
JDN – Israel Zev Leventhal
L’organisation « Emet LeYaakov BeIsraël » a envoyé aujourd’hui (lundi) une lettre sévère à l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, lui demandant de se rétracter publiquement après avoir déclaré que « l’évasion du service militaire tue nos soldats », et d’émettre des excuses explicites. Dans la lettre, l’organisation annonce qu’une plainte a été déposée auprès de la police israélienne afin d’examiner les aspects pénaux de cette déclaration, et qu’elle prévoit de s’adresser à des organisations en Israël et à l’étranger spécialisées dans la prévention de l’incitation.
« Une accusation collective sans précédent »
La lettre indique que la déclaration de Bennett n’est pas un lapsus, mais « une affirmation calculée qui attribue la responsabilité de la perte de vies de soldats à un public civil entier ». L’organisation la qualifie de « grave accusation collective, scandaleuse et sans précédent, qui franchit toutes les limites du discours légitime dans un État démocratique », et avertit que de tels propos, prononcés par quelqu’un ayant exercé la fonction de Premier ministre durant une période sécuritaire sensible, pourraient « préparer le terrain à des atteintes concrètes contre ce public par des éléments extrémistes ».
« Le service le plus long de tous les parcours »
L’organisation critique également l’utilisation du terme « évasion » pour désigner le public des étudiants en Yechiva, affirmant qu’il s’agit d’« une grave déformation de la réalité ». Selon elle, ce public consacre environ 108 mois consécutifs à l’étude de la Tora — une durée qu’elle présente comme la plus longue forme de service national parmi tous les parcours en Israël, comparée aux 32 mois de service militaire régulier. Elle affirme également que Bennett se concentre uniquement sur le public ‘harédi, tout en ignorant de nombreux autres groupes qui ne servent pas dans l’armée.
L’organisation exige que Bennett retire ses propos, précise qu’il n’attribue pas au public des étudiants en Tora la responsabilité de la mort de soldats, et publie des excuses « claires, explicites et sans la moindre ambiguïté », avertissant qu’en l’absence d’une réponse appropriée, toutes les démarches juridiques et publiques nécessaires seront engagées.
Plus tôt dans la matinée, Bennett avait accordé une interview à Kan News, déclarant :
« Je vais dire quelque chose que je n’ai jamais dit auparavant, mais il faut le dire : l’évasion du service militaire tue nos soldats. »
Bennett n’a laissé aucune place à l’interprétation d’un lapsus, affirmant clairement :
« C’est une phrase dure — et j’en assume la responsabilité. Nos soldats, en particulier les réservistes, s’usent gravement ; cela nuit à la capacité opérationnelle. Parfois, ils ne peuvent pas tenir une position qu’ils ont déjà conquise, alors il faut se retirer puis la reconquérir, et cela coûte des vies humaines. »
Il a ajouté : « Il y a 100 000 ‘harédim en bonne santé en âge de conscription. Nous les recruterons de manière très simple — en arrêtant complètement le transfert de fonds à ceux qui ne servent pas, qui ne travaillent pas, ou qui n’étudient pas dans des écoles où l’on enseigne les mathématiques et l’anglais, et où l’on n’enseigne pas à s’opposer aux soldats de Tsahal. Ce qui maintient l’évasion, ce sont des dizaines de milliards de shekels que ce gouvernement — celui de Netanyahu, Deri et Goldknopf — transfère. »
Après une série d’interviews dans les médias, Bennett a publié une vidéo dans laquelle il a répété ces propos jugés incitatifs et diffamatoires à l’égard du public des personnes craignant D’.
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