NBA : Victor Wembanyama en course pour être le plus jeune MVP de l’histoire… Pourquoi tant de « blasés » en France ?

Vues:

Date:

La folie « Wemby » peut-elle encore franchir un cap samedi (21 heures), en cas de nouvelle performance hors pair du géant des Spurs, cette fois contre la référence intérieure absolue en NBA, Nikola Jokic ? Lancé sur une ahurissante série de 27 victoires lors des 29 derniers matchs avec sa franchise texane, avec à la clé deux rencontres consécutives à plus de 40 points et 15 rebonds cette semaine, Victor Wembanyama tutoie les sommets du basket mondial au meilleur moment possible.

A savoir en plein dénouement de la saison régulière, à la fois pour titiller le bilan collectif du tenant du titre OKC en tête (59 victoires contre 61 pour le Thunder à cinq matchs de la fin) et pour s’ouvrir un destin de MVP en NBA. Oui oui, au vu du brave chantier qu’il réalise depuis deux mois sur tous les parquets américains, l’ex-pivot de Boulogne-Levallois est totalement dans le coup pour rafler le plus prestigieux titre individuel de la planète basket.

Comme tant d'autres adversaires cette saison, les joueurs des Warriors ont parfois semblé être spectateurs de Victor Wembanyama, mercredi lors de son récital (41 points et 18 rebonds) à San Francisco.
Comme tant d’autres adversaires cette saison, les joueurs des Warriors ont parfois semblé être spectateurs de Victor Wembanyama, mercredi lors de son récital (41 points et 18 rebonds) à San Francisco.  - E.Shaw/Getty Images/AFP

En course pour déloger Derrick Rose

Dans un classement où du côté des Frenchies, seuls Tony Parker et Joakim Noah, à leur prime, ont intégré une fois le Top 5 (5e en 2012 pour « TP », 4e en 2014 pour l’ancien Bull), le phénomène de 22 ans pourrait devenir fin mai le plus jeune « Most valuable player » de toute l’histoire de la NBA, devant Derrick Rose (22 ans et 8 mois en 2011). Sérieusement, s’il devance dès sa troisième saison aux Etats-Unis des monstres comme Shai Gilgeous-Alexander, Nikola Jokic et Luka Doncic (dont la blessure jeudi soir pourrait le mettre hors course), comment s’organiseront dans la foulée les célébrations sur les Champs-Élysées ?

Et bien figurez-vous que côté euphorie collective +++ dans l’Hexagone, on repassera. Et pas seulement car les prouesses de « Wemby » ont lieu en pleine nuit, à 8.000 km de chez nous, ce qui n’est guère grand public compatible. Non, même la communauté basket française n’est pas unanimement en kif devant la belle histoire du joueur formé à Nanterre.

« Il y a six ans, si on avait rassemblé 80.000 fans de basket au Stade de France en leur annonçant qu’un Français deviendrait bientôt le visage de toute la NBA, tout le monde aurait été ravi, raconte Bastien Fontanieu, directeur de publication du site de basket TrashTalk. Mais maintenant que ça arrive, certains se plaignent d’une surconsommation de la « Wembamania » et se donnent un style en critiquant Victor de manière injustifiée, surtout sur Twitter/X. »

Meilleur défenseur et 13e meilleur scoreur NBA

TrashTalk en sait quelque chose puisque son récent message sur le cas « Wemby » (plus de 455.000 vues), posté sur ce réseau social et à destination des « blasés », a entraîné plus de 300 commentaires, dont certains très virulents. « Certains médias pensent que comme « Wemby » est français, il n’y a plus de mesure à avoir à son sujet et il faudrait à tout prix l’adouber en tant que MVP. Autant je suis très chauvin quand l’équipe de France joue dans un sport co, autant je préfère qu’un trophée individuel soit donné au mérite », lance Julien (23 ans), l’un de ces suiveurs NBA qui estime que l’intéressé n’a « pas encore le niveau des Luka, Jokic ou « SGA » ».

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Avec comme arguments majeurs une 13e place au classement des meilleurs scoreurs NBA et une (trop) « légère progression statistique » par rapport à la saison passée (de 24,3 à 24,7 points et de 11 à 11,5 rebonds, alors que ses chiffres au contre et à la passe sont en baisse). Fan d’Oklahoma City et de son MVP en titre Shai Gilgeous-Alexander, Wil (25 ans) est lui aussi bien remonté contre la tournure des événements.

