La photo à de quoi estomaquer. Ce samedi 2 mai, le ministre de la Sécurité nationale d’Israël, Itamar Ben Gvir, fêtait ses 50 ans (il les aura le 6 mai) en grande pompe. Sur les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on y voit l’épouse du ministre, Ayala Ben Gvir, lui apporter un gâteau sur lequel sont dessinés un nœud coulant, symbole de pendaison, et les inscriptions « Mazel tov au ministre Ben Gvir, parfois les rêves deviennent réalité. »
Une image – saisissante dans un tel contexte de fête – qui fait polémique en Israël et rappelle le pin’s, avec le même nœud de pendu, que le ministre arbore depuis plusieurs mois sur sa veste à chacune de ses sorties.
Fervent défenseur de la peine de mort contre les Palestiniens
Cette mise en scène intervient un mois après l’adoption par la Knesset, le Parlement israélien, d’une loi controversée autorisant « la peine de mort par pendaison pour les résidents de Cisjordanie reconnus coupables par les tribunaux militaires d’actes terroristes meurtriers ». Une loi destinée, selon ses détracteurs, à autoriser la peine capitale de manière arbitraire pour les Palestiniens arrêtés et emprisonnés.
Cette loi, Itamar Ben Gvir et son parti d’extrême droite, Otzma Yehudit, l’ont farouchement défendue. Et c’est dans ce contexte que dès le 8 décembre, le ministre a commencé à porter ce sinistre pin’s. Le bureau du ministre du gouvernement Netanyahou avait clairement expliqué à l’époque que ces nœuds symbolisent « l’engagement des députés en faveur de la peine de mort pour les terroristes ».
Le ministre l’avait ensuite lui même expliqué, ajoutant que la potence n’était pas la seule solution : « Il y a aussi la chaise électrique et l’euthanasie. »
Favorable à l’annexion de Gaza et de la colonisation en Cisjordanie
Avant le vote de la loi le 30 mars, la peine de mort était réservée à des cas extrêmement rares en Israël et n’avait été appliquée qu’une seule fois dans l’histoire du pays, en 1962, avec la pendaison de l’officier nazi Adolf Eichmann, l’un des architectes de la Shoah.
La loi étant votée, le chef de la police continue de brandir ce symbole. Connu pour ses positions anti-palestiniennes, il s’est toujours déclaré favorable à la déportation des Gazaouis et à l’annexion de la bande de Gaza ainsi qu’à l’implantation continue de colonies en Cisjordanie occupée.
Sa soirée d’anniversaire, qui avait lieu dans le moshav Emunim, dans le sud d’Israël, en est le symbole puisqu’un second gâteau arborait des armes à feu, en référence à l’assouplissement des contraintes sur le port d’armes porté par le ministre après le 7-Octobre. Il y avait aussi une carte qui, selon le média Tenoua, est celle d’Erets Yisrael haShlema (le « grand Israël »), qui efface la Cisjordanie.
Sanctionné par la Cour suprême du pays
Outre ces symboles, la soirée a suscité une vive polémique avec la présence, selon The Times of Israël, de hauts responsables de la police israélienne, posant des problèmes éthiques pour des gradés qui doivent, dans le cadre de leurs fonctions, respecter une neutralité politique. Plusieurs responsables israéliens s’en sont émus, parmi lesquels l’ancien Premier ministre Naftali Bennett.
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C’est cette influence sur la police qui a conduit mi-avril la Cour suprême israélienne à limiter temporairement la capacité du ministre à nommer des hauts responsables au sein de la police. Itamar Ben Gvir avait répondu qu’il continuerait de nommer des personnes qui appliquent sa politique, comme il l’a fait jusqu’à présent.
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