C’était une opération militaire « audacieuse ». L’aviateur américain recherché depuis vendredi après que son avion a été abattu en Iran a été secouru samedi soir et est « sain et sauf », a annoncé Donald Trump ce dimanche. Il a précisé que le militaire, un colonel de l’armée de l’air, avait été blessé et que l’opération de sauvetage avait mobilisé « des dizaines d’appareils ». On fait le point sur cette exfiltration, considérée comme l’une des opérations « les plus délicates et complexes de l’histoire des Etats-Unis » par une source militaire citée par le New York Times.
Plus de vingt-quatre heures de cachette
L’avion, un chasseur bombardier F-15E, avait été abattu dans le sud-ouest de l’Iran vendredi. Ses deux occupants s’étaient éjectés en vol, selon des médias américains et iraniens. Le premier, le pilote, a été rapidement exfiltré lors d’une opération des forces spéciales mais le deuxième était introuvable. Téhéran avait promis une récompense pour sa capture.
Selon le New York Times, le militaire, qui s’est éjecté dans les montagnes iraniennes, s’est caché dans une crevasse dans les premiers temps, lorsque sa localisation était encore inconnue des deux camps. D’après une source militaire, il aurait, à un moment de son opération de survie, grimpé une ligne de crête à 2.100 mètres d’altitude.
Equipé seulement d’une arme de poing pour se défendre, il disposait d’un appareil de communication sécurisé afin de se coordonner avec les équipes venues le chercher ainsi que d’une balise, dont il a restreint l’utilisation de peur que le signal ne soit repéré par les forces iraniennes. Donald Trump a précisé que le colonel était blessé mais allait « se rétablir », sans en dire plus.
Des recherches acharnées
Une course contre la montre (et les Iraniens) s’est engagée dès la disparition du militaire. Côté américain, la CIA a joué un grand rôle dans son sauvetage : c’est elle qui a retrouvé où il se cachait et a transmis l’information au Pentagone, qui a ensuite monté l’opération d’exfiltration, toujours selon une source militaire citée par le New York Times.
Ce n’est pas la seule action de la CIA dans cette opération : elle a également lancé une « campagne de désinformation afin d’essayer de tromper les Iraniens et les convaincre que le colonel recherché avait déjà été secouru et était en train d’être exfiltré du pays dans un grand convoi ».
Une exfiltration complexe
Est ensuite venu le sauvetage en lui-même, samedi soir, de nuit. Des avions américains ont « bombardé et ouvert le feu sur des convois iraniens afin de les tenir à distance de la zone où se cachait l’aviateur ». L’armée iranienne a affirmé ce dimanche que les Etats-Unis avaient utilisé un aéroport abandonné près d’Ispahan, dans le sud du pays, pour leur opération de sauvetage.
C’est l’équipe 6 des Navy Seals qui a extrait l’officier. L’opération a impliqué des centaines de troupes d’opérations spéciales ainsi que d’autres personnels militaires, des dizaines d’avions, des hélicoptères ainsi que des outils de renseignement, informatiques et spatiaux, liste le New York Times. Aucune victime américaine n’est à déplorer, a indiqué Donald Trump. Quant à l’aviateur secouru, il a été transporté au Koweït pour être soigné.
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De son côté, l’agence de presse iranienne Tasnim, citant un responsable de la province, a rapporté que cinq personnes avaient été tuées lors de l’opération américaine.
L’Iran dit avoir déjoué l’opération
Une opération que l’Iran dit avoir fait échouer : « La soi-disant opération de sauvetage américaine, planifiée comme une mission […] d’exfiltration sur un aéroport abandonné dans le sud d’Ispahan […] a été totalement déjouée », a assuré Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement des forces armées iraniennes, Khatam Al-Anbiya. Il n’a pas démenti le sauvetage de l’aviateur, ni ajouté de précisions.
Dans une vidéo diffusée par la télévision d’Etat, il a affirmé que « deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130 » américains avaient « été détruits ». Plus tôt, l’armée avait recensé trois appareils américains frappés dans le sud d’Ispahan.
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