L’Iran, puissance riche et peuple appauvri
À rebours d’une simple lecture géopolitique, Shraga F. Biran propose une thèse radicale : la crise iranienne ne se résume pas à un affrontement régional, mais à un système de pouvoir qui aurait détourné les richesses d’un grand pays au détriment de sa propre population. Derrière l’image d’une puissance redoutée, il décrit un État riche en pétrole, en gaz, en minerais, en terres et en capital humain, mais dont une large partie des citoyens vit sous pression économique, dans un climat de répression et de désillusion. Pour lui, la pauvreté intérieure et l’activisme militaire extérieur procèdent d’une même logique politique.
Dans cette lecture, la République islamique n’aurait pas seulement verrouillé le pays sur le plan idéologique. Elle aurait aussi bâti, au fil des décennies, une architecture de pouvoir mêlant appareil religieux, institutions économiques opaques et Gardiens de la révolution. Biran insiste sur ce qu’il considère comme la double mécanique du régime : d’un côté, le contrôle de pans entiers de l’économie ; de l’autre, la projection d’influence à travers des groupes armés alliés au Liban, à Gaza, en Irak, au Yémen ou encore dans d’autres zones instables. Son raisonnement est clair : les ressources qui pourraient être consacrées au développement, à l’emploi ou à l’amélioration des conditions de vie alimenteraient au contraire une stratégie régionale de confrontation.
Le contraste économique nourrit d’ailleurs l’un des arguments centraux de son propos. L’Iran dispose d’atouts considérables, comparables ou supérieurs à ceux de plusieurs puissances régionales. Pourtant, son potentiel reste, selon lui, largement sous-exploité. Là où d’autres États du Golfe ont transformé leurs ressources en croissance, en infrastructures et en diversification, l’Iran serait resté prisonnier d’un modèle dominé par la logique sécuritaire, la corruption et la captation des richesses par des cercles proches du pouvoir. Dans cette perspective, la question iranienne déborde le cadre national : elle toucherait aussi les sociétés arabes et musulmanes confrontées aux conséquences des guerres, des déstabilisations régionales et des mouvements armés soutenus par Téhéran.
Shraga F. Biran va plus loin encore en affirmant que l’hostilité envers Israël et l’antisémitisme jouent un rôle structurant dans cette mécanique. À ses yeux, ils servent autant d’outil idéologique que de levier de mobilisation, permettant au régime de détourner les colères internes et d’entretenir un état de tension permanente. Son analyse est volontairement frontale : il estime que les réponses diplomatiques, les sanctions partielles et les compromis successifs n’ont pas permis d’enrayer durablement cette dynamique. Il plaide ainsi pour une réponse internationale beaucoup plus ferme contre les structures de pouvoir qui financent, organisent ou protègent ces réseaux.
Cette vision, très offensive, ne fait évidemment pas consensus. Mais elle met en lumière une contradiction difficile à ignorer : celle d’un pays doté d’immenses ressources, d’une histoire prestigieuse et d’une population qualifiée, mais enfermé dans une logique de confrontation et de confiscation. Au-delà de la charge politique, le constat posé est celui d’un immense gâchis national, dont les répercussions dépassent largement les frontières iraniennes.
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