Guerre au Moyen-Orient : Après les frappes israéliennes, « le désespoir et un sentiment d’insécurité renforcé » au Liban

Au Liban, une journée de deuil national a été décrétée ce jeudi 9 avril. C’est dire le choc après la centaine de bombardements en dix minutes qui a frappé le pays la veille et fait au moins 200 morts et un millier de blessés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. « Nous continuerons à frapper le Hezbollah partout où il le faudra, jusqu’à ce que nous ayons pleinement rétabli la sécurité pour les habitants du nord d’Israël », a écrit Benyamin Netanyahou sur son compte X, alors que la France, le Royaume-Uni et l’Union européenne appellent à inclure le Liban dans les discussions de cessez-le-feu avec l’Iran.

Avec ces frappes menées simultanément sur plusieurs régions libanaises, Israël met en danger la trêve de deux semaines convenue entre Washington et Téhéran, alerte l’ONU. Dans le pays, ces frappes ont semé le chaos et traumatisé la population, explique Hassan El Sayed, coordinateur de l’ONG Solidarités international, présent à Saïda, dans le sud Liban.

Quelle est la situation à Saïda ?

Jusque-là, la ville était relativement épargnée. Hier, il y a eu une escalade de l’intensité des bombardements, notamment à Saïda, où une université a été attaquée, presque dans le centre-ville. La veille, un café avait été frappé. Beyrouth a aussi été touchée très fortement, et pas uniquement dans la banlieue sud. Des zones qui étaient estimées plutôt sécurisées ou moins ciblées ont été frappées et sans notification.

J’étais en convoi humanitaire plus au sud au moment des frappes, dans la zone d’Ansariyeh, Zefta et Babliyeh, pour une distribution de produits alimentaires et produits d’hygiène. Ces frappes augmentent aussi notre insécurité et, notre problématique, c’est de pouvoir arriver à certains villages. On analyse les fréquences, les heures des bombardements pour essayer de réduire le risque d’être sous une bombe pendant qu’on aide les gens.

Quelles conséquences ont eu ces frappes sur la population ?

Avec les annonces sur le cessez-le-feu dans la nuit d’avant-hier, il y a eu un mouvement d’espoir. Des personnes déplacées dans les centres collectifs, chez l’habitant, à la rue ont pris la route pour rentrer chez elles. Elles ont pu être dans les zones ciblées par les bombardements malheureusement.

Tout le monde a déchanté avec cet espoir de retour complètement détruit. Incompréhension, colère, trauma, frustration… C’est clair qu’il y a un sentiment de désespoir, d’insécurité extrêmement renforcé. C’est une situation honnêtement très, très, très traumatisante pour l’ensemble de la population libanaise.

Assiste-t-on à une escalade du conflit ?

Oui. Alors qu’il y avait une potentialité de réduction de la violence, on est exactement à l’opposé d’un cessez-le-feu avec ces frappes. Le Liban fait face à une intensification du conflit, et, donc, à davantage de pertes civiles et de destruction.

La population espérait une paix, au moins un cessez-le-feu. C’est la douche froide. Elle se retrouve à devoir vivre dans une nouvelle situation de conflit, plus intense, plus arbitraire, et avec une recrudescence des impacts humanitaires.

Comment s’organise l’aide humanitaire dans cette situation ?

Les bombardements d’hier ont détruit le dernier pont sur le fleuve Litani. Cela a coupé les trois quarts du sud Liban. Les gens ont encore des stocks chez eux. Mais très rapidement, si une solution n’est pas trouvée pour pouvoir accéder à ces personnes, on affrontera une crise humanitaire d’une ampleur inédite dans ce pays.

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