« En quoi cette guerre est-elle différente de toutes les autres guerres ? »
A-t-on déjà vu un pays victime de bombardements quotidiens avoir une économie en pleine santé (pour le moment encore), avec une Bourse de Tel-Aviv euphorique nonobstant le dévissage des autres Bourses dans le monde ? avec un rebond des investissements ? avec un shekel au plus haut face au dollar et des réserves de devises dépassant les 200 milliards de dollars ? Si l’on prévoit toujours sur 2026 une croissance du PIB supérieure à 4%, la guerre pèsera bien sûr sur le Budget, et le ratio endettement sur PIB frôlera sans doute les 70%. Mais les inquiétudes liées à la guerre sont largement compensées par l’espoir d’un avenir plus souriant.
La guerre a bien sûr un coût, évalué grossièrement à 400 millions de dollars par jour, chiffre qui inclut les dépenses militaires, surtout le coût des systèmes de défense antimissiles à des millions de dollars pièce, et celui du rappel sous les drapeaux de 100.000 réservistes. Le pays continue malgré tout à fonctionner et l’industrie comme le commerce tiennent bon même si légèrement ralentis, les petits commerces et les PME souffrant plus que la moyenne. Les établissements scolaires encore fermés pèsent aussi sur la population active disponible.
« Quand le bâtiment va, tout va » : la construction continue imperturbablement de façon importante. Et si le transport aérien souffre de la situation, les ports israéliens fonctionnement eux à plein régime, laissant imaginer ce que pourrait devenir IMEC (India Middle-East Europe Corridor). L’export israélien est BtoB plus que BtoC et se porte bien, avec le médical et surtout le Hi Tech qui atteint des sommet. L’industrie de Défense croule littéralement sous les commandes, et le succès d’Israël au salon de Défense ADEX à Séoul en octobre fait oublier les mauvais traitements d’EuroSatory et du Bourget.
« En quoi cette guerre est-elle différente de toutes les autres guerres ? » pourrions-nous dire en cette veille de Pessah. Cela tient d’abord à l’incertitude sur la durée de la guerre : 2 semaines comme en juin dernier ? plusieurs mois selon ce que laissent entendre Trump et Netanyahu ? Personne ne sait vraiment. L’autre disparité majeure concerne l’après : pour la première fois depuis des dizaines d’années les Israéliens entrevoient la possibilité d’un futur dont non seulement serait absent l’ennemi islamiste iranien, mais où dans un Moyen-Orient apaisé on retrouverait une coalition de tous les pays arabes du Golfe avec lesquels Israël vivrait en bonne entente dans des Accords d’Abraham élargis.
Et la Chambre de Commerce Israël-France dans tout ça ? Elle fait le dos rond, maintient un contact suivi avec ses membres, développe ses partenariats et travaille à préparer demain. Un défi exaltant.
Julien Roitman, président de la CCIIF
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