El Al a prolongé l’annulation de ses vols

Vues:

Date:

El Al a prolongé l’annulation de ses vols jusqu’au 4 avril

La crise du transport aérien en Israël s’aggrave à l’approche du début avril. El Al a annoncé la prolongation de l’annulation de la majorité de ses vols au départ du pays jusqu’au 4 avril inclus, conséquence directe des nouvelles restrictions imposées à l’aéroport Ben Gourion. En théorie, la compagnie continue d’assurer quelques liaisons vers plusieurs grandes villes, mais dans les faits, le dispositif actuel réduit son activité à une part infime de son niveau habituel. Les sièges disponibles sont devenus une ressource rare, réservée en priorité aux urgences médicales, aux situations humanitaires et aux passagers déjà replacés après de précédentes annulations. Pour des milliers de voyageurs, le billet acheté ne garantit donc plus grand-chose, sinon l’incertitude. (Reuters)

Le durcissement des règles décidé par le ministère israélien des Transports a changé la donne en quelques heures. Désormais, un seul vol par heure peut décoller de Ben Gourion, avec un maximum de 50 passagers à bord, contre 120 auparavant. Cette mesure a été prise après une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire et des incidents ayant endommagé plusieurs appareils sur la plateforme aéroportuaire. Pour El Al, cette contrainte transforme l’exploitation commerciale en exercice de survie logistique. La compagnie dit continuer certaines dessertes stratégiques, notamment vers l’Amérique du Nord et plusieurs capitales européennes, mais le volume autorisé est si faible qu’il ne permet plus d’absorber la demande. Le résultat est brutal : une cascade d’annulations, des listes d’attente qui s’allongent, et un marché du départ devenu presque inaccessible pour le voyageur ordinaire.

Dans ce chaos, certaines compagnies israéliennes ont choisi une voie de contournement. Arkia et, dans une moindre mesure, d’autres opérateurs ont redéployé une partie de leurs vols via Aqaba, en Jordanie, et Taba, en Égypte, pour échapper à l’étranglement imposé à Ben Gourion. Ce choix permet de préserver davantage de capacité, mais il complique fortement les trajets et transfère une partie du fardeau sur les voyageurs, contraints d’organiser seuls des passages terrestres et des correspondances inhabituelles. El Al, elle, n’a pas adopté cette stratégie à grande échelle, ce qui accentue encore la frustration de nombreux clients. À l’approche de Pessa’h, le secteur du tourisme parle déjà d’une saison pratiquement sacrifiée. Pour les agences de voyages, le problème n’est plus seulement commercial : il devient existentiel.

C’est ce qui explique la pression désormais exercée sur le gouvernement. Les agences réclament une révision immédiate du mécanisme d’indemnisation, qu’elles jugent inadapté à leur modèle économique. Leur argument est simple : leur chiffre d’affaires brut peut sembler élevé, mais il ne reflète pas leurs marges réelles, souvent limitées à une commission. Or, dans la crise actuelle, elles doivent gérer annulations, remboursements et reports sans disposer de trésorerie suffisante, d’autant que les remboursements des compagnies aériennes tardent souvent à arriver. Ce décalage crée une double asphyxie : plus de ventes nouvelles, et une pression immédiate des clients pour récupérer leur argent. Après une première secousse déjà sévère, le secteur redoute désormais une hémorragie durable.

Au-delà des chiffres et des itinéraires annulés, cette crise révèle la fragilité d’un secteur suspendu aux décisions de sécurité et aux aléas régionaux. Pour l’instant, El Al reste debout, mais sous contrainte extrême. Les agences, elles, ne demandent plus seulement de la patience : elles demandent de pouvoir survivre.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img