Les États-Unis renforcent leurs positions près de l’Iran

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Trump dispose de quatre options militaires alors que les États-Unis renforcent leurs positions près de l’Iran.

Des milliers de soldats de la 82e division aéroportée ont commencé à arriver au Moyen-Orient, rejoignant quelque 2 500 Marines arrivés durant le week-end et des centaines de soldats des forces spéciales. L’objectif est de s’emparer de l’île de Kharg, de lever le blocus du détroit d’Ormuz, de récupérer les stocks d’uranium enrichi iraniens et de lancer une dernière vague de frappes contre les infrastructures énergétiques pour signifier la fin de la campagne. Pour Trump, la situation est néanmoins politiquement complexe.

par Dudi Kogan

Des milliers de soldats de la 82e division aéroportée de l’armée américaine ont commencé à arriver au Moyen-Orient, a rapporté Reuters , citant deux responsables américains. Selon ces sources, ce contingent comprend l’état-major de la division, une brigade parachutiste ainsi que des unités de soutien logistique. La division, basée à Fort Bragg en Caroline du Nord, rejoint quelque 2 500 Marines arrivés dans la région au cours du week-end, ainsi que des milliers de marins et de soldats des forces spéciales déployés ces dernières semaines.

Vendredi, le Commandement central américain a annoncé l’arrivée dans sa zone de responsabilité du navire d’assaut amphibie Tripoli, transportant la 31e unité expéditionnaire des Marines, soit environ 3 500 Marines et marins, dont 2 200 Marines, qui avaient quitté leur base d’Okinawa, au Japon, le 11 mars. Le Tripoli embarque des avions de chasse F-35, des hélicoptères d’attaque et des hélicoptères de transport. Il opère aux côtés du navire de soutien New Orleans, doté de capacités de débarquement amphibie.

Le navire d’assaut amphibie Boxer est également en route vers la région, transportant la 11e unité expéditionnaire des Marines, une force d’environ 4 000 Marines et marins, dont 2 500 Marines, qui a quitté San Diego le 20 mars, avec trois semaines d’avance sur le calendrier prévu. Il embarque des avions de chasse F-35, des hélicoptères d’attaque et des hélicoptères de transport, et est accompagné de deux navires de soutien équipés pour les débarquements amphibies.

Navire d’assaut amphibie USS Tripoli (archive). Photo : Marine américaine

Dimanche, le New York Times a rapporté que des centaines de soldats des forces spéciales, dont des Rangers de l’armée de terre et des Navy SEALs, étaient arrivés au Moyen-Orient et avaient rejoint les forces déjà présentes dans la région. Jeudi, le Wall Street Journal a ajouté que le Pentagone envisageait d’envoyer jusqu’à 10 000 soldats supplémentaires au sol et que, si Trump donnait son accord, les États-Unis déploieraient plus de 17 000 soldats aux portes de l’Iran.

La 82e division aéroportée est l’une des unités d’infanterie d’élite de l’armée américaine, forte d’une longue tradition militaire, du débarquement de Normandie aux récents conflits en Irak et en Afghanistan. Intégrée aux forces de réaction rapide de l’armée, elle peut être déployée dans les 18 heures suivant la réception des ordres. Sa mission principale consiste à être parachutée en territoire ennemi, à s’emparer des aérodromes et des infrastructures stratégiques, et à ouvrir le champ de bataille pour les forces qui suivront.

L’« île pétrolière »

Aucune décision n’a encore été prise concernant le déploiement de forces terrestres en Iran, mais l’arrivée rapide de troupes ouvre quatre principaux scénarios possibles pour l’administration Trump : la prise de l’île de Kharg, la levée du blocus iranien du détroit, l’extraction militaire des stocks d’uranium enrichi iraniens et une dernière vague de frappes ciblant les infrastructures énergétiques et hydrauliques.

L’île de Kharg, située à environ 25 kilomètres des côtes iraniennes, est essentielle à l’économie iranienne, assurant près de 90 % de ses exportations de pétrole. Sa prise pourrait porter un coup fatal à l’économie iranienne, sans pour autant rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz. Outre les mines, la défense antiaérienne et les forces terrestres iraniennes, les troupes américaines devraient également faire face à des tirs nourris en provenance du territoire iranien et au défi logistique que représente le ravitaillement d’une position située directement sous le contrôle de l’Iran.

