Des manifestations contre la guerre ; en Israël

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Des manifestations contre la guerre ; en Israël

Israël voit réapparaître une contestation visible contre la guerre avec l’Iran, alors même qu’une majorité nette de la population juive continue de soutenir l’opération militaire. Samedi soir, des manifestations ont eu lieu à Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa et Beersheba, marquant une montée en puissance d’un mouvement resté jusque-là relativement contenu. À Tel-Aviv et Jérusalem, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ; à Haïfa, la mobilisation a réuni une centaine de manifestants. Au total, 21 personnes ont été arrêtées, dont 13 à Tel-Aviv et 8 à Haïfa, selon la police.

Cette poussée de contestation intervient dans un cadre sécuritaire particulièrement tendu. La police a justifié les dispersions en invoquant les règles imposées par le Commandement du Front intérieur, qui limite les rassemblements publics à 50 personnes en raison du risque d’attaques. Les autorités ont expliqué que le maintien de tels rassemblements faisait peser un danger concret sur les participants, dans un pays où les alertes et la menace de frappes iraniennes restent omniprésentes. La question est centrale : ces manifestations ne se déroulent pas dans un climat abstrait de débat politique, mais sous la pression directe d’une guerre dont les conséquences peuvent être immédiates pour les civils.

Pourtant, la rue ne reflète qu’une partie du pays. Un sondage publié ces dernières heures montre qu’une large majorité d’Israéliens juifs soutient encore la poursuite de l’opération “Lion rugissant”, même si ce soutien n’est pas uniforme. Il reste massif à droite, mais il s’effrite nettement dans les milieux de gauche. L’enquête souligne aussi un fossé persistant entre citoyens juifs et arabes : seuls 19 % des Arabes israéliens soutiennent la poursuite de la guerre, contre plus des trois quarts des Juifs. Ce contraste ne se limite pas à l’adhésion au conflit. Il apparaît aussi dans la lecture des motivations du pouvoir : la majorité des répondants juifs attribue la décision de Benjamin Netanyahu à des impératifs de sécurité, tandis que la plupart des répondants arabes y voient avant tout un calcul politique.

Autre enseignement important, plus dérangeant pour le pouvoir : Juifs et Arabes s’accordent largement sur un point, à savoir que l’Iran s’est montré plus résilient que prévu. Ce constat introduit une fissure dans le récit de maîtrise totale souvent mis en avant en temps de guerre. Beaucoup de répondants juifs estiment par ailleurs que la société israélienne ne pourra supporter la campagne qu’un temps limité, souvent un mois tout au plus, tandis qu’une minorité seulement pense que l’effort pourra être maintenu aussi longtemps que nécessaire. Autrement dit, le soutien existe, mais il n’est ni inconditionnel ni illimité. C’est là que la contestation prend de l’épaisseur : elle reste minoritaire, mais elle s’insère dans un espace où l’usure, la peur et le doute progressent.

Les déclarations d’Ayman Odeh, qui a dénoncé une police “au service du gouvernement”, illustrent enfin la radicalisation du climat politique autour de ces rassemblements. La guerre continue de fédérer une majorité, mais elle ne neutralise plus totalement les oppositions. En Israël, la séquence actuelle révèle donc une réalité plus complexe qu’un simple réflexe d’union nationale : derrière le soutien militaire, les lignes de fracture politiques, sociales et identitaires restent actives, et la rue commence à les rendre visibles.

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