Etats-Unis : La douteuse allusion de Trump à Pearl Harbor devant la Première ministre japonaise

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Une drôle de façon de recevoir ses alliés. Lorsqu’un journaliste japonais a demandé jeudi à Donald Trump pourquoi il n’avait pas prévenu ses alliés, dont le Japon, du déclenchement de la guerre en Iran, le président américain a répondu avoir voulu garder l’élément de surprise. « Qui connaît mieux les surprises que le Japon ? », a-t-il lâché. « Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de Pearl Harbor ? »

L’ombre d’une grimace a semblé passer sur le visage de Sanae Takaichi, la Première ministre japonaise, qui s’est reculée dans son fauteuil. Elle était reçue en grande pompe à la Maison-Blanche pour un entretien avec Donald Trump.

Le Japon a mené une attaque surprise contre la marine américaine à Pearl Harbor, à Hawaï, en décembre 1941, provoquant l’entrée en guerre des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

Le 6 juin 1944 devant le chancelier allemand

La scène rappelle une rencontre en juin entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz. Le républicain, avec sa conception binaire de l’Histoire, dans laquelle il voit des « vainqueurs » ou des « perdants », avait lancé que le débarquement allié de juin 1944 n’avait pas été « une très bonne journée » pour les Allemands.

Le dirigeant allemand avait répliqué que cette journée avait conduit à la fin du régime nazi.

Bonne entente avec Trump malgré tout

Malgré cette allusion et la retenue de Tokyo face à l’offensive américaine contre l’Iran, la Première ministre japonaise a préservé jeudi sa bonne entente avec Donald Trump. Le dirigeant républicain, qui ne tarit pas d’éloges pour Sanae Takaichi depuis leur rencontre au Japon à l’automne, a salué sa bonne volonté face à ses demandes d’aide pour sécuriser le transport maritime dans le Golfe.

« Je pense que, d’après les déclarations qui nous ont été faites hier et avant-hier concernant le Japon, ce pays monte vraiment au créneau, oui », a déclaré le président américain aux côtés de la Première ministre dans le Bureau ovale, ajoutant après une pause : « pas comme l’Otan ».

Il n’a pas précisé quelles étaient ces « déclarations » ni quels engagements la dirigeante japonaise avait pris, elle qui a plusieurs fois appelé à tenir compte des contraintes légales propres à son pays.

La Constitution japonaise, imposée en 1947 par les Etats-Unis, implique de renoncer à la guerre.

Une « femme formidable »

La réunion jeudi a débuté par une chaleureuse accolade entre le dirigeant républicain et la conservatrice de 65 ans. Donald Trump a eu de nombreux compliments pour Sanae Takaichi, une « personne très spéciale », une « femme formidable ».

La rencontre s’annonçait délicate pour la Première ministre, qui n’est pas allée jusqu’à promettre d’envoyer des forces militaires pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran.

La guerre porte un coup conséquent à la sécurité énergétique japonaise. Quatrième économie mondiale, le Japon est le cinquième importateur de pétrole et quelque 70 % de ses approvisionnements transitent par le détroit. Sanae Takaichi a dit que le Japon « condamnait » les attaques de l’Iran contre les pays de la région, et a présenté le président américain comme seul capable d’apporter la « paix » dans le monde.

Sécurisation du détroit d’Ormuz

Le républicain avait appelé dimanche ses alliés, dont le Japon, et la grande rivale des Etats-Unis, la Chine, à fournir leur assistance pour rouvrir le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole. Les refus successifs de la quasi-totalité des pays alliés ont provoqué la fureur de Donald Trump.

Depuis, le Japon s’est associé à la France, au Royaume-Uni, à l’Allemagne, à l’Italie et aux Pays-Bas pour se dire « prêt à contribuer » à sécuriser le détroit lorsque les armes se seront tues.

Investissements dans le nucléaire et le gaz naturel

Sanae Takaichi a aussi souligné dans le Bureau ovale que « l’environnement sécuritaire devenait de plus en plus difficile » dans la zone Asie-Pacifique.

Alors que la relation entre le Japon et la Chine s’est tendue récemment, Tokyo s’inquiète en effet d’un possible désintérêt de l’administration Trump face aux ambitions chinoises dans la région.

Sur le plan commercial, Etats-Unis et Japon ont annoncé qu’une société commune américano-japonaise investirait jusqu’à 40 milliards de dollars dans la construction de petits réacteurs nucléaires (SMR) aux Etats-Unis, où les deux pays vont également collaborer pour bâtir des sites d’exploitation de gaz naturel, à hauteur de 33 milliards de dollars.

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