Au Parc OL,
Deux remarquables déplacements en pleine surface pour se défaire de Bryan Okoh et de Sinaly Diomande, puis deux coups de patte cliniques. En inscrivant samedi contre Auxerre (3-2) son premier doublé (19e et 71e) depuis son arrivée en Ligue 1 durant le mercato hivernal, Roman Yaremchuk a rapproché l’OL d’un retour en Ligue des champions. L’expérimenté avant-centre ukrainien (30 ans) a su faire sauter le verrou bourguignon, alors que l’attention était avant tout fixée sur le tandem Moreira-Endrick, brillant la semaine passée contre le PSG (1-2).
Tout le vestiaire lyonnais a tenu à féliciter l’ancien attaquant de Benfica et de l’Olympiakos, héros du jour au même titre que Corentin Tolisso (un but et une passe décisive). « Il nous fait du bien, s’est empressé de constater le capitaine de l’OL, conscient que ce profil de pur numéro 9 de surface faisait défaut dans l’effectif jusqu’en février. On ne centre pas assez, on se prend trop la tête à essayer de faire des combinaisons… Comme a dit le coach, il faut parfois juste centrer car Roman a des qualités dans la surface. De la tête et du pied, il est décisif. »
Huit morts à Dnipro samedi
Moussa Niakhaté est encore plus enthousiaste : « C’est un top attaquant quand il est bien servi. On a mis un peu de temps à comprendre sa manière de jouer. Il fait très mal aux défenses adverses, il pèse sur elles. C’est encore une fois une réussite de la part de la cellule de recrutement ». Malgré trois premiers mois mitigés, Roman Yaremchuk compte 4 buts et 1 passe décisive en 11 apparitions avec l’OL.
Son principal soutien Paulo Fonseca, qui a appuyé son recrutement en prêt durant le dernier marché des transferts, souligne à quel point il est « décisif » dans la belle série lyonnaise (trois succès de rang en plein sprint final), après son ouverture du score de la tête contre Lorient (2-0) le 12 avril. Marié à une Ukrainienne et ex-coach du Shakhtar Donetsk (de 2016 à 2019), l’entraîneur portugais de l’OL a aussitôt tenu à rappeler un pesant contexte pour louer la performance du jour de son numéro 77.
« Roman le mérite, d’autant plus qu’aujourd’hui, il y a eu de grosses attaques russes en Ukraine [le bilan fait état de huit morts dans la ville de Dnipro], indique Paulo Fonseca. Nous oublions peut-être ce qu’il vit, ça n’est pas facile… Aujourd’hui, il sait que l’Ukraine a encore souffert et il est arrivé avec cette force mentale. C’est pourquoi c’est un joueur qui mérite vraiment de vivre un moment aussi spécial, avec ces deux buts inscrits. »
« Il vit intensément la situation de l’Ukraine »
Le natif de Lviv, qui compte 17 buts en 67 sélections avec l’Ukraine, est toujours resté très proche de son pays, même s’il enchaîne les aventures à l’étranger depuis neuf ans. « Roman est un joueur qui vit intensément la situation de l’Ukraine, poursuit Paulo Fonseca. C’est une personne qui a beaucoup aidé son pays. Il attend comme tout le monde une résolution de ce conflit et il souffre tous les jours de cette situation. »
Lors de sa première interview vidéo accordée à l’OL en février, Roman Yaremchuk s’est justement confié sur ses difficultés à poursuivre sa passion alors que la guerre perdure depuis quatre années en Ukraine, où vivent toujours ses parents et son frère. « Bien sûr, cela a été assez difficile au début. Quand je jouais à Benfica [en 2021-2022], c’était très stressant. Je lis bien entendu les actualités chez moi, mais quand je rentre sur le terrain, je ne pense plus à la guerre. » Tout en annonçant toujours chercher à « représenter du mieux possible l’Ukraine ».
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