Le Liban exige que l’ambassade d’Ukraine lui remette le suspect, arrêté pour avoir posé une bombe près d’un bastion du groupe terroriste et qui a pu fuir lorsque le bâtiment où il était détenu a été ciblé
Times of Israel
Illustration : Des portraits des anciens dirigeants du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah (à droite) et son cousin Hashem Safieddine, visibles lorsque de la fumée s’éleve à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur la Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 30 mars 2026. (Crédit : Hassan Ammar/AP)
Le Liban a demandé à l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth de lui remettre un homme qui s’y est réfugié et qui est soupçonné de collaborer avec l’agence de renseignement du Mossad, ont déclaré lundi à l’AFP un haut responsable de la sécurité et une source du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
Le Liban et Israël sont officiellement en guerre depuis des décennies, et les services de sécurité libanais ont arrêté des dizaines de personnes soupçonnées de travailler pour Israël, dont beaucoup ont été recrutées en ligne à la suite de l’effondrement économique du pays qui a débuté en 2019.
Selon la source du Hezbollah, un ressortissant syro-palestinien, également titulaire de la nationalité ukrainienne, a été arrêté en septembre après avoir garé une moto sur une route menant à l’aéroport de Beyrouth en passant par la banlieue sud de la ville, où le groupe terroriste soutenu par la République islamique exerce un rôle de sécurité de facto.
La moto « était équipée d’un engin explosif dissimulé dans une batterie », a déclaré la source, qui a souhaité garder l’anonymat pour évoquer des questions de sécurité.
Le Hezbollah a incarcéré cet homme jusqu’à ce que la guerre avec Israël éclate au début du mois.
Le 6 mars, l’armée israélienne a frappé un bâtiment situé dans la banlieue sud, à proximité de l’endroit où il était détenu, ce qui lui a permis de s’enfuir vers l’ambassade d’Ukraine, selon la même source.
L’ambassade d’Ukraine, au Liban. (Crédit : Ukrainska Pravda Forum/Wikimedia Commons)
Les services de sécurité générale libanais ont déclaré avoir arrêté cinq membres présumés du groupe avec lequel cet homme collaborerait et les avoir déférés devant la justice.
Hassan Choukeir, chef de la Sécurité générale, a déclaré à l’AFP que « l’ambassade d’Ukraine au Liban nous a contactés le 10 mars pour nous demander d’autoriser son ressortissant… qui se trouvait là-bas et avait perdu son passeport, à quitter le pays via l’aéroport de Beyrouth ».
« Après avoir vérifié son nom et sa photo, nous avons constaté qu’il était recherché par la justice libanaise et qu’il faisait l’objet de plusieurs avis de recherche et d’enquête émis par les services de sécurité libanais », a-t-il ajouté.
Choukeir a indiqué que les autorités avaient informé l’ambassade qu’elle était tenue de remettre l’homme, précisant qu’il était « recherché pour son implication dans une cellule appartenant au Mossad israélien qui planifiait des assassinats et des attentats à la bombe dans la banlieue sud de Beyrouth ».
Des bâtiments endommagés à la suite de frappes aériennes israéliennes visant le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 28 mars 2026. (Crédit : AFP)
L’ambassade d’Ukraine n’a pas répondu aux demandes de commentaires de l’AFP.
Le Liban a été entraîné dans le conflit au Moyen-Orient lorsque le groupe terroriste soutenu par Téhéran a recommencé à tirer des roquettes sur Israël, le 2 mars, pour venger l’élimination du guide suprême iranien, lors de la première salve de la guerre américano-israélienne contre la République islamique. Israël a frappé presque quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, bastion historique du Hezbollah connu sous le nom de la Dahiyeh, au cours du mois qui a suivi.
En octobre, une source judiciaire avait déclaré à l’AFP que plus de trente personnes avaient été arrêtées, soupçonnées d’avoir fourni à Israël des informations précises sur les installations du Hezbollah et les déplacements de ses terroristes lors de la précédente guerre avec Israël entre le 8 octobre 2023, soit un jour après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza, et novembre 2024.
Les personnes reconnues coupables d’avoir travaillé pour Israël ont été condamnées par le passé à des peines pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison.
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