Quel est le plan de l’Iran alors que la guerre entre dans son deuxième mois ?
Téhéran tente de modifier le cours de la campagne par la pression internationale, mais force est de constater qu’il subit de lourdes pertes dans une guerre à sens unique. Trump veut clairement faire savoir au monde qui a gagné, ce qui justifie son avertissement selon lequel les jours à venir sont cruciaux.
par Ariel Kahana
Alors que débute le deuxième mois de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, le conflit peut se résumer en deux mots: usure psychologique.
Autrement dit, contrairement à une guerre d’usure classique où les deux camps s’épuisent militairement jusqu’à la rupture, le rapport de force est ici sans équivoque. Sur le plan matériel, les dégâts infligés par l’Iran aux Américains, aux pays du Golfe ou à Israël sont minimes. En revanche, l’Iran lui-même subit des pertes considérables. Son économie était déjà exsangue avant même le début de la campagne. Ses capacités militaires s’amenuisent d’heure en heure. Ses dirigeants et ses commandants ont péri.
Cela signifie que le rythme auquel elle nuit à Israël et aux autres pays de la région est négligeable comparé à ce qui était prévu. Contrairement à l’Iran, ces pays continuent, dans l’ensemble, de fonctionner normalement, et les perturbations de la vie quotidienne causées par les missiles et les drones restent relativement limitées. En termes de rapport de force brut, la guerre est donc presque à sens unique.
Incapable de vaincre ses ennemis, ni même de leur infliger des dommages significatifs, l’Iran dispose de deux atouts majeurs. Le premier est la fermeture du détroit d’Ormuz. Une telle mesure nuirait au prestige de Trump et ébranlerait l’économie mondiale. Le second, lié au premier et ayant obtenu de meilleurs résultats du point de vue iranien, repose sur la psychologie. Il s’agit de projeter l’idée que, quel qu’en soit le prix, ce régime est inébranlable. Du moins, en théorie.
Grèves à Téhéran. Photo : Gettyimages
Plus de missiles, moins de barrages
L’Iran était manifestement préparé à ce scénario. Pourtant, l’« augmentation du nombre de missiles » tirés sur Israël durant les premiers jours de la Pâque juive révèle sa faiblesse. Au lieu des 8 à 15 missiles qu’il tirait habituellement en temps normal, l’Iran a, ce jour-là, déployé une offensive particulière, tiré près de 20 missiles au total. Il a également modifié sa tactique, tirant davantage de missiles mais en moins de salves. Cette nouvelle stratégie visait elle aussi principalement à produire un effet psychologique.
Alors, qu’avons-nous appris ? Que l’Iran gère ses munitions avec précaution dans le but de prolonger la guerre. Qu’il est capable d’accélérer le rythme de ses frappes s’il le souhaite. Mais, et c’est un point crucial, cette accélération est significative dans l’opinion publique, mais minime dans la réalité. Certes, il est désagréable de devoir se réfugier dans un abri aussi souvent pendant les vacances. Pourtant, même lorsque l’Iran a réellement voulu intensifier ses attaques, il n’a causé que des dégâts légèrement supérieurs à la normale, sans aucune victime. Dieu merci.
Comme indiqué, l’objectif est donc de gagner du terrain psychologiquement de notre côté, tandis que l’Iran s’affaiblit physiquement. Par le biais de manipulateurs et d’agents actifs en Israël et ailleurs dans le monde, l’Iran tente de faire croire que le coût de la guerre est insupportable. Mais qu’est-ce qui est pire : l’essence à 4 dollars le gallon, ou un Iran doté d’un arsenal de missiles nucléaires intercontinentaux ? Qu’est-ce qui est le plus difficile : fuir sans cesse vers un abri, ou un réseau d’étranglement qui détruirait l’État juif ? Qu’est-ce qui représente la plus grande menace pour le monde : une récession passagère, ou un régime dément qui contrôle un océan de drones dans le détroit d’Ormuz, des cellules terroristes disséminées sur toute la planète, et qui cherche à imposer la religion chiite à l’humanité par la force ?
Ensemble dans les abris. Photo : Yehoshua Yosef
Elle connaît les points faibles de l’Occident
D’un point de vue purement analytique, les réponses sont évidentes. Mais l’Iran connaît les faiblesses de l’Occident: son manque de clairvoyance, son impatience et sa vision à court terme, autant d’aunes auxquelles les élites de ces pays jugent la réussite et l’échec. Il sait que ces questions ne seront pas posées dans la plupart des plateaux de télévision ni dans la plupart des institutions universitaires. C’est précisément là qu’il déploie ses efforts et qu’il élabore sa stratégie.
Les dirigeants de Téhéran savent qu’en Occident, on parlera mille fois plus d’un avion américain abattu que de dizaines d’avions iraniens détruits, de centaines de missiles interceptés et de milliers de drones neutralisés. C’est cette guerre psychologique asymétrique qu’ils espèrent mener et, par elle, gagner.
Le président américain Donald Trump. Photo : AP, AFP
Les responsables à Téhéran espèrent que l’effet psychologique se fera sentir sur Donald Trump. Il souhaite, en effet, mettre fin à la guerre. Trump l’a déclaré publiquement en termes assez clairs. Quiconque le rencontre comprend également qu’il cherche une stratégie de sortie, mais une stratégie qui montrera clairement au monde entier qui a gagné, non seulement dans la réalité, mais aussi en termes d’image.
Il y a lieu de le croire lorsqu’il affirme que les jours à venir seront cruciaux.
JForum.fr avec ILH
Un drapeau iranien flotte près d’un immeuble effondré aux alentours de la place Ferdowsi après un raid aérien dans le centre de Téhéran. Photo : EPA
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