Le France Libre sera plus grand, plus lourd et surtout plus ambitieux. Emmanuel Macron était en déplacement mercredi en Loire-Atlantique pour visiter le chantier de construction des chaufferies nucléaires et des appareils de propulsion du futur porte-avions français. Le président de la République en a profité pour dévoiler son nom lors d’un discours devant les salariés du site Naval Group de Nantes-Indret. Des ingénieurs, des responsables de production, des architectes… qui confectionnent dans la plus grande confidentialité un bâtiment capable de répondre aux attentes militaires de la marine nationale.
Avec ses 78.000 tonnes, ses 310 mètres de long et ses 85 mètres de large, le porte-avions nouvelle génération (PA-NG) s’imposera comme le plus grand navire militaire d’Europe. Un bâtiment hors norme dont la folie des grandeurs se fait déjà ressentir sur le chantier.
« Redimensionner »
Sa mise en service n’est attendue qu’en 2036 mais le chantier du France Libre a déjà commencé. « Les chaufferies nucléaires du futur PA-NG s’inscrivent dans une prolongation du concept de chaufferies déjà présent sur Le Charles-de-Gaulle, explique Sébastien Czernecki, responsable de programme pour la réalisation des chaufferies. La différence, c’est qu’il faut cette fois répondre à une performance accrue en puissance et en énergie. » Car Le France Libre pèse presque deux fois plus lourd que son prédécesseur.
Ces chaufferies nucléaires devront pouvoir fournir l’énergie suffisante pendant dix ans, et ce, sans jamais s’arrêter de fonctionner. « Comme une voiture, il faudra revenir faire le plein pour donner de l’énergie pour les dix années suivantes », simplifie Sébastien Czernecki.
Pour les salariés du groupe, il n’avait jusqu’alors jamais été question d’un chantier de cette envergure. « Nous avons dû redimensionner tout notre outil de production, en matière de machines, de bâtiment, d’effectif… Cela représente aussi beaucoup plus d’heures de travail », assure Robin, responsable de production usinage. Thibault, responsable industriel chaufferie constate lui aussi la grandeur d’un tel projet : « Nous avons dû nous mettre au niveau pour atteindre les performances demandées par la Marine. Elles sont plus ambitieuses et s’inscrivent dans une volonté d’obtenir un outil adapté à l’usage de demain. »
Contexte international et enjeux de demain
D’ici 2038, 2.000 marins vivront autour de ces deux centrales. Dans le monde civil, construire une centrale nucléaire, relève déjà de la complexité, assure Robin, ici on vient en embarquer deux dans une coque, avec un aéroport au-dessus. On est sur un chantier extrêmement complexe. »
Sur Le France Libre, l’architecture du pont d’envol a été repensée pour que le catapultage et l’appontage soient possible en simultané grâce à trois rails, contre deux seulement sur Le Charles-de-Gaulle. Un bâtiment décrit comme « évolutif » et capable de répondre aux « enjeux de demain ». Il accueillera tous types d’avions mais aussi des drones, nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. C’est dans ce contexte international extrêmement tendu que le président de la République s’est déplacé sur les prémices du chantier. « Demain il faudra avoir l’ascendant, bousculer l’adversaire […] provoquer la surprise, a indiqué Emmanuel Macron. Ce sera le retour du combat naval ».
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La construction de la coque du France Libre commencera en 2031 sur les chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire. Elle s’articulera autour de ces deux chaufferies. Les premiers essais du PA-NG en mer débuteront en 2036 pour une mise en service prévue en 2038.
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