Ce n’est pas toujours qu’un monarque fait face aux représentants du peuple américain. Le roi Charles III s’est adressé, mardi 28 avril, au Congrès des Etats-Unis lors d’une intervention exceptionnelle. Une première depuis 1991 et un discours de la reine Elisabeth II. « Les défis auxquels nous sommes confrontés sont trop grands pour qu’une nation puisse les affronter seule », a-t-il déclaré, appelant Washington à maintenir ses engagements internationaux.
Le souverain a aussi averti que l’alliance entre les deux pays « ne peut pas se reposer sur les réussites passées », dans un contexte marqué par les guerres en Iran et en Ukraine. Face à des parlementaires largement acquis à sa cause, Charles III a insisté sur la défense des valeurs communes et mis en garde contre toute tentation de repli. Il a notamment évoqué la nécessité de préserver l’équilibre des pouvoirs, un passage qui a suscité de vifs applaudissements chez les élus démocrates, certains y voyant une allusion indirecte à Donald Trump.
Condamnation de toute violence politique
Le roi a également exhorté les élus américains à faire preuve d’une « détermination sans faille » dans le soutien à l’Ukraine face à la Russie. Cette prise de position intervient alors que plusieurs responsables européens déplorent un désengagement des Etats-Unis, aussi bien sur le terrain militaire que dans les négociations diplomatiques.
En ouverture de son discours, Charles III a condamné la violence politique après des tirs survenus lors d’un gala de la presse auquel participait Donald Trump. Selon lui, ces actes visaient à « fomenter davantage la peur et la discorde », assurant que « de tels actes de violence ne réussiront jamais ». Fidèle à ses engagements, il a aussi évoqué la protection de l’environnement.
« 21 coups de canon » en l’honneur de Charles III
Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait accueilli le souverain britannique à la Maison-Blanche avec un cérémonial marqué par une fanfare et « 21 coups de canon ». Le président américain a salué une relation historique forte, affirmant que « les Américains n’ont pas eu d’amis plus proches que les Britanniques » et évoquant une « relation spéciale » entre les deux pays, tout en reconnaissant le caractère « ironique » de cette visite en année anniversaire de l’indépendance américaine.
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Cette visite d’Etat s’inscrit toutefois dans un climat diplomatique plus fragile, notamment après des désaccords liés aux frappes en Iran et aux positions sur l’Ukraine. Une déclaration récente de l’ambassadeur britannique Christian Turner, affirmant que la « relation spéciale » des Etats-Unis serait avec Israël, a également suscité des réactions. Le programme du roi prévoit encore un dîner officiel, avant une visite à New York puis aux Bermudes.
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