On a rarement vu le monde aussi unanime et dithyrambique. Et en ces temps compliqués, où la moindre saillie déchaîne les enfers, il est bon de voir la planète rassemblée autour d’un même sentiment : oui, la demi-finale de Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich, achevée sur le score incroyable de 5-4, mardi soir au Parc des Princes, a été légendaire. Et le mot est faible.
« Ce match et ce type de football dans ce type de stade, c’est une soirée dont on se souviendra pour toujours », a assuré Luis Enrique en conférence de presse, quelques minutes après cette véritable ode au football. L’entraîneur espagnol n’est pas le seul à avoir « kiffé » sa soirée, même s’il aurait pu espérer un peu mieux après avoir eu jusqu’à trois buts d’avance.
« Gala mémorable », écrit Die Welt en Allemagne. « Le match de notre vie », vante Marca en Espagne, pourtant pas tendre avec le club parisien. « Un feu d’artifice », souligne la Gazzetta dello Sport en Italie. « A-t-on déjà assisté à un match de football comme celui-ci ? », se demande The Guardian en Angleterre. La réponse à cette dernière question est simple : non, ou alors pas très souvent. Alors, où classer ce match au panthéon (récent) du football en Ligue des champions* ?
PSG – Bayern (2026)
Franchement, on a rarement pris autant notre pied devant un match de football. Des buts et des occasions en pagaille, du pressing de taré, des ailiers qui ne cessent de défier leur vis-à-vis, des collectifs incroyables… Ce 28 avril 2026 restera longtemps gravé dans les mémoires. « Je dois avouer que sur le trajet en venant dans cette salle [de conférence de presse], on me l’a beaucoup dit [que c’était un match historique], a souligné l’entraîneur bavarois Vincent Kompany. J’ai de la chance que ce ne soit pas une finale, parce que sinon on aurait perdu cette finale magnifique. »
Inter Milan – FC Barcelone (2025)
On attend encore de voir ce que va donner le match retour entre le PSG et le Bayern, mercredi en Bavière, mais s’il atteint le niveau de l’aller, on pourra aisément dire que c’était la meilleure double confrontation de l’histoire du football… un poil devant Inter-Barça l’année dernière.
Après un match nul incroyable au Camp Nou (3-3), les Italiens s’étaient qualifiés pour la finale après une victoire 4-3 après prolongations. A Giuseppe-Meazza, on avait eu droit à une panoplie complète du football total, avec un Lamine Yamal incroyable, un suspense mortel, des arrêts lumineux de Yann Sommer. On n’aurait pas pensé voir mieux de sitôt. C’était sans compter sur le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich.
PSG – Inter Milan (2025)
On classe cette rencontre peut-être un peu haut, vu qu’il n’y a eu qu’une seule équipe sur le terrain, pour cette finale de la Ligue des champions. Mais vu la démonstration du Paris Saint-Germain pour décrocher sa première étoile européenne, ça méritait cette place sur le podium. Un 5-0, l’expression collective des hommes de Luis Enrique à son apogée. C’était une soirée magnifique pour tous les supporteurs parisiens, et amateurs de football.
Liverpool – AC Milan (2005)
Les supporteurs de l’AC milan en font encore des cauchemars un peu plus de vingt ans après. Les partenaires de Kaka et Paolo Maldini étaient bien partis pour décrocher une septième Ligue des champions à Istanbul avec trois buts d’avance à la mi-temps. C’était sans compter sur le retour des Anglais, qui ont réussi à revenir au score en six minutes chrono grâce à Gerrard, Smicer et Xabi Alonso.
Une dramaturgie incroyable qui s’est soldée par une victoire des Reds aux tirs au but. « On se dit si on est arrivé là, c’est que le destin nous a choisis, et qu’on a une chance de le faire, expliquait Xabi Alonso. C’est très tendu. Il y a du drame dans l’air. C’est comme si l’un de vos coéquipiers partait seul à la guerre et qu’il affrontait en duel le soldat du camp adverse. »
Real Madrid – Ajax Amsterdam (2019)
Elles sont rares ces équipes à avoir dérouillé le Real Madrid dans son temple du Santiago Bernabeu. L’Ajax Amsterdam en fait partie. Les Bataves avaient sorti un match grandiose en Espagne pour s’imposer 4-1 et se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Plus que le score, c’est la prestation de ces petits gars presque « inconnus » qui ravit la planète football.
Les transversales de fou d’Hakim Ziyech, Frenkie de Jong en métronome au milieu, Dusan Tadic qui donne le tournis à tout un club, Matthijs de Ligt en prime Beckenbauer. Tous ces joueurs révélés sous la houlette d’Erik ten Hag, qui n’auront jamais vraiment réussi à passer une étape supérieure (sauf peut-être De Jong) après avoir quitté les Pays-Bas. L’aventure s’était malheureusement terminée en demi-finale après un triplé improbable de Lucas Moura avec Tottenham.
Manchester City – Tottenham (2019)
2019 année bénie pour le football, et notamment avec ce quart de finale retour entre les deux clubs anglais qui a donné lieu à un véritable match de folie, avec notamment cinq buts en vingt et une minutes, un record. Défaits 1-0 à l’aller, les hommes de Pep Guardiola pensaient tenir leur qualification pour les demi-finales grâce à un cinquième but de Raheem Sterling dans les arrêts de jeu. Intervention de la VAR pour un hors-jeu de Sergio Agüero, Pep Guardiola qui se roule au sol, une victoire 4-3 qui ne suffit pas… Cruel scénario pour les Cityzens.
Manchester United – Real Madrid (2003)
Un stade qui se lève pour réserver une standing ovation à un joueur adverse, ça n’arrive pas souvent. C’est pourtant l’honneur réservé par Old Trafford à Ronaldo (le « vrai »), auteur d’un triplé avec la Maison Blanche. Si les Mancuniens ont fini par s’imposer (4-3), notamment grâce à un doublé de David Beckham, ils n’ont pas réussi à refaire entièrement leur retard après leur défaite en Espagne (3-1).
Liverpool – FC Barcelone (2019)
Liverpool est décidément le roi des remontadas. Lors de ces demi-finales, les Reds prennent la marée à Barcelone, avec une lourde défaite 3-0 (et un énorme raté d’Ousmane Dembélé en fin de match qui aurait pu donner une plus grosse avance aux Catalans). De retour à Anfield, les Anglais sont transformés, habités par une puissance supérieure. Surtout après le doublé en deux minutes de Georginio Wijnaldum, qui a fait basculer cette rencontre dans une folie furieuse, jusqu’au corner de coquin de Trent Alexander-Arnold pour Divock Origi pour sceller la qualif des Reds.
* classement totalement subjectif.
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