Le lendemain de l’autorisation des manifestations jusqu’à 600 participants par la Cour suprême, Yariv Levin appelle à ignorer cette décision

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Le ministre de la Justice, Yariv Levin, demande au Cabinet d’ordonner à la police de suivre les directives du Commandement du Front intérieur — contrairement à la décision de la Cour suprême (Bagatz) d’hier ayant autorisé les manifestations contre la guerre. Il a qualifié cette décision d’« irresponsable » et de « grave abus de pouvoir de la part de la Cour ».

Ma’ariv – Avraham Bloch, Gilad Morag, Anna Barsky 

Le ministre de la Justice, Yariv Levin, s’est adressé au chef par intérim du Conseil de sécurité nationale, Gil Reich, pour demander l’inscription à l’ordre du jour du Cabinet d’une proposition de résolution concernant le respect des directives du Commandement du Front intérieur, sous le titre : « Une décision du Cabinet pour sauver des vies ». Cette proposition vise à répondre à l’arrêt de la Cour suprême rendu hier en plein Chabbath, autorisant des manifestations malgré les restrictions sécuritaires.

Dans sa lettre, Levin a fustigé la décision des juges de permettre des manifestations contre la guerre au mépris des consignes de sécurité. Il a également qualifié le moment choisi pour rendre cette décision et la profanation du Chabbath qu’elle a entraînée de « révoltants et graves en soi ». Levin a souligné que « ladite décision a été prise en contradiction totale avec l’avis professionnel du Commandement du Front intérieur, sans qu’aucune base technique ne vienne contredire cet avis ».

Levin a ajouté : « La Cour s’est abstenue de s’appliquer à elle-même ce que ses juges exigent sans cesse du gouvernement : prendre des décisions basées sur une expertise professionnelle appropriée ». Il a affirmé que « les juges n’ont pas la compétence requise en la matière, car il s’agit avant tout d’une question technique de gestion des risques, de sécurité et de vies humaines, et non d’une question juridique ». Il a même évoqué des précédents où, selon lui, des arrêts de la Cour ont conduit à des pertes humaines, citant l’exemple de « la terrible tragédie lors du pèlerinage de Méron ».

« Une atteinte à la discipline publique »

La lettre poursuit en expliquant qu’au-delà du risque lié aux grands rassemblements en cette période, cette décision « risque de porter gravement atteinte à la discipline publique concernant le respect des consignes du Commandement du Front intérieur », alors qu’il a été prouvé que « le respect de ces consignes a sauvé de nombreuses vies ».

Levin conclut : « Au vu de l’importance exceptionnelle de ces enjeux, qui touchent non seulement à la sauvegarde des vies mais à l’ensemble de la situation militaire, j’estime qu’il faut soumettre au Cabinet une proposition ordonnant à la police et aux autorités compétentes de respecter strictement les directives de sécurité telles qu’elles ont été émises, y compris pour les rassemblements et les manifestations ». Il a ajouté qu’il s’agissait d’une « réponse à la décision irresponsable des juges de la Cour suprême, qui constitue un grave excès de pouvoir et une ingérence illégale dans les considérations de sécurité ».

Réactions de Netanyahou et du Barreau

Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a également réagi : « Incroyable. Alors que les Juifs sont limités dans leurs prières au Mur des Lamentations pendant la fête, la Cour autorise une manifestation de gauche à Tel-Aviv. La liberté de manifester est importante, mais la liberté de prier ne l’est pas moins. En temps de guerre, seul le Commandement du Front intérieur fixe les dispositions de sécurité. »

De son côté, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Amit Becher, a réagi avec virulence : « L’appel de Yariv Levin à agir en contradiction explicite avec une décision de la Cour suprême est un nouveau sommet dangereux dans l’action du ministre de la Justice contre les lois de l’État d’Israël. Son appel d’aujourd’hui est un appel à la sédition contre les institutions de l’État, à l’anarchie totale et constitue un abus de fonction et une grave violation de la confiance du public. Les autorités chargées de l’application de la loi devraient l’interroger dès aujourd’hui. »

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