Municipales 2026 : ces villes de gauche qui pourraient basculer vers la droite et le centre au second tour
Les enjeux sont immenses dans ces communes. A l’occasion de ces élections municipales, plusieurs villes perçues comme des bastions de gauche pourraient changer de majorité le soir du 22 mars. De possibles basculements qui ont poussé certaines listes, issues de plusieurs formations politiques, à fusionner face à des candidats du centre, de droite et d’extrême droite.
Paris
Depuis 2001 et la victoire de Bertrand Delanoë, la Ville de Paris est dirigée par le Parti socialiste et ses alliés écologistes et communistes. Si le candidat de la gauche unie, hors LFI, Emmanuel Grégoire a largement terminé en tête au premier tour avec 37,98% des voix, la fusion de Rachida Dati, seconde avec 25,46% des suffrages, avec celle de Pierre-Yves Bournazel (11,34%), le désistement de Sarah Knafo (10,40%) et le maintien de l’insoumise Sophia Chikirou pourrait faire basculer la capitale à droite.
Les réserves de voix d’Emmanuel Grégoire pour le second tour sont ainsi moins nombreuses que celles de Rachida Dati, en raison de la présence d’une autre liste de gauche, celle de Sophia Chikirou. Le député socialiste devrait espérer un faible report des voix de Pierre-Yves Bournazel vers Rachida Dati pour s’assurer une avance plus confortable.
Nantes
Face au score serré du premier tour, la maire socialiste sortante Johanna Rolland (35,24%), a accepté une «fusion technique» avec La France insoumise pour le second tour, pour affronter le candidat divers-droite Foulques Chombart De Lauwe (33,77%).
Un ralliement qui assurerait, sur le papier, un report des voix suffisant à la numéro 2 du PS pour briguer son troisième mandat. Il reste désormais à savoir si ce ralliement sera suivi par les électeurs nantais.
Bordeaux
En 2020, le chef-lieu de la Gironde a été l’une des prises des Écologistes. Six ans plus tard, le maire sortant Pierre Hurmic pourrait être dans l’incapacité de briguer un second mandat. Même s’il a terminé en tête au premier tour (27,68%), l’édile pourrait être touché électoralement par le retrait de la liste de Philippe Dessertine, candidat divers-centre, qui a récolté 20,20% des voix.
Un désistement qui pourrait bénéficier à Thomas Cazenave, candidat du centre et de la droite, qui a terminé second le soir du 15 mars, avec 25,58% des suffrages.
Annecy
Comme à Bordeaux, Annecy a fait partie des victoires écologistes lors des municipales de 2020. La majorité sortante pourrait cependant ne pas être reconduite. Celle-ci, représentée par Alexandre Multier-Gachet, a terminé en seconde position avec 24,70% des voix, derrière l’ancien ministre Antoine Armand, candidat Renaissance (34,78%).
Si la tête de liste du RN, arrivée 4e avec 13,65% des suffrages, a décidé de se maintenir, l’ancien maire divers-droite Jean-Luc Rigaut, de 2007-2020, qui a fait 21,29% au premier tour, a décidé de se retirer. Un désistement qui pourrait entraîner un report des voix vers Antoine Armand, même si Jean-Luc Rigaut ne lui a pas apporté officiellement son soutien.
Clermont-Ferrand
Sous étiquette socialiste depuis 1944, Clermont-Ferrand est un bastion de la gauche. Cependant, au premier tour, c’est Julien Bony, candidat LR, qui a terminé en tête avec 33,93% des voix, devant le maire socialiste sortant Olivier Bianchi (29,99%), l’insoumise Marianne Maximi (17,01%) et la tête de liste RN Antoine Darbois (11,29%).
Si ce dernier a décidé de se maintenir au second tour, les listes socialistes et insoumis ont, elles, choisi de fusionner. «Nous avons décidé de mettre en commun nos forces à travers un accord technique» au second tour, a déclaré lors d’une conférence de presse l’édile.
Brest
Le maire PS de Brest, François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour des municipales, a annoncé lundi s’allier avec La France insoumise (LFI) au second tour, dans le cadre d’une fusion technique.
L’édile, qui brigue un cinquième mandat, a obtenu seulement 23,8% des suffrages exprimés dimanche, derrière Stéphane Roudaut (divers droite), arrivé en tête avec 30,2% des voix, dans cette ville dirigée par le Parti socialiste depuis 1989.
La liste LFI, conduite par Cécile Beaudouin, 33 ans, est, elle, arrivée en troisième position avec 15,4% des voix, soit plus de deux fois son score de 2020 (7,1%). Elle est suivie par la liste Rassemblement national (11,1%).
La fusion des deux principales listes de gauche pourrait en théorie permettre à François Cuillandre, allié avec les écologistes dès le premier tour, de l’emporter au soir du second tour.
Besançon
La maire sortante de Besançon, l’écologiste Anne Vignot, largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut à l’issue du premier tour des municipales, a annoncé s’allier à LFI pour «battre la droite». Anne Vignot, candidate d’une alliance Ecologistes-PS-PCF, a obtenu 33,37% des voix, derrière Ludovic Fagaut (40,13%), soutenu par le MoDem.
Elle s’est ainsi unie pour le second tour à la candidate LFI Séverine Véziès, qui a obtenu 10,90% des suffrages. Les candidats du Rassemblement national (RN), Jacques Ricciardetti (8%), et d’Horizon-Renaissance, Eric Delabrousse (5,67%), ne sont pas qualifiés pour le deuxième tour.
Grenoble
Le candidat LR Alain Carignon a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour des élections municipales à Grenoble, devançant légèrement la favorite Laurence Ruffin, à la tête d’un collectif de partis écologistes et de gauche.
Alain Carignon a obtenu 27,04% des suffrages, et Laurence Ruffin 26,33% dans cette ville de 160.000 habitants remportée par les écologistes dès 2014.
La candidate da la gauche unie hors LFI a fait alliance avec son rival insoumis Allan Brunon, troisième du premier tour avec 14,59% des voix. Le centriste Hervé Gerbi (Horizons) a pour sa part manqué de peu de se qualifier pour le deuxième tour avec 9,63% des voix, tandis que le RN a obtenu 5,20%.
JForumfr avec CNEWS
Le maire PS de Brest, François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour des municipales, a annoncé lundi s’allier avec La France insoumise. [FRED TANNEAU / AFP]
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