Rapports terrifiants d’Iran : des milliers d’arrestations, des exécutions et des centaines de disparitions — y compris des enfants

Les rapports des organisations de défense des droits de l’homme indiquent une répression massive en Iran suite aux manifestations de janvier, avec plus de 10.000 convocations devant les tribunaux. Parallèlement, au moins 14 exécutions ont été signalées récemment, dont certaines pour des motifs politiques et sécuritaires.

Ma’ariv

Un rapport du site Iran International brosse un portrait alarmant de l’ampleur de la répression en Iran, environ 100 jours après les manifestations des 8 et 9 janvier. Selon le rapport, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, convoquées ou interrogées. Des milliers de dossiers sont en attente au sein du système judiciaire et, sous l’ombre d’une coupure prolongée d’Internet et des exécutions, de nombreuses familles ignorent ce qu’il est advenu de leurs proches.

Les chiffres officiels illustrent l’ampleur du phénomène : le porte-parole de l’autorité judiciaire, Asghar Jahangir, a annoncé que plus de 10 538 personnes ont été citées à comparaître, et que 8 843 ont déjà été inculpées ou ont vu leur dossier transféré aux tribunaux. Selon lui, les procédures se déroulent dans des « circonstances exceptionnelles de l’État », une formulation qui fait craindre aux observateurs une déviance par rapport à une procédure judiciaire régulière. Parallèlement, des centaines de détenus font face à des accusations graves telles que « Moharebeh » (guerre contre D’), « rébellion », « corruption sur terre », « espionnage » et « collaboration avec l’ennemi » — des chefs d’inculpation passibles de lourdes peines, y compris la peine de mort. Les responsables judiciaires et sécuritaires prônent une ligne de « tolérance zéro », une « action décisive » et une « exécution rapide des sentences ».

Le chef de l’autorité judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, a déclaré que les accusés liés aux manifestations ne seraient pas inclus dans les amnisties et que l’exécution des peines devait être accélérée, y compris les confiscations de biens et les exécutions. Il a même qualifié certains détenus de « traîtres » liés à des ennemis étrangers. Dans ce contexte, les propos du président iranien, Massoud Pezechkian, affirmant que 300 à 400 membres des forces de sécurité ont été tués durant les événements, font craindre que les autorités n’utilisent ce narratif pour justifier un durcissement des peines et une extension du recours à la peine capitale contre les manifestants.

Absence de procès équitable et conditions de détention

Outre la gravité des accusations, les procédures judiciaires elles-mêmes sont inquiétantes. Selon des avocats et des organisations de défense des droits de l’homme, de nombreux détenus n’ont pas accès à des avocats indépendants, ne sont pas pleinement informés des détails des charges retenues contre eux et ne bénéficient pas d’une opportunité suffisante pour se défendre. Parallèlement, les médias d’État diffusent des « aveux » de détenus qui, selon des témoignages, auraient été obtenus sous la pression, les menaces et même la torture, en particulier chez les jeunes et les mineurs.

Les conditions de détention aggravent l’inquiétude. Le rapport souligne une surpopulation sévère dans les prisons, ainsi que des témoignages de torture, de refus de soins médicaux, de restrictions sur les contacts avec les familles et de transferts vers des centres de détention illégaux. Parmi les détenus figurent des enfants et des adolescents ; certains ont été libérés sous caution mais attendent toujours leur procès. De nombreux disparus restent dans un statut inconnu — sans information sur leur localisation ou leur état de santé — ce qui accroît l’angoisse des familles. Ces craintes sont renforcées par des rapports faisant état de décès en détention suite à des tortures ou à ce qui a été décrit comme des « injections de secours », ainsi que de blessés transférés directement des hôpitaux vers les centres de détention.

Vague d’exécutions

Pendant ce temps, les exécutions se poursuivent. Au cours des 40 derniers jours, au moins 14 prisonniers ont été exécutés pour des motifs politiques et sécuritaires, dont sept avaient été arrêtés lors des manifestations de janvier. Parmi les exécutés :

  • Saleh Mohammadi, Saïd Daoudi et Mahdi Ghassemi (18 mars)

  • Amir Hossein Hatami, 18 ans (4 avril)

  • Mohammad Amin Biglari et Shahin Vafaparast (6 avril)

  • Ali Fahim (7 avril)

Parallèlement, six autres personnes ont été exécutées pour « rébellion » et « collaboration avec l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran », et une autre personne pour « espionnage au profit d’Israël ».

Enfin, le transfert d’autres détenus vers l’isolement a été signalé, ce qui laisse craindre une nouvelle intensification des peines et d’autres exécutions à venir. Le tableau d’ensemble révèle un système de répression à grande échelle s’appuyant sur des procédures judiciaires expéditives et des aveux forcés.

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