En Allemagne, l’ouverture au public d’une base de données sur les membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) relance le débat sur la mémoire du nazisme. Comme le rapporte Le Point lundi, l’hebdomadaire Die Zeit a mis en ligne un moteur de recherche donnant accès à 8,2 millions de fiches d’adhérents, consultables en quelques secondes.
Ces archives couvrent la période 1925-1945, durant laquelle environ 10,2 millions d’Allemands ont rejoint le parti. Les historiens rappellent que ces adhésions relevaient d’un choix individuel. Ils distinguent toutefois les engagements antérieurs à 1933, souvent motivés par une adhésion idéologique, de ceux intervenus après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler le 30 janvier 1933, davantage liés à des logiques d’opportunité.
Des documents sauvés par les Etats-Unis
La mise à disposition de ces données est globalement bien accueillie pour sa contribution à la recherche et à la transparence historique. Elle suscite néanmoins des réserves, notamment sur les risques d’atteinte à la vie privée, le moteur permettant d’identifier facilement des tiers, qu’il s’agisse de proches ou de simples connaissances.
Ces documents avaient été sauvés de la destruction à la fin de la Seconde Guerre mondiale avant d’être récupérés par les autorités américaines puis conservés et numérisés. Leur publication marque une nouvelle étape dans le travail de mémoire en Allemagne, en élargissant l’attention portée non seulement aux victimes, mais aussi à l’implication individuelle, dans un contexte politique où les questions liées au passé restent sensibles.
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