« Wembanyama met surtout en avant sa défense et il existe littéralement un trophée individuel du meilleur défenseur de la saison. Donc je ne comprendrais déjà pas trop qu’il puisse devancer des génies du basket comme Luka et Jokic dans le classement du MVP. Et puis personne jusque-là ne contestait le doublé de « SGA » au MVP. Et voilà que maintenant, Wembanyama est devenu favori, ça m’énerve. Ce discours « Wemby c’est le beau basket, contrairement au floppeur Shai », bla-bla-bla… Je n’ai aucun doute sur le fait que « Wemby » va écraser la Ligue. Mais ce n’est pas encore le cas, et on peut respecter ce sport. »

Le site officiel de la NBA vote pour « Wemby »

Le déclic de l’enflammade généralisée autour du vice-champion olympique à Paris 2024 ne trouve pas son origine sur les différents médias français mais directement sur le site officiel de la NBA. Feuilletonnée chaque semaine, comme la NBA sait si bien le faire, la course au MVP (le « MVP Ladder ») a subjectivement mis en avant vendredi dernier Victor Wembanyama. Qualifié de « véritable alien » et complimenté comme nulle part ailleurs pour sa belle saison avec San Antonio, passé de la 13e place à l’Ouest en 2024-2025 au Top 3 de toute la NBA, il fait sa première apparition en carrière en tête de ce « MVP Ladder ».

Brillant offensivement contre Chicago lundi (41 points et 16 rebonds), Victor Wembanyama n'a pas non plus négligé son rôle de leader défensif, comme ici pour gêner le tir extérieur de Matas Buzelis.
Brillant offensivement contre Chicago lundi (41 points et 16 rebonds), Victor Wembanyama n’a pas non plus négligé son rôle de leader défensif, comme ici pour gêner le tir extérieur de Matas Buzelis.  - M. Gonzales/Getty Images/AFP

Et ce quatre jours après avoir habilement déposé son acte de candidature en conférence de presse, ce qui a convaincu l’influent dingo des Warriors Draymond Green (avec son fameux « la défense représente 50 % du jeu »). Une étape clé dans le storytelling allant dans le sens d’un Wembanyama « nouveau visage de la NBA », faute d’icône américaine à mettre en première ligne depuis le déclin logique des vieillissantes superstars US LeBron James, Stephen Curry et Kevin Durant.

« Les médias américains adulent clairement « Wemby » comme s’il était une star née aux Etats-Unis, explique le Français Romain Rivat, passionné de basket et de retour de quatre années dans le Colorado, où il était abonné aux Denver Nuggets. Hormis Shaquille O’Neal qui s’est longtemps enfermé dans un personnage en le comparant à Bol Bol, tous les grands consultants basket sont à fond sur lui là-bas. En vrai, je ne trouve pas qu’en France, on en fasse spécialement des caisses sur « Wemby » et ses chances d’être sacré MVP. »

Seulement « une minorité bruyante » ?

Les votes du public pour le All-Star Game 2024 avaient avant cela montré qu’Alperen Sengun était par exemple bien plus massivement appuyé par les Turcs que Victor Wembanyama par les fans de NBA en France. Même si les deux NBA Paris Games Spurs-Pacers de janvier 2025 ont depuis tourné autour de lui, on peut s’étonner des nombreuses critiques visant encore aujourd’hui ce leader générationnel en puissance de l’équipe de France.

« Je pense qu’il y a juste une minorité bruyante sur les réseaux sociaux, et surtout sur X, qui aime descendre « Wemby » H24, soit pour troller, soit pour essayer de se rendre intéressante, analyse Thomas (29 ans), qui tient le compte Stepback sur X. Plus un joueur est fort et plus c’est courant qu’il ait des haters, quand on voit LeBron, Jokic et Shai. Et puis c’est très français et très Twitter d’être à contresens. Après, le soutenir ne revient pas à dire qu’il a toujours été bon et irréprochable cette saison. »

Une trajectoire médiatique à la Stephen Curry semble être promise au pivot français des Spurs.
Une trajectoire médiatique à la Stephen Curry semble être promise au pivot français des Spurs. - E. Gay/AP/SIPA

Bastien Fontanieu de TrashTalk résume ainsi : « Comme Jordan, James et Curry avant lui, Victor est en train de vivre le tourbillon médiatique viral qui fait office de cycle naturel pour un phénomène auprès des fans de sport. Soufflez un grand coup, ça n’est que le début ». D’ici une dizaine de jours, 100 journalistes du monde entier seront en mesure de le faire changer de dimension à tout jamais en le désignant meilleur joueur de la saison NBA.

Dans « l’ultra-calcul » comme Mbappé ?

Julien, qui redoute cette issue, comme Wil et beaucoup d’autres noctambules passionnés de NBA en France, ose une comparaison pour faire comprendre son manque d’enthousiasme pour le personnage : « « Wemby » paraît faux. Tout semble être ultra-calculé avec lui, un peu comme avec Kylian Mbappé. Il y a une propagande pour nous les présenter comme les meilleurs au monde, et de loin, alors qu’on les attend encore au plus haut niveau, sur les play-offs et dans les moments clés de Ligue des champions ».

Notre dossier sur Victor Wembanyama

Il poursuit son réquisitoire : « D’un certain côté, leurs qualités physiques -la vitesse pour Mbappé et la taille pour Wemby (2,24 m)- permettent d’éclipser certains de leurs défauts. Pour celui qu’on annonce comme le meilleur défenseur NBA (DPOY) unanime, je trouve qu’il tombe quand même bien souvent dans le piège des feintes de tirs ». Et si l’exigence de nos « blasés » sûrs from France servait d’extra-motivation à Victor Wembanyama pour aller chercher ce sacre historique ?

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img