La police a qualifié leur agression de « terroriste ». Deux hommes juifs ont été blessés mercredi dans une agression à l’arme blanche dans le quartier de Golders Green, dans le nord de Londres. Réaction de la communauté juive, annonces du gouvernement britannique, profil du suspect, « 20 Minutes » revient sur ce que l’on sait de cette attaque.
Que s’est-il passé mercredi ?
Un homme a attaqué deux personnes mercredi dans le quartier londonien de Golders Green. Le suspect a été maîtrisé sur place par des membres de Shomrim North West London, avant que des policiers ne le neutralisent avec un taser et procèdent à son arrestation, a rapporté ce groupe.
Les deux hommes blessés sont âgés de 34 et 76 ans. Hospitalisés, ils se trouvaient mercredi soir dans un « état stable », selon la police.
Cette attaque intervient après une série d’incendies et tentatives d’incendie qui, depuis fin mars, ont ciblé notamment des synagogues dans plusieurs quartiers du nord-ouest de la capitale. Ces actions n’avaient pas fait de blessés mais avaient accru les craintes de la communauté juive, déjà vives après une attaque qui avait fait deux morts à la synagogue de Manchester en octobre, dans un contexte de hausse des actes antisémites dans le pays ces dernières années.
Qui est le suspect ?
Il s’agit d’un Britannique de 45 ans né en Somalie. Il a été arrêté sur place pour tentative de meurtre. La police a indiqué qu’il avait des « antécédents de violence grave et des problèmes psychologiques ».
Un groupe jusqu’ici peu connu, « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya » (Hayi), et qui serait pro-Iran, avait revendiqué les incendies et tentatives d’incendie à Londres ces dernières semaines, ainsi que d’autres ailleurs en Europe. Mercredi, il a salué l’attaque au couteau de Golders Green et l’a attribuée à ses « loups solitaires ».
Les experts s’interrogent sur ce groupe, qui s’apparente à une coquille vide reprenant « des stratégies utilisées par le passé par des milices pro-Iran en Irak », selon un rapport publié jeudi par le groupe de réflexion Institute for Strategic Dialogue.
Qu’a annoncé le gouvernement britannique ?
Reconnaissant le « profond sentiment d’angoisse » au sein de la communauté juive, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a affirmé vouloir une réponse policière et judiciaire « rapide et visible », jeudi lors d’une réunion à Downing Street avec des responsables des forces de sécurité et plusieurs ministres.
Il était attendu à la mi-journée à Golders Green, où le chef de la police Mark Rowley et la députée travailliste locale Sarah Sackman ont été chahutés la veille.
La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a annoncé jeudi que le gouvernement allait mobiliser 25 millions de livres (28,8 millions d’euros) supplémentaires pour accroître les patrouilles de police et la sécurité de la communauté juive. Elle a aussi affirmé que le gouvernement préparait une loi pour « pouvoir cibler les organisations agissant pour le compte d’Etats ».
Elle a confirmé que le gouvernement étudie notamment la possibilité de classer les Gardiens de la révolution iraniens – l’armée idéologique de la République islamique – comme organisation terroriste.
Quelle a été la réaction de la communauté juive ?
« Nous ne pensons pas que suffisamment d’efforts aient été déployés pour vraiment éradiquer la haine qui a pu se développer dans ce pays », a déploré le rabbin de la synagogue de Golders Green Ben Kurzer sur la BBC.
Le grand rabbin Ephraim Mirvis a estimé que « les mots de condamnation ne suffisent plus » et a appelé les autorités à « prendre des mesures concrètes », tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères a jugé que « le gouvernement britannique ne peut plus prétendre que la situation est sous contrôle ».
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