Comment l’Iran a doublé la portée de ses missiles

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Comment l’Iran a doublé la portée de ses missiles

Le signal est brutal, et il dépasse largement le seul cadre du Moyen-Orient. Selon l’ancien chef de la défense aérienne israélienne Ran Kochav, l’Iran aurait démontré une capacité nouvelle en lançant un missile d’environ 4 000 kilomètres de portée, soit le double du plafond de 2 000 kilomètres longtemps présenté comme sa limite opérationnelle. Derrière cette progression soudaine, l’hypothèse la plus inquiétante n’est pas seulement militaire : elle renvoie à l’usage de technologies de lancement proches de celles employées pour placer des satellites en orbite. Autrement dit, le spatial civil pourrait servir de marchepied à une montée en puissance balistique beaucoup plus ambitieuse.

C’est ce point qui donne au dossier son relief stratégique. Depuis des années, les chancelleries occidentales répètent que les programmes spatiaux iraniens ont un potentiel “à double usage”. L’idée n’a rien d’un fantasme technique : maîtriser des lanceurs à plusieurs étages rapproche mécaniquement d’une capacité à allonger la portée des missiles. L’évaluation annuelle 2026 du renseignement américain rappelle d’ailleurs que des acteurs étatiques hostiles conservent la capacité de frapper directement les intérêts américains et que les progrès dans certains vecteurs stratégiques doivent être surveillés de près. Le saut évoqué par Kochav s’inscrit précisément dans cette zone grise où le discours scientifique officiel peut masquer une logique militaire plus profonde.

L’autre bascule concerne l’Europe. Kochav estime que si cette portée de 4 000 kilomètres est confirmée, des capitales comme Paris, Berlin ou Londres entrent désormais dans une zone de menace crédible. La formule est frappante, mais elle n’est pas seulement rhétorique : elle oblige les Européens à sortir d’une lecture confortable où la menace iranienne resterait cantonnée au Golfe, au Levant ou à Israël. Certes, plusieurs pays renforcent leurs défenses. L’Allemagne a commencé à déployer Arrow 3 en décembre 2025, devenant le premier pays européen à mettre en service ce système israélien de très haute altitude, pensé pour l’interception de missiles balistiques intermédiaires. Mais cette montée en gamme reste partielle, inégale, et loin d’offrir un bouclier homogène à l’échelle du continent.

Le plus piquant, au fond, est ailleurs : si Tsahal a multiplié ces dernières semaines les frappes contre des infrastructures aérospatiales iraniennes, comment un vecteur aussi sensible a-t-il pu échapper à la détection ou à la destruction ? Deux explications s’affrontent. Soit ce missile relevait d’un programme clandestin très bien dissimulé, ce qui renforcerait encore le niveau d’alerte. Soit il s’agit d’une démonstration ponctuelle, techniquement réelle mais encore éloignée d’une capacité industrielle stabilisée. Dans les deux cas, la conclusion est inconfortable : l’Iran semble avoir franchi un seuil psychologique et technologique que beaucoup espéraient encore théorique.

Cette évolution ne signifie pas que Téhéran dispose déjà d’un missile capable d’atteindre les États-Unis. Mais elle suffit à rebattre les cartes. Ce qui relevait hier d’un dossier régional commence à prendre une dimension continentale. Et dans ce domaine, les erreurs d’appréciation coûtent souvent beaucoup plus cher que les alarmes jugées excessives.

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