Guerre au Moyen-Orient : Comment l’armée française s’adapte, « dans l’urgence », à la lutte anti-drones

Déployée au Moyen-Orient pour soutenir ses partenaires, comme le Qatar, le Koweït ou les Émirats arabes unis, dans la lutte anti-drones, la France aurait déjà abattu plus de 80 drones iraniens de type Shahed depuis le début du conflit, selon le JDD.

L’armée française a déployé quatorze Rafale, venus renforcer les dix appareils stationnés en permanence dans la région. L’armée de Terre a renforcé ce dispositif en envoyant quatre hélicoptères Tigre de l’Alat (aviation légère de l’armée de Terre) dans le Golfe.

Il se pose désormais la question d’adapter ces appareils à la spécification de la lutte anti-drones, pour les doter de vecteurs plus efficaces, et surtout moins coûteux. Actuellement, les missiles Mica utilisés par les Rafale, coûtent entre 600.000 et 700.000 euros l’unité, alors que les drones Shahed visés ne coûtent, eux, qu’environ 30.000 euros.

Intégration en trois semaines « au lieu de douze à dix-huit mois »

Le ministère des Armées annonce ce mercredi dans un communiqué que la « DGA [Direction générale de l’Armement] de combat s’est mobilisée dès le début du conflit au Moyen-Orient pour accélérer l’évaluation de solutions répondant au plus vite et de façon pragmatique à l’évolution des menaces ». Les Centres experts Référent (CeR), créés fin 2025 dans le but de mener des travaux sur les technologies à cycle court, sont ainsi « mis à l’épreuve du feu dans le cadre des conflits actuels ».

C’est notamment le Centre expert Référent de la lutte anti-drone (CeRLAD), adossé à DGA Essais de missiles (EM), qui a permis dès les toutes premières semaines du conflit « de confirmer la capacité de l’hélicoptère Tigre à neutraliser les menaces drones de type Shahed avec son canon de 30 mm » et qui l’a recommandé aux armées « comme moyen économique de lutte anti-drones ».

DGA Essais en vol (DGA EV) a développé de son côté des moyens dédiés « pour permettre l’échange de données tactiques entre les Tigre et la bulle opérationnelle où ils sont déployés ». La capacité L16 (standard de liaison de données tactiques de l’Otan pour l’échange d’informations entre des unités militaires) a ainsi été intégrée par la DGA « en moins de trois semaines, contre douze à dix-huit mois selon un process industriel classique ». La DGA EV et le CeRLAD ont par ailleurs « réalisé par eux-mêmes et testé avec succès l’intégration du missile air-air Mistral 3 sur le Tigre pour augmenter ses capacités d’interception ».

Des ingénieurs envoyés « dans l’urgence » en Opex

En parallèle, la DGA a « lancé les travaux de développement d’une version anti-drone de la roquette guidée laser, pour des applications sous Rafale et sous Tigre ». Les premiers tirs d’essais en vol sont prévus d’ici fin juin, « pour un déploiement rapide dans les forces ». Des photos d’un Rafale équipé de roquettes guidées laser, prises aux environs de la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), ont circulé ces derniers jours et suggèrent que les essais ont même déjà démarré. L’intérêt de ces roquettes est qu’elles sont beaucoup moins chères que les missiles Mica. L’armée cherche aussi à modifier la conduite de tir des canons de 30 mm des Rafale pour leur permettre d’abattre des drones.

Enfin, le CeRLAD est aussi mobilisé « pour évaluer des systèmes de drones intercepteurs de drones proposés par plusieurs industriels, notamment français ». Il a ainsi organisé « dans des délais très courts des créneaux d’essais au sein de DGA Essais de missiles, tant sur son site des Landes que sur son site du Levant, pour mettre à l’épreuve les équipements proposés ». « Dans l’urgence », des ingénieurs de l’armement « ont aussi été projetés en renfort des forces françaises en opérations extérieures, pour assurer, jusqu’aux théâtres d’opérations, la montée en puissance et la mise en place de ces solutions innovantes. »

Quand le drone Reaper devient lui-même un chasseur de drones

Début avril, l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) avait déjà annoncé l’adaptation de ses drones MQ-9 Reaper à la lutte antidrones, après avoir mené « avec succès des tirs d’expérimentation du missile Hellfire depuis un drone MQ-9 Reaper sur des cibles aériennes de type drone ». Cette capacité a été rendue possible « seulement trois mois après la mise en service du Hellfire sur Reaper, [alors que] cette munition était prévue initialement pour des cibles au sol. » Cela permet désormais à l’AAE de « disposer d’une palette de réponses complémentaires, graduées et adaptées à la diversité des menaces ».

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L’AAE dispose aussi d’hélicoptères Fennec, « particulièrement adaptés pour intervenir face à des menaces relativement lentes ou évoluant à basse altitude », et de systèmes de défense sol-air Mamba (SAMP/T) pour appuyer cette lutte anti-drones.

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