Les secrets du plateau du Seder de Pessah (1) Vidéo
Le plateau du séder constitue le support essentiel du cérémonial de la soir, appelée séder, ordre, dans le sens du déroulement des multiples gestes à accomplir.
Doivent figurer sur le plateau :
_ trois matsot (Cohen, Levi, Israël)
_ le zéroa = un os d’agneau avec sa chair ( en souvenir de l’agneau pascal)
_ un œuf dur (en souvenir de la destruction du Temple)
_ des feuilles de salade verte ou du raifort (en guise d’herbes amères)
_ un peu de h’arosset (sorte de pâte faite de noix, pommes, noisettes, amandes, grenades, dattes, arrosées de vin ; le tout ressemble à l’argile des briques fabriquées par les esclaves hébreux).
_ quelques branches de céleri (pour tremper dans l’eau salée)
_ h’azéret, un supplément d’herbes amères (pour la consommation de la matsa et du h’arosset)

Et un petit verre d’eau salée, à placer hors du plateau.
La place de chaque élément sur le plateau répond à un sens cabalistique, lié aux dix séfirot.

Pessah: signification et analyse des différents symboles
Nos ancêtres quittèrent l’Egypte à la hâte. Ils se pressaient, parce que le mal était si fort qu’ils lui étaient encore fortement attachés. Leur unique possibilité de se sauver était donc un bond en avant, inspiré par la foi, soudain et irrationnel.
Le processus de la délivrance finale, en revanche, est lent et méthodique. Il suppose d’introduire la foi dans la compréhension. Or, un certain temps est nécessaire pour comprendre, intérioriser et s’imprégner.
La mitsva (le commandement) de Pessah ne réside pas seulement dans l’obligation de ne pas consommer de Hamets (levain ou pain levé) mais aussi dans celle d’enseigner en quoi consiste cette fête et, pour ce faire, certains gestes, textes, coutumes, aliments et attitudes doivent attiser la curiosité des commensaux.

La première des questions qui se posent est de comprendre pour quelle raison le récit de la haggada commence par un paragraphe rédigé en araméen à l’exception de deux mots (« leshana habaa » = l’année prochaine) ? En réalité, il faut savoir que le texte de la Haggada de Pessah a été conçu par les Tanaïm (1) de la Knesset Haguedola (2) et, donc, à l’époque, les Juifs qui avaient été exilés parlaient l’araméen ainsi que tous les occupants de la Terre d’Israël s’exprimaient désormais en cette langue, bien que des Grecs (Hellènes) ou des Romains succédèrent aux Babyloniens et qu’eurent lieu des influences linguistiques comme nous le verrons plus bas dans cet exposé. En lisant le premier paragraphe en araméen, les occupants pouvaient comprendre qu’ils remémoraient la sortie d’Egypte mais ils ne pouvaient comprendre que les Juifs portaient en eux le secret espoir (TIKVA en hébreu) de se retrouver libérés en Terre d’Israël l’année suivante. Il s’agit encore du même souhait que chaque Juif formule année après année d’être libre et sur la terre de nos Aïeux.
Et, pour apporter encore quelques précisions à propos de l’araméen, nous dirons ceci : certaines prières sont dites en araméen comme le kaddish ou certaines suppliques de Yom Kippour et on ne peut les dire qu’à la condition d’être au minimum un quorum de 10 hommes. La raison en est la suivante : l’Univers a été entièrement créé en hébreu (y compris les Anges du Service divin appelés Mal’akhé HaSharet). De cette manière, lorsque des hommes se réunissent pour prier en Hébreu, les Anges accourent pour emporter les prières des fidèles vers HaShem. Au contraire, lorsque 10 hommes se réunissent et prient en Araméen, D. reçoit ces prières Lui-Même (3) sans avoir recours au service des Anges (4). HaShem est heureux de voir Ses enfants célébrer Pessah dans le monde entier pratiquement en même temps et IL montre ainsi aux Anges qui s’étaient montrés « réticents » lors de la Création de l’homme : « Voyez comment Mes Enfants me rendent hommage et Me remercient, en cette nuit où JE les ai fait sortir d’Egypte » !

Après ce premier paragraphe où chaque personne qui pourrait avoir faim est conviée à se joindre à l’assistance pour y manger à satiété du « pain de misère », l’on a coutume d’entendre le plus jeune enfant de l’assistance poser 4 questions sur les différences évidentes qui existent entre cette première nuit de Pessah et les nuits ordinaires. En effet, le devoir éducatif et didactique des parents s’exprime en l’illustration d’éléments concrets: la matsa, les herbes amères et l’agneau (sacrifice), le fait que d’ordinaire on mange rapidement (parfois même sans prendre le temps de s’asseoir) alors qu’en ce soir de séder chacun des commensaux consomme en s’accoudant (signe de liberté). Ce devoir d’enseigner les enfants doit perdurer malgré les événements et les situations géographiques qui peuvent changer. A suivre …..
JForum.fr avec « L’Arme de la Parole » Traduction et Commentaires du Rabbin Claude Brahami et Caroline Elishéva REBOUH
1. Sages de l’époque de la Mishna. Aux Tanaïm ont succédé les Amoraïm.
2. La « Kenesseth Haguedola » est la « Grande Assemblée » ou synode qui fut constituée au retour de Babylone par Ezra le Prophète vers -520 et jusqu’en l’an 70 de l’ère vulgaire. Ce synode comptait 120 personnes : rabbins, scribes, prophètes.
3. Il est évident, que D. comprenant toutes les langues, IL est à l’écoute des prières de tout un chacun dans n’importe quelle langue et en particulier des prières provenant d’un cœur brisé.
4. Les Anges ne « comprennent » pas l’Araméen. Se trouve un passage au cours duquel intervient l’un des Tanaîm qui atteignit une très haute fonction alors qu’il n’était âgé que de 18 ans : Rabbi Eléazar ben Azarya. Malgré son très jeune âge, il fut nommé Président (Nassi) de la Kenesseth Haguedola (la grande assemblée). Sa chevelure et sa barbe blanchirent tout-à-coup et, dans la Haggada est reportée son exclamation devenue très célèbre: « voici que je parais être un homme de 70 ans » L’explication de cette phrase est la suivante : Rabbi Eléazar ben Azarya est la réincarnation du Prophète Samuel qui est mort à 52 ans. 52 ans ajoutés aux 18 ans que le Tana avait à l’époque font bien 70 ans. La blancheur de la chevelure et de la barbe provient de l’amas de responsabilités échu à R’ Eléazar….
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