Image satellite de Kharg, l’« île pétrolière » iranienne. Photo : Agence spatiale européenne/AFP

Un scénario plus complexe consiste à briser directement le blocus iranien du détroit. L’Iran contrôle sept îles stratégiques dans le détroit et le golfe Persique, ce qui lui permet de menacer la navigation même après la destruction de la majeure partie de sa flotte, grâce à une combinaison de drones, de missiles antinavires, de navires sans pilote et de mines marines.

Selon cette logique opérationnelle, la capture des îles et la prise de points stratégiques le long du littoral permettraient de détruire les bases de lancement et de rouvrir le détroit. La principale difficulté réside dans le fait que le littoral iranien du golfe Persique s’étend sur des centaines de kilomètres de terrain montagneux et difficile, et que l’Iran dispose toujours de missiles à longue portée et de drones capables de frapper depuis l’intérieur du pays, même après la conquête de la côte.

Au-delà du rétablissement de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, une autre question est évoquée comme devant être réglée avant toute déclaration de fin de guerre : le sort des stocks d’uranium enrichi iraniens. Entre 440 et 460 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, soit suffisamment après enrichissement pour fabriquer environ 12 ogives nucléaires, sont enfouis principalement au fond d’un complexe de tunnels souterrains à Ispahan. Les entrées de ce complexe ont été bloquées lors des frappes américaines, mais l’installation elle-même n’a été que très peu endommagée.

Il s'agit d'un État islamique, ISIS.Dernière image des stocks d’uranium enrichi iraniens. Photo : État islamique

D’après les informations disponibles, l’administration Trump étudie la possibilité d’une extraction militaire du matériel, mais il s’agit d’une mission complexe. Elle nécessiterait le déploiement de centaines, voire de milliers de soldats en profondeur sur le territoire iranien et une opération d’ingénierie complexe impliquant des matières radioactives, le tout sous le feu iranien.

La menace proférée par Trump dans un message sur Truth Social fait écho à l’échéance qu’il a fixée au 6 avril : les États-Unis mettront fin à ce qu’il appelle leur « agréable séjour » en Iran par une vague de frappes dévastatrices qui viseraient toutes les centrales électriques, les puits de pétrole, l’île de Kharg et « peut-être » également les installations de dessalement.

B-52 בדרכו לתקיפות באיראן , סנטקוםUn B-52 en route pour des frappes en Iran. Photo : Commandement central des États-Unis

Mais c’est déjà le deuxième délai que Trump repousse. Il a d’abord donné 48 heures à Téhéran, puis cinq jours, et maintenant dix de plus, ce qui laisse penser qu’il se méfie lui aussi de cette initiative, même si elle ne nécessite aucun déploiement de troupes au sol en Iran. Il est douteux qu’une telle vague de frappes permette de rouvrir le détroit, mais elle pourrait entraîner l’effondrement de l’État iranien, et pas seulement du régime, et déclencher une vague de représailles dévastatrice dans tout le Golfe.

La menace iranienne

L’Iran menace régulièrement de transformer les côtes et les îles du Golfe en un « cimetière » pour les soldats américains. Mais au-delà de ces fanfaronnades, il existe un risque réel qu’une escalade américaine déclenche une riposte iranienne, ce qui influencerait fortement toute décision de l’administration américaine. La forte dépendance des États du Golfe au pétrole, au gaz et aux usines de dessalement les rend particulièrement vulnérables. Le Qatar, le Koweït et Bahreïn dépendent du dessalement pour environ 90 % de leur eau potable, l’Arabie saoudite pour environ 70 % et les Émirats arabes unis pour environ 80 %.

Par exemple, une attaque contre des installations gazières régionales, comme le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar, pourrait affecter la quasi-totalité des exportations qataries pour les années à venir. Dans ce cas, le coup de grâce pourrait marquer le début d’un nouveau conflit.

Un sondage AP-NORC publié cette semaine révèle que 60 % des Américains estiment que l’intervention militaire est déjà allée « trop loin », avant même d’évoquer le déploiement de troupes au sol. Quelque 62 % s’y opposent, témoignant des séquelles des guerres d’Irak et d’Afghanistan sur l’opinion publique américaine. Pour Trump, qui a promis de mettre fin aux « guerres sans fin » menées par les administrations précédentes, toute décision de déployer des troupes au sol aurait un poids politique considérable, d’autant plus que le Congrès n’a pas encore approuvé cette intervention.

Le consommateur américain ressent déjà les effets de cette guerre à la pompe, et une opération terrestre pourrait également entraîner des pertes humaines parmi les troupes. 

JForum.fr avec ILH

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