Le Yated Nééman, en ce mardi matin, décrit la situation interne en Israël, en particulier en ce qui concerne la lutte contre les jeunes des Yechivoth, mise en avant de loin avant celle qui, pourtant, s’impose contre les brigands et truants oeuvrant dans le pays !
Il est impératif de souligner que la voix du ministre Ben Gvir ne s’est jamais fait entendre contre ceux qui étudient la Tora. Il y a là un « salaire pour un silence digne », mais la décision prise sous la responsabilité du ministère dont il a la charge exige une action concrète. Il s’avère que la Conseillère juridique, dont la main juridique s’immisce en tout, a réussi à conquérir un bastion supplémentaire sur la voie d’un totalitarisme juridique absolu. Il ne s’agit plus « seulement » d’un contrôle total et exclusif sur le pouvoir législatif, mais d’une annexion rampante et destructrice du pouvoir exécutif — la police.
Le chef de la police, ayant cédé aux pressions, a modifié sa position précédente et a annoncé qu’il livrerait les « déserteurs » aux autorités militaires. La terre d’Israël est submergée par une criminalité et une violence non éradiquées, le banditisme régnant dans tous les domaines de la vie à travers le pays. La police fait preuve d’impuissance et joue au chat et à la souris avec le monde du crime. Et maintenant, ils ont enfin trouvé un rôle essentiel et indispensable : la guerre contre le monde de la Tora.
« Loth était assis à la porte de Sodome », et Rachi révèle immédiatement la profondeur de l’affaire : « Ce jour-là, ils l’avaient nommé juge sur eux ». Comment Sodome, la ville du vice et du crime, pouvait-elle subsister et tenir ne serait-ce qu’un seul jour selon ses propres lois perverties ? En effet, une société fondée sur la cruauté absolue et le refus total de la bonté devrait s’effondrer sur elle-même en un instant ?! La réponse est que les juges de Sodome étaient eux aussi des juges de Sodome — ils n’appliquaient pas les lois de manière aveugle et rigide, et c’est précisément pour cela que les habitants pouvaient subsister au sein de la corruption et de la perversion. Il existait une marge de manœuvre pour la corruption interne. Mais lorsque Loth fut nommé juge, dans sa droiture, il voulut appliquer les lois à la lettre. Et lorsque les lois de Sodome sont appliquées avec ferveur, elles mènent à une destruction totale. C’est pourquoi il fut indispensable, ce jour-là même, de renverser la ville. (Tiré de Kochvei Or, de notre maître rabbi Itzele Blazer, que sa mémoire soit bénie).
La mainmise du progressisme israélien
Lorsque, dans l’État d’Israël, on a commencé pour ainsi dire à « sanctifier » l’instance judiciaire et le système juridique, la destruction de l’État israélien a débuté. Le progressisme israélien s’est emparé des médias, du Conseil de l’enseignement supérieur (Malag) et surtout du système judiciaire et de la haute fonction publique, de sorte que même lorsqu’il n’est pas au pouvoir, il continue de diriger le pays. Le pouvoir judiciaire et le conseil juridique se sont d’abord emparés du pouvoir législatif, et désormais du pouvoir exécutif — la police. Il n’y a plus trois pouvoirs, mais un pouvoir unique, qui n’a pas été élu et qui agit sans le consentement du peuple. Il s’agit ici d’un coup d’État institutionnel sans précédent dans le monde, d’un changement de régime, d’un gouvernement fantôme antidémocratique qui impose une dictature juridique à travers tout le pays.
À partir du moment où le conseil juridique a atteint le stade où il est sérieux, lorsqu’il est passé du rôle de conseiller à celui de décideur, d’une fonctionnaire révocable à la maîtresse de maison, lorsqu’ils ont commencé à croire qu’ils étaient véritablement des hommes de justice, Sodome dans sa version israélienne est en route vers la destruction.
Le chef de la police, qui a annoncé qu’il livrerait désormais les « déserteurs » aux mains de l’armée, se donne lui aussi en spectacle. Quiconque a suivi ces dernières semaines les scènes de crime terrifiantes dans les rues, les organisations criminelles agissant dans l’espace public comme s’il leur appartenait, et la perte totale de souveraineté dans le Néguev et en Galilée, aurait pu penser qu’un citoyen honnête au sommet de la police se réveillerait : peut-être que le tout nouveau chef de la police retrousserait ses manches, concevrait des plans opérationnels audacieux et déclarerait une guerre totale aux criminels qui fauchent des vies humaines et détroussent les gens en plein jour. Mais la déclaration officielle du chef de la police est arrivée, brisant l’illusion d’un seul coup d’annonce : « Nous arrêterons ceux qui étudient la Tora ! »
Alors que le niveau de sécurité personnelle s’effondre dans les abysses, et que la police échoue de manière répétée dans sa mission la plus fondamentale — la protection de la vie et des biens des citoyens — il est beaucoup plus facile de chercher un « ennemi » qui ne riposte pas par des tirs, un « ennemi » qui n’actionne pas d’engins explosifs, un « ennemi » qui ne dispose pas d’une armada d’avocats payés par des organisations criminelles. Dans une déclaration empreinte d’un populisme bon marché destiné aux oreilles complaisantes des médias, le chef de la police a désigné la nouvelle cible de la police israélienne : non plus la traque épuisante des familles du crime, mais la traque confortable et télégénique de ceux qui étudient la Tora et des étudiants de Yechivoth, dont le seul tort est l’étude de la Tora, qui est pourtant ce qui protège et sauve.
La reddition honteuse de la police est une étape dangereuse de plus dans la violation de la souveraineté de la majorité démocratique par une et unique minorité. Si l’État israélien veut vivre, le temps d’une crise constitutionnelle est venu. Quelqu’un doit dire au destructeur : « Assez ! »
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