Dissensions au sein de l’édition. Deux jours après le limogeage de l’éditeur Olivier Nora, les causes du litige avec Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Hachette [qui détient Grasset] se précisent, indique Libération. Ainsi, nos confrères révèlent qu’Arnaud Lagardère, patron d’Hachette Livres, aurait demandé le 11 avril à Olivier Nora d’accueillir Rome, le prochain ouvrage de l’essayiste réactionnaire Nicolas Diat. Demande refusée par le PDG de Grasset.
Un « Mazarin » dans le monde de l’édition
Ecrivain, Nicolas Diat est l’éditeur de Ce que je cherche, l’autobiographie du président du Rassemblement national Jordan Bardella, publiée en 2024 chez Fayard, maison d’édition appartenant aujourd’hui à Vincent Bolloré. Décrit comme un « Mazarin » [en référence au cardinal Mazarin, et qui signifie « être discret et puissant »] dans le monde de l’édition, Nicolas Diat a publié J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu de Philippe de Villiers, Qu’est-ce qu’un chef ? par le général Pierre de Villiers, ou encore Le soir approche et déjà le jour baisse, cosigné avec le cardinal Robert Sarah.
Si le fondateur du Puy du Fou a, par la suite, été accusé de complotisme et de plagiats, le prélat guinéen a tenu, quant à lui, des propos homophobes. Ce qui n’empêche pas Vincent Bolloré de prêter sa confiance à Nicolas Diat. Chez Fayard, « personne ne comprend son métier exact », a indiqué une source auprès de Libé. « Discret et puissant », donc.
Les écrivains de chez Grasset se mobilisent
Ces derniers jours, le monde feutré de l’édition française a plongé dans la crise avec la décision inédite de 170 écrivains de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset afin de dénoncer le « licenciement » de son PDG, Olivier Nora, dont ils tiennent pour responsable Vincent Bolloré. Cette fronde a éclaté alors que le Festival du Livre de Paris s’est ouvert jeudi soir au Grand Palais.
Dans leur lettre ouverte, ces écrivains, parmi lesquels figurent Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder ou encore Anne Berest, dénoncent « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de Grasset. Ils refusent d’« être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. »
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