Les Houthis entrent en guerre contre Israël
Samedi matin, un missile tiré depuis le Yémen vers Israël a fait franchir un nouveau seuil au conflit régional. Les sirènes ont retenti dans le Néguev, notamment autour de Beersheba, tandis que les systèmes de défense israéliens étaient activés pour intercepter la menace. L’armée israélienne a indiqué avoir détecté puis neutralisé le tir, sans faire état dans l’immédiat de victimes ni d’impact majeur. Mais au-delà du bilan matériel, l’événement marque surtout une rupture : c’est la première attaque revendiquée par les Houthis contre Israël depuis le début de la guerre ouverte entre Israël, les États-Unis et l’Iran, déclenchée le 28 février.
Quelques heures après l’alerte, les rebelles houthis ont confirmé être à l’origine du tir. Le mouvement, soutenu par Téhéran, a présenté cette frappe comme une riposte aux opérations menées contre l’Iran et contre les groupes alliés de ce que Téhéran appelle « l’axe de la résistance », du Liban à l’Irak en passant par les territoires palestiniens. La veille encore, leur porte-parole militaire avait prévenu que le groupe gardait « le doigt sur la gâchette » et se disait prêt à intervenir directement si l’escalade se poursuivait. Jusque-là, les Houthis étaient restés en retrait depuis un mois, contrairement au Hezbollah libanais et à d’autres groupes pro-iraniens déjà engagés dans la confrontation. Leur entrée officielle dans la séquence militaire change donc la lecture du conflit : Israël ne fait plus seulement face à une menace venue d’Iran et de ses frontières nord, mais à un arc hostile qui s’étend désormais jusqu’au Yémen.
Cette évolution inquiète d’autant plus que les Houthis disposent d’un levier stratégique que peu d’acteurs régionaux contrôlent avec autant d’efficacité : la pression sur les routes maritimes. Leur implantation au Yémen leur permet de menacer le détroit de Bab el-Mandeb, passage crucial entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, au débouché de la route du canal de Suez. Entre fin 2023 et janvier 2025, ils avaient déjà attaqué plus d’une centaine de navires marchands, coulé deux bâtiments et contribué à détourner une partie du trafic autour de l’Afrique, avec des surcoûts considérables pour le transport mondial. Dans le contexte actuel, où le détroit d’Ormuz est déjà fortement perturbé, une nouvelle campagne houthie en mer Rouge ferait grimper encore la pression sur l’énergie, les chaînes logistiques et les marchés. Le missile de samedi n’est donc peut-être pas seulement un geste symbolique : il ressemble aussi à un avertissement adressé au commerce international.
L’attaque intervient dans un climat d’escalade continue. Ces derniers jours, Israël a intensifié ses frappes contre des infrastructures iraniennes, y compris des sites liés au programme nucléaire, tandis que l’Iran poursuit ses tirs de représailles et que des discussions diplomatiques restent fragiles. Dans ce paysage déjà saturé de fronts ouverts, l’entrée des Houthis ajoute de la profondeur, du brouillard et du risque. Ce qui s’est joué samedi dans le ciel du sud d’Israël dépasse donc largement un simple tir intercepté : c’est peut-être l’annonce d’une guerre encore plus éclatée, plus longue, et potentiellement plus coûteuse pour toute la région comme pour l’économie mondiale.
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