Les réfugiés soutiennent Israël contre le Hezbollah

Exilés libanais : entre mémoire et appel à en finir avec le Hezbollah

Alors que les tensions persistent au sud du Liban, certaines voix issues de la diaspora libanaise expriment un soutien inattendu aux opérations militaires visant le Hezbollah. Derrière cette position, un vécu marqué par l’exil, la guerre et la peur d’un retour à un passé violent. Pour ces témoins, la priorité reste claire : empêcher le groupe armé soutenu par l’Iran de consolider davantage son emprise sur le pays.

Maryam Younnes fait partie de cette génération contrainte de fuir enfant. Originaire du village de Dibil, elle a quitté le Liban à cinq ans, dans un contexte de violences et de menaces visant notamment les familles liées à l’Armée du Sud-Liban. Son père, officier engagé contre des groupes armés opérant dans la région, a été désigné comme ennemi après le retrait israélien en 2000. Face aux menaces directes, la famille a pris la route de l’exil, pensant partir pour quelques semaines. Plus de deux décennies plus tard, ce départ reste définitif.

Pour Maryam, l’histoire personnelle se confond avec une lecture politique du conflit. Elle affirme que de nombreux Libanais, au-delà des divisions religieuses, considèrent aujourd’hui le Hezbollah comme un obstacle majeur à la stabilité du pays. Si les opérations militaires entraînent des pertes civiles, elle les décrit comme une tragédie difficile mais, selon elle, inévitable dans la lutte contre une organisation armée profondément enracinée. Elle insiste toutefois sur la peur persistante d’un scénario déjà vécu : un retrait prématuré laissant le champ libre au Hezbollah, avec des conséquences directes pour les populations locales.

Ce sentiment est partagé par d’autres exilés, comme l’analyste Jonathan Elkhoury. Lui aussi a grandi dans le sud du Liban avant de fuir avec sa famille après le retrait israélien. Il évoque des souvenirs marqués par les violences, les intimidations et la prise de contrôle progressive des villages par des groupes armés. Selon lui, une partie significative de la population libanaise remet en question le rôle du Hezbollah, accusé d’avoir entraîné le pays dans des conflits extérieurs sans consensus national.

Les données disponibles semblent corroborer cette perception : une large majorité de Libanais se prononcerait en faveur du désarmement du Hezbollah et contre l’implication du pays dans de nouvelles guerres. Toutefois, cette opposition reste souvent silencieuse, freinée par la crainte de représailles et par la complexité du paysage politique libanais. Dans certaines régions, des habitants auraient même refusé d’évacuer leurs villages par peur de voir le Hezbollah s’y installer durablement en leur absence.

Dans ce contexte, les accusations portées contre le groupe armé se multiplient, notamment sur l’utilisation de zones civiles pour des opérations militaires. Des témoignages évoquent des stratégies visant à provoquer des frappes dans des zones sensibles afin d’influencer l’opinion publique. Parallèlement, le conflit en cours depuis octobre 2023 a déjà entraîné le déplacement d’une part importante de la population libanaise, ravivant les traumatismes d’une guerre civile encore présente dans les mémoires.

Malgré ces tensions, certains observateurs estiment qu’une fenêtre diplomatique pourrait s’ouvrir. Des discussions indirectes entre responsables libanais et israéliens ont récemment été évoquées, laissant entrevoir la possibilité d’une désescalade. Pour les exilés, l’espoir demeure celui d’un retour, conditionné à un changement profond de la situation sécuritaire.

Entre aspirations à la paix et réalités du terrain, les témoignages d’exilés libanais révèlent une fracture profonde au sein de la société. Si certains voient dans les opérations actuelles une nécessité, l’avenir du Liban dépendra d’un équilibre encore incertain entre sécurité, souveraineté et reconstruction.

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