Tsahal prend le contrôle de la flottille vers Gaza — à une distance inhabituelle d’Israël : « Changez de cap »

Ynet – Itamar Eichner, Elisha Ben Kimon 

Tsahal a commencé hier soir (mercredi) la prise de contrôle de la « flottille Printemps 2026 », située à l’ouest de la Crète et en route vers les côtes de la bande de Gaza, bien qu’elle ne devait y arriver que la semaine prochaine. Les militants de la flottille ont affirmé que leurs bateaux avaient été attaqués par Israël « avec des armes semi-automatiques », mais une source israélienne a indiqué que « la prise de contrôle progresse sans événement inhabituel ni violence ».

Selon les sites de suivi maritime, la plupart des navires de la flottille se trouvent encore à des centaines de kilomètres des côtes israéliennes — face à la partie occidentale de la Crète. Une source israélienne a expliqué que la décision d’intercepter la flottille — à une distance aussi importante et en eaux internationales — est liée à son ampleur, avec plus d’une centaine de navires et environ mille militants.

Au ministère israélien des Affaires étrangères, qui avait auparavant dirigé la communication lors des interceptions de flottilles précédentes, on s’est moqué des participants dans la nuit en publiant une vidéo montrant des préservatifs et des drogues.
« Ils ont terminé leur croisière de plaisance », a déclaré une source israélienne à Ynet.
« Ce n’est plus pertinent. L’objectif est de déjouer cette flottille — un coup de communication mené par des provocateurs professionnels derrière lesquels se trouvent des éléments du Hamas. Ils cherchent à empêcher la phase B du plan de Trump, qui prévoit que le Hamas se désarme. »

Les premières réactions des organisateurs

Dans les premiers instants, les organisateurs de la flottille ont publié sur les réseaux sociaux : « Des vedettes identifiées comme israéliennes se sont approchées de nos bateaux armées d’armes semi-automatiques. Les participants ont reçu l’ordre de se rendre à l’avant des navires et de se mettre à genoux et sur les mains. »

Dans une autre vidéo diffusée par les participants, on entend un message de la marine israélienne adressé à la flottille :

« Ici la marine israélienne. Toute tentative de violer le blocus maritime sécuritaire légal sur la bande de Gaza constitue une violation du droit international.
Si vous souhaitez transférer une aide humanitaire à Gaza, vous pouvez le faire par des canaux établis et reconnus.
Veuillez changer de cap et retourner vers votre port d’origine.
Si vous transportez de l’aide humanitaire, vous êtes invités à poursuivre vers le port d’Ashdod, où l’aide sera inspectée sur le plan sécuritaire avant d’être transférée vers la bande de Gaza.

« Vous devez changer votre route. Toute tentative supplémentaire de naviguer vers Gaza met en danger votre sécurité et ne laissera à Tsahal d’autre choix que d’utiliser tous les moyens nécessaires pour faire respecter le blocus maritime sécuritaire légal.
« Il est dangereux de rester sur votre trajectoire actuelle. Si vous poursuivez votre tentative de violer le blocus maritime, nous arrêterons vos navires et procéderons à leur confiscation par voie judiciaire devant les tribunaux. Vous portez l’entière responsabilité de vos actes. »

Le contexte militaire et politique

Plus tôt hier, il avait été indiqué que Tsahal applique le blocus maritime sécuritaire sur la bande de Gaza et se prépare à divers scénarios, conformément aux directives du niveau politique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a même interrompu hier son témoignage dans le dossier 4000, affirmant qu’il devait se rendre à une réunion à la Kirya (quartier général militaire de Tel-Aviv) — et il est apparu par la suite que cette réunion concernait précisément cette flottille.

La flottille, appelée par ses organisateurs Global Sumud Flotilla, comprend selon les estimations environ cent navires et près d’un millier de militants provenant de plusieurs pays. La majorité des navires se trouve, comme indiqué, dans la zone de la Crète, à environ 1 000 km des côtes de Gaza.

Comme lors des flottilles précédentes, les organisateurs affirment que leur objectif est de briser le blocus maritime sur Gaza — mais pas uniquement.

Dans une déclaration publiée hier, les organisateurs ont indiqué que la flottille fait partie d’« un vaste mouvement mondial en mer et sur terre visant à démanteler les systèmes qui permettent l’apartheid, l’occupation, le nettoyage ethnique et le génocide ».

Selon eux, la lutte ne vise pas uniquement le blocus maritime mais aussi ce qu’ils appellent « le système de guerre qui le soutient ». Ils ont ajouté que leur initiative reflète l’intention de la société civile « d’agir là où les gouvernements ont échoué », soulignant leur intention d’agir « en mer, dans les rues et dans les centres de pouvoir qui permettent la violence. Nous ne normaliserons pas le génocide. Nous n’accepterons pas l’impunité. Nous agirons pour perturber ce système — partout. »

Position du ministère des Affaires étrangères

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré hier que : « La force motrice derrière la provocation de cette flottille est le Hamas — qui coopère avec des provocateurs professionnels — dans le but de saboter le passage du plan de paix du président Trump à sa deuxième phase et de détourner l’attention du refus du Hamas de se désarmer. »

Selon le ministère, à la suite de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a adopté le plan de paix du président Trump, l’activité humanitaire dans la bande de Gaza est gérée par le Conseil de paix et le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC).

Le CMCC aurait acheminé vers Gaza d’énormes quantités d’aide humanitaire : depuis octobre 2025, plus de 1,5 million de tonnes d’aide humanitaire et des milliers de tonnes d’équipements médicaux seraient entrées dans la bande.

Le ministère a ajouté : « Comme lors des provocations précédentes, il s’agit ici d’un coup médiatique : une provocation sans véritable aide humanitaire. Comme l’ont révélé des médias internationaux, il s’agit de provocateurs professionnels en croisière de plaisance, obsédés par l’autopromotion. »

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