dessalement ainsi que contre les installations et les puits de pétrole.
Les capacités de défense des Émirats arabes unis sont excellentes, mais non infaillibles. Selon une opinion souvent évoquée, une escalade pourrait être inévitable, même au prix de graves dommages aux infrastructures qui nécessiteraient des réparations ultérieures, comme ce fut le cas lors de la guerre en Irak.
Face à une attaque : l’Arabie saoudite et le Qatar
L’Arabie saoudite et le Qatar, qui entretiennent également des contacts avec l’Iran, ont soutenu le report de l’attaque, mais tous deux appuient la poursuite des pressions économiques sur l’Iran afin d’obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture par l’Iran pèse lourdement sur leurs économies.
Dans ce contexte, le Trésor américain fait pression sur les pays européens pour qu’ils appliquent des sanctions strictes contre l’Iran, et notamment contre ses institutions financières. Israel Hayom a appris que ces sanctions visent également des institutions finançant directement les Gardiens de la révolution, l’objectif étant d’exercer une pression financière sur les commandants des Gardiens afin de les amener à accepter les conditions relatives au dossier nucléaire.
Une source américaine proche des négociations a indiqué à Israel Hayom que des progrès sur la question nucléaire pourraient déboucher sur des accords concernant les sanctions et le gel des fonds, mais de manière progressive et sous réserve de la mise en œuvre effective de ces accords. La source a précisé que la question des missiles balistiques et du soutien aux organisations terroristes régionales restait à l’ordre du jour, mais qu’elle figurait parmi les priorités secondaires, la question nucléaire demeurant la plus urgente.
Prêt et en attente
Parallèlement, les services de sécurité israéliens sont en état d’alerte maximale face à la possibilité croissante d’une reprise des hostilités avec l’Iran. Selon des responsables de la sécurité, Tsahal et le CENTCOM sont prêts à reprendre les combats à tout moment, et la décision finale revient au président Trump.
Israël espère que cette fois-ci Trump autorisera des attaques contre les infrastructures nationales iraniennes, afin que l’action soit cette fois relativement rapide et douloureuse pour l’Iran.
On peut supposer que les États-Unis espèrent qu’après un coup aussi dur, les Iraniens accepteront des conditions qu’ils n’acceptent pas actuellement.
En Israël, en revanche, les autorités estiment que tout accord avec les Iraniens qui laisserait le régime en place serait voué à l’échec, car il renforcerait considérablement la situation de ce dernier. On part du principe, en Israël, que tant que le régime actuel restera au pouvoir et ne sera pas remplacé, il se radicalisera et se montrera plus déterminé que jamais à se doter de l’arme nucléaire et à détruire Israël.
C’est pourquoi certains responsables de la défense estiment que le renversement du régime iranien doit toujours figurer parmi les objectifs de l’opération. Au sein du Mossad, par exemple, on considère que cet objectif reste réalisable, même si cela doit se faire progressivement. Quoi qu’il en soit, une série de discussions ont eu lieu hier au sein des instances de la défense concernant la reprise des combats et ses conséquences.
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