«Ma hantise, c’est de me laisser tenter par un nouveau jeu et de tomber dedans. L’an dernier, j’avais craqué pour Altered et depuis je suis devenu accro. » Quentin n’est pas seul dans sa « crainte » – loin de là – au moment de franchir les portes du Hall 4 de Paris Expo. Les 18 et 19 avril 2026, la Porte de Versailles se transforme en temple de la carte. Le Gala TCG y déploie ses 20.000 m² pour sa 5e édition.
Au programme de cette grand-messe des jeux de cartes à collectionner (TCG en anglais) : des tournois d’élite sur Pokémon et Lorcana, des séances de dédicaces avec des illustrateurs légendaires, des zones d’échanges, et même la possibilité de « craquer des boosters » en direct sur Twitch, comme les pros. L’événement attend des dizaines de milliers de passionnés, confirmant une tendance lourde : la carte n’a jamais été aussi forte.
Un marché en pleine euphorie
« Moi je suis plutôt une petite nouvelle », explique Sarah, 27 ans, et adepte de Lorcana et Star Wars Unlimited, deux TCG plutôt récents. « Je vois pas mal d’anciens qui diversifient leurs jeux, il y a aussi des adolescentes qui jouent un peu en bande. J’avais une image d’un milieu de vieux mecs un peu fermés avant de commencer à jouer, mais finalement le milieu s’est vachement diversifié. » Cause ou conséquence de cette ouverture du milieu, le marché mondial des TCG est aujourd’hui un mastodonte. En 2026, il pèse déjà plus de 20 milliards de dollars, avec une croissance annuelle insolente de 15,9 %.
La France, locomotive européenne du secteur, n’est pas en reste. Entre nostalgie des trentenaires et soif de collection des plus jeunes, le secteur s’est mué en un secteur culturel incontournable. Les cartes à collectionner représentent la plus forte hausse du secteur du jouet depuis trois ans.
Pas (que) pour les enfants
Pourquoi un tel emballement ? D’abord, la multiplication des licences. Si le trio historique – Magic, Pokémon, Yu-Gi-Oh ! – tient toujours la barre, l’arrivée de Disney Lorcana et du Star Wars Unlimited a élargi l’audience. Sans parler du jeu One Piece, promis à un bel avenir, et Riftbound, le TCG adapté du monde de League of Legends. On ne joue plus seulement pour le plaisir tactique, on achète un morceau de pop culture. Symbole de cette symbiose culturelle, les extensions de Magic explorent des licences cultes, d’Assassin’s Creed aux Tortues Ninja ou au Seigneur des anneaux.
Le phénomène dépasse désormais largement la cour de récré. « Mes enfants regardent mes collections et jouent un peu, mais surtout avec moi, pas tellement avec leurs amis », raconte Guillaume, 46 ans, et joueur de Magic et Flesh and Blood, occupé à échanger des cartes à un stand commercial. Plus loin, Yann et ses amis lycéens cherchent le stand Wankul : « La spéculation, ce n’est pas trop notre truc, mais c’est vrai que des fois, on regarde la valeur des cartes qu’on a… »
Dans le monde de la finance spéculative, les TCG sont devenus une classe d’actifs alternative tout à fait crédible. En 2025, certaines cartes Dracaufeu ou Elsa (Lorcana) ont atteint des prix à cinq chiffres lors de ventes aux enchères prestigieuses. PSA et CGC, les entreprises de certification présentes au Gala TCG ce week-end, voient leurs carnets de commandes exploser : « grader » sa carte pour garantir son état et sa valeur est devenu le réflexe de tout collectionneur averti.
Un marché mature ?
Dans le monde de la finance spéculative, les TCG sont devenus une classe d’actifs alternative tout à fait crédible. En 2025, certaines cartes Dracaufeu ou Elsa (Lorcana) ont atteint des prix à cinq chiffres lors de ventes aux enchères prestigieuses. PSA et CGC, les entreprises de certification présentes au Gala TCG ce week-end, voient leurs carnets de commandes exploser : « grader » sa carte pour garantir son état et sa valeur est devenu le réflexe de tout collectionneur averti.
Avec l’arrivée annoncée de collaborations explosives (comme le set Marvel chez Magic prévu pour juin 2026) et l’intégration de puces NFC pour lutter contre la contrefaçon, l’industrie se modernise sans perdre son âme physique.
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Le « craquage » de boosters n’est plus un plaisir coupable, c’est un sport national. Alors, vivons-nous un âge d’or du TCG ? Les chiffres disent oui, les files d’attente à la Porte de Versailles disent oui aussi. Et votre banquier… Il attend sans doute que vous tiriez une « secrète rare » pour souffler un peu.
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