Marrakech Air Show 2026 : une participation israélienne en préparation
Selon une information publiée le 7 mai par le média israélien Globes et reprise par i24News, les industriels israéliens du secteur de la défense préparent une participation collective au salon aéronautique de Marrakech, prévu en novembre prochain. Il s’agit de leur première présence officielle dans au salon marocain.
Le directeur de l’Autorité israélienne de coopération en matière de défense (SIBAT), Yaïr Kolas, a indiqué que les échanges avec les autorités marocaines se poursuivent, dans l’attente des autorisations finales. Il a qualifié cette participation, sous réserve de confirmation officielle, d’étape historique dans les relations entre les deux pays. Selon les responsables cités, l’événement permettrait également aux industries israéliennes d’accéder, via le Maroc, à des marchés africains et occidentaux.
La coopération militaire entre les deux pays s’est développée depuis la signature des accords d’Abraham en 2020, avec des échanges entre ministères et la nomination en 2023 d’un attaché militaire israélien à Rabat. De nombreuses firmes israéliennes fournissent les forces armées royales (FAR) en divers types d’armement (drones, missiles, systèmes de défense anti-aériens), dont Israel Aerospace Industries, Rafael, BlueBird, Elbit, etc. avec des projets d’implantations industrielles.
Selon les données du ministère israélien de la Défense citées par i24NEWS, les exportations d’armement de l’État hébreu ont atteint 14,8 milliards de dollars (MM $) en 2024, en hausse d’environ 11,7 % sur un an.
Le Spyder israélien repéré à Sidi Yahia du Gharb : le Maroc densifie son bouclier antiaérien.
Une image issue de la couche haute résolution de Google Earth, alimentée par les opérateurs commerciaux Maxar (rebaptisé Vantor) et Airbus, et relayée le 5 mai sur le réseau X par un compte d’analyse de défense, a confirmé que le système sol-air israélien Spyder, conçu par Rafael Advanced Defense Systems, est désormais opérationnel sur la base militaire de Sidi Yahia El Gharb, à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Rabat. C’est la première fois que le matériel apparaît sur place, un changement de statut, de l’acquisition annoncée à l’intégration opérationnelle.
L’apparition du Spyder n’est pas, sur le fond, une surprise. Dès mars 2023, Le Desk signalait, que les Forces armées royales (FAR) avaient placé le système israélien sur leur liste d’évaluation pour étoffer leur défense aérienne à moyenne portée, en complément du contrat de 500 millions de dollars (M $) déjà signé en février 2022 avec Israel Aerospace Industries (IAI) pour l’acquisition du Barak MX.
Le Maroc, parti de l’absence quasi totale de couverture sol-air à moyenne et longue portée, s’orientait en quelques années vers une architecture multicouches associant des fournisseurs d’origines géopolitiques distinctes. Le constructeur Rafael a depuis officialisé le choix marocain, en marge d’un essai de tir réussi début 2024.
Le Spyder (acronyme de Surface-to-air Python and Derby) est un système modulaire à courte et moyenne portée. Il met en œuvre deux missiles dérivés des armements air-air israéliens : le Python 5, à autodirecteur électro-optique bi-bande (imagerie infrarouge et CCD), capable de verrouiller une cible après le tir et réputé résistant aux contre-mesures électroniques, et l’I-Derby, à guidage radar actif. La version Extended Range du I-Derby, équipée d’un moteur fusée à double impulsion, autorise des engagements jusqu’à 80 kilomètres. Selon les versions retenues, la portée du système oscille entre 20 et 80 kilomètres. La configuration que les FAR auraient privilégiée, selon les éléments cités par Le Desk à l’époque, est le Spyder-SR/ER associé au radar ELM-2106 en bande L, dont la portée de détection avoisine les 180 kilomètres.
Une batterie standard, articulée autour d’une architecture ouverte capable d’absorber des radars tiers, comprend une unité de commandement et de contrôle montée sur camion et trois à six unités de tir, qui peuvent ouvrir le feu peu après l’arrêt du véhicule porteur. Présenté par Rafael comme combat-proven, le Spyder est aujourd’hui exploité par la Tchéquie, premier pays de l’Otan à l’avoir adopté, les Émirats arabes unis, Singapour, le Vietnam, la Géorgie, les Philippines et, plus récemment, le Kenya, qui l’a réceptionné fin 2025.
À Sidi Yahia, le Spyder rejoint un dispositif déjà très israélien. Des images de lanceurs mobiles Barak MX déjà déployés sur la base qui reposent sur un centre de commandement intelligent capable d’intégrer plusieurs intercepteurs : un missile courte portée d’environ 35 kilomètres, un missile moyenne portée de 70 kilomètres, et un intercepteur longue portée d’environ 150 kilomètres. C’est précisément ce segment haut du spectre que le Spyder vient compléter par le bas, en s’attaquant aux drones, munitions guidées et missiles de croisière qui dominent les guerres récentes.
La base de Sidi Yahia El Gharb n’est pas un site nouveau pour les analystes. Dès janvier 2022, des images Google Earth analysées avec Planet Labs, par Jeffrey Lewis, chercheur du Middlebury Institute of International Studies, montraient que le site, d’environ 40 hectares et dont la construction a débuté en 2017 et s’est achevée vers août 2020, avait été conçu pour accueillir plusieurs systèmes en parallèle : outre le Spyder et le Barak MX israéliens, le FD-2000B et le Sky Dragon 50 chinois livrés par Norinco. Une cohabitation rare d’équipements d’origines très différentes au sein d’une seule architecture nationale.
Cette concentration s’inscrit dans la stratégie de modernisation lancée en 2011 par les FAR et accélérée depuis la normalisation des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv en décembre 2020.
Sur la période 2020-2024, Israël est devenu le troisième fournisseur d’armement du royaume, devant la France, dépassée, selon les données du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri). Au-delà de Sidi Yahia, Rabat a signé en 2024 avec IAI un contrat évalué à environ un milliard de dollars pour la livraison de satellites espions Ofek 13, et confié à Elbit, BlueBird et Rafael des projets de production locale destinés à structurer une base industrielle de défense.
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