Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il aurait créé « un front du refus » à la guerre contre l’Iran s’il avait été président

Les choses sont claires pour Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise a affirmé vendredi que s’il avait été président, il aurait constitué avec d’autres pays « un front du refus » contre les États-Unis et Israël qui ont attaqué l’Iran le 28 février. « Comme je suis candidat à la fonction et que la fonction prévoit d’être le chef des armées, donc responsable de cette situation, ce n’est pas la ligne que j’appliquerais », a assuré le déjà triple candidat à l’Élysée sur LCI.

« J’essaierais de faire en sorte que ceux qui ont décidé tous seuls, et en violation du droit international, une intervention sur un pays, de les faire reculer », a-t-il détaillé. Pour constituer ce « front du refus », il a cité d’abord les pays européens « qui refusent la stratégie des États-Unis », comme l’Espagne dirigée par le socialiste Pedro Sanchez. Mais aussi des pays d’Amérique latine comme le Brésil, la Colombie ou le Mexique.

« Et puis vous avez les pays qui viennent d’Asie, qui ne veulent pas entendre parler de cette guerre et qui se sentiraient en quelque sorte fortifiés et auraient un point d’appui », a encore argumenté le tribun insoumis lors d’un entretien fleuve.

« Notre intérêt, c’est le droit international »

« Quoique l’on pense du régime iranien, et personnellement j’en pense beaucoup de mal et je me suis beaucoup mobilisé contre lui, il est certain que, pour nous, Français, notre intérêt, c’est le droit international », a-t-il ajouté, rappelant sa position ancienne de voir la France quitter l’Otan. « Ou c’est le droit international, ou c’est la loi du plus fort, or, il y a un grand inconvénient à la loi du plus fort : nous ne sommes pas les plus forts », a-t-il argumenté.

Interrogé sur une défense européenne, il a balayé la question. « Nous sommes liés par les contrats, par les accords européens […] donc, si nous sommes attaqués, tout le monde respectera son engagement, nous nous défendrons tous ensemble », a-t-il expliqué.

En faveur d’une aide politique aux partis iraniens

Toujours concernant l’Iran, il a rappelé être « contre le fait qu’ils aient une arme nucléaire, et ce serait la même chose si c’était la Colombie [ou] n’importe quel pays au monde ». Il a recommandé, dès lors, de négocier avec les Iraniens de revenir aux accords qui préexistaient à l’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis en 2016.

Quant à faire tomber le régime iranien, Jean-Luc Mélenchon a estimé que « la nation française ne [pouvait] pas dire devant le monde, dorénavant, « tout régime qui nous déplaît fera l’objet de notre part d’intervention militaire pour le changer » ». Mais, a-t-il nuancé, « après, il y a la politique, il est donc tout à fait possible politiquement d’aider les partis, les factions ».

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