Tchernobyl, 40 ans après : Vosges, Alsace, Corse… La radioactivité toujours plus élevée dans certaines régions

Les effets de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl se font toujours ressentir. Dans certaines régions françaises, la radioactivité mesurée dans les sols et certaines denrées est toujours « plus élevée qu’ailleurs ». Les Vosges, l’Alsace et l’est de la Corse en font notamment partie.

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a constaté une plus forte présence de radioactivité dans les sols, les herbages, le lait, les fromages et la viande bovine provenant des « zones de rémanences élevées » (ZRE) situées en France métropolitaine.

Ces zones sont situées dans les Vosges, en Alsace, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l’est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques. L’ASNR a constaté « depuis plusieurs décennies » une « diminution des concentrations de césium 137 et de strontium 90 », éléments chimiques radioactifs, notamment dans les sols, le lait et la viande bovine.

En revanche, les denrées forestières, comme les champignons et les viandes de gibiers, peuvent conserver « des niveaux élevés de césium 137 durant des années ». Dans les forêts concernées, la radioactivité « présente une très grande variabilité spatiale, y compris à l’échelle d’une même commune », précise l’ASNR.

Un risque d’exposition plus fort dans les espaces naturels

Dans un rapport publié en 2025, l’ASNR estimait qu’en 2020, la « dose efficace moyenne due aux retombées de l’accident de Tchernobyl » en France était « de l’ordre de 1 microsievert par an » pour un adulte résidant en ville, travaillant en intérieur et ne consommant pas de champignons sauvages ou de gibiers.

Elle pouvait cependant monter jusqu’à 20 microsieverts sur les communes où les dépôts radioactifs de mai 1986 ont été les plus importants, « si la personne passe plusieurs heures par jour » dans « des espaces naturels ou boisés ».

La valeur limite d’exposition aux rayonnements ionisants est d’1 millisievert (soit 1.000 microsieverts) par an pour le grand public, selon le site de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Un aller-retour Paris-New York en avion représente une exposition de 80 microsieverts et une radio du thorax de 58 microsieverts selon l’INRS.

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