La stratégie de l’Iran consiste à gagner du temps dans les négociations avec les États-Unis.
Téhéran devrait profiter des négociations d’Islamabad pour gagner du temps afin de reconstruire ses capacités militaires et d’atténuer la pression américaine.
De hautes sources sécuritaires estiment que l’Iran tentera de prolonger les négociations avec les États-Unis, prévues ce week-end à Islamabad, la capitale du Pakistan, au-delà de la période initialement convenue de deux semaines.
Ils identifient trois objectifs clés de la stratégie iranienne : gagner du temps pour que les prix du pétrole se stabilisent, mettre à rude épreuve les ressources militaires américaines dans le Golfe et rétablir les capacités militaires, notamment en récupérant les missiles endommagés.
Premièrement, gagner un maximum de temps, période durant laquelle les prix mondiaux du pétrole pourraient baisser et les marchés se stabiliser. Selon eux, cela compliquerait la tâche du président américain Donald Trump s’il rencontrait des obstacles dans les négociations.
Le deuxième objectif est de donner le temps d’affaiblir les forces américaines stationnées dans la région du Golfe et d’accroître les coûts liés au maintien de leur présence.
Le troisième objectif est de mettre à profit ce temps pour tenter de rétablir les composantes endommagées des capacités militaires iraniennes. L’Iran dispose toujours de missiles balistiques stockés sous terre, qu’il entend récupérer et redéployer si nécessaire.
Quoi qu’il en soit, les responsables de la sécurité estiment que les négociations à Islamabad seront difficiles, compte tenu des profonds désaccords entre les parties. Il n’est pas improbable que les pourparlers échouent à un moment donné, entraînant une reprise des combats.
L’Iran vise, dans ces négociations, un accord qui consolidera son statut de puissance régionale. Cela implique d’obtenir la souveraineté sur le détroit d’Ormuz et d’en faire une nouvelle source de revenus. L’Iran souhaite contrôler une voie maritime qui était internationale avant la guerre.
Israël, de son côté, n’a pas atteint ses objectifs de guerre concernant le programme nucléaire iranien, les missiles balistiques et les groupes armés régionaux. Cependant, rien ne permet d’affirmer avec certitude que la guerre soit véritablement terminée.
Le cessez-le-feu est temporaire et ne dure que deux semaines. Bien que Trump souhaite mettre fin à la guerre, il est peu probable qu’il cède sur la question de l’uranium enrichi à 60 % détenu par l’Iran et toujours enfoui sous terre, ni qu’il accepte le principe de la poursuite de l’enrichissement d’uranium par l’Iran. La Maison-Blanche a officiellement pris position sur ce point, et il sera difficile de la faire changer d’avis.
Les États-Unis continuent de soutenir Israël dans sa lutte contre le Hezbollah au Liban. Israël devra tirer parti de ce soutien pour gagner du terrain au Sud-Liban et repousser la menace du Hezbollah loin des localités du nord d’Israël. La campagne au Liban devrait durer plusieurs mois.
Les analyses de sécurité indiquent que le régime iranien a jusqu’à présent résisté au conflit. Ceci s’explique en partie par une mauvaise appréciation, de la part des États-Unis, de l’importance et des répercussions économiques du détroit d’Ormuz.
Si Washington avait été mieux préparé pour empêcher sa fermeture, le résultat aurait pu être tout autre.
La production de missiles et l’industrie militaire iranienne dans son ensemble ont été gravement endommagées par les frappes israéliennes et américaines. Ces frappes ont également ciblé des installations nucléaires.
Israël a perpétré de nombreux assassinats ciblés de hauts responsables militaires iraniens. Les autres responsables se cachent et évitent toute apparition publique.
L’Iran tente désormais de soutenir le Hezbollah, qui a fait preuve de loyauté en rejoignant le conflit pour le défendre.
Téhéran cherchera vraisemblablement par divers moyens à s’assurer que tout accord de cessez-le-feu inclue également le Liban. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de préserver le principe d’« unité des arènes ».
Pour l’instant, la position ferme d’Israël sur cette question, soutenue sans réserve par Trump, devrait prévaloir. Israël devra intensifier ses frappes au Liban afin de se préparer à une éventuelle évolution de la position américaine.
Suite au cessez-le-feu avec l’Iran, l’armée de l’air israélienne peut désormais concentrer ses opérations sur le Liban, en frappant les installations du Hezbollah et en étendant sa campagne à travers le pays.
Selon les autorités, les Forces de défense israéliennes ont éliminé environ 1 500 membres du Hezbollah depuis le début des combats, ce qui souligne l’importance persistante de la campagne au Liban.
Yoni Ben Menachem, commentateur chevronné des affaires arabes et de la diplomatie pour la radio et la télévision israéliennes, est analyste principal pour le Moyen-Orient au Centre de Jérusalem. Il a été directeur général et rédacteur en chef de l’Autorité de radiodiffusion israélienne.
Publié initialement par le Centre de Jérusalem pour la sécurité et les affaires étrangères.
JForum.fr avec jns
Des pourparlers avec le Pakistan sont en cours. Photo : EPA
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