Les médias effacent la présence du Hezbollah au Liban

Les médias effacent la présence du Hezbollah au Liban

Sharon Levy

Lorsque les médias internationaux présentent des vidéos et des photos de familles libanaises retournant dans leurs foyers du sud, celles-ci sont souvent accompagnées de drapeaux, d’affiches et d’objets à l’effigie du Hezbollah.

Ces images illustrent à quel point le Hezbollah est ancré dans la société. Cependant, les médias n’apportent aucun éclairage sur ce que signifie un bastion du Hezbollah ni sur les raisons pour lesquelles ces familles possèdent des objets à l’effigie du Hezbollah.
Lorsque les reportages omettent des éléments de contexte essentiels, ils occultent la nature de la guerre qu’Israël mène au sud du Liban et la nécessité de sécuriser sa région frontalière.
Suite à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, des milliers de Libanais ont commencé à regagner leurs villages du sud. Malgré les avertissements de l’armée israélienne leur interdisant de retourner dans les zones situées au sud du fleuve Litani, les routes se sont rapidement remplies de civils déplacés rentrant chez eux.

Mais il ne s’agissait pas seulement d’une histoire de retour.

Aux côtés de la foule, une avalanche de drapeaux du Hezbollah, d’objets à son effigie et d’affiches de « martyrs », dont celle de l’ancien dirigeant Hassan Nasrallah — symboles indéniables de la présence profondément enracinée de ce groupe terroriste.

Pourtant, une grande partie des médias internationaux ont tout simplement détourné le regard.

CNN, via Reuters, a diffusé des images présentées comme un retour triomphal. Mais dans cet extrait de 45 secondes, la propagande du Hezbollah imprègne presque chaque image: drapeaux, affiches, symboles, le tout étant passé sous silence tant dans la vidéo que dans le texte qui l’accompagne.

Le  même schéma s’est répété dans plusieurs médias, dont la BBC , The Guardian , NBC et le Washington Post . Les images des habitants de retour ont été présentées hors contexte, dépourvues des détails mêmes qui permettent de comprendre la réalité sur le terrain.

Mais les images ne sont pas neutres. Elles révèlent qui contrôle l’espace, quels récits dominent et comment le pouvoir s’exerce. Lorsque les médias omettent ce contexte, ils ne simplifient pas l’histoire ; ils la déforment.

Cette défaillance est d’autant plus flagrante dans les environnements façonnés par le contrôle terroriste. Comme cela a déjà été démontré, le Hezbollah influence les conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur métier . De ce fait, le contexte n’est pas une option, mais une nécessité.

Pourtant, le New York Times a également passé sous silence la présence visible du Hezbollah, sans faire le lien entre ces images et la domination du groupe dans la région.

Même les implications les plus élémentaires sont ignorées. Les drapeaux du Hezbollah brandis par des enfants, les affiches glorifiant les militants et la normalisation du symbolisme terroriste sont tous traités comme non pertinents ou tout simplement invisibles, tout comme le recours du Hezbollah à des boucliers humains .

Il ne s’agit pas d’un oubli. C’est un choix narratif.

En occultant le contexte de la présence du Hezbollah, les reportages présentent les actions israéliennes comme arbitraires et disproportionnées, plutôt que comme des réponses à une infrastructure terroriste profondément enracinée au sein des zones civiles.

Rien de tout cela ne nie la présence de civils au Sud-Liban. Mais présenter ces communautés sans tenir compte du contexte dans lequel elles évoluent donne une image fondamentalement incomplète.

Les médias parlent fréquemment de « bastions du Hezbollah ». Mais sans explication, cette expression perd tout son sens.

Un bastion n’est pas seulement une zone de soutien. C’est un espace où le Hezbollah exerce son contrôle sur la vie civile, sociale, économique et militaire, s’intégrant aux infrastructures quotidiennes et brouillant la frontière entre environnements civils et militaires.

Depuis la révolution islamique de 1979, l’Iran s’efforce d’ exporter son idéologie au Liban, faisant du Hezbollah une puissante force supplétive. Ce groupe a systématiquement sapé les institutions étatiques libanaises tout en s’implantant profondément dans le sud du pays et la banlieue de Beyrouth.

Voilà la réalité que l’on ne montre pas aux téléspectateurs.

Car les images hors contexte n’éclairent pas l’histoire — elles la dissimulent.

Née à Toronto, Sharon Levy s’est installée en Israël en octobre 2023 et a occupé divers postes au sein d’institutions de défense et de recherche israéliennes. Elle est titulaire d’une maîtrise en sciences politiques, avec une spécialisation en contre-terrorisme et cybersécurité, de l’Université Reichman.

JForum.fr avec HonestReporting
Crédit photo : – Adnan Abidi/Reuters – Elif Ozturk/Anadolu via Getty Images